En ce premier dimanche de juin, j’ai eu envie de vous offrir un peu de fantaisie. C’est ainsi que j’ai choisi cette scène en partie livresque du peintre polonais Wiktor Najbor, laquelle met en évidence quelques personnes qui s’impatientent et une qui semble avoir tout son temps, étant donné qu’elle a de quoi lire.
Comme d’habitude, vous avez une semaine devant vous pour déposer ici vos mots inspirés par la toile. Vous avez donc amplement le temps. Profitez-en pour lire les cinq textes suscités par celle de la semaine dernière.
Bonne semaine à tous les envosmotistes et à ceux qui les lisent.

3 réponses
Marta n’avait connu dans son existence que le téléphone portable et son iPad 4G, qu’elle traitait avec le soin d’une maitresse jalouse.
Ceci explique sans doute son rire moqueur et hystérique lorsqu’elle est tombée sur le tableau de Wiktor Najbor qu’elle a jugé, du haut de sa somptueuse ignorance, comme une folie d’une imagination fertile et futuriste.
Faut dire que le nom d’Antonio Meucci était absent de l’univers de Marta, à un point tel qu’elle hésitait à se décider entre un chanteur d’opéra ou un rappeur italien.
Moi, je savais qu’il n’était ni l’un ni l’autre, mais, pour une fois, j’étais heureux de lui répondre, dans l’air du temps, qu’il me semblait que chanteur d’opéra allait super bien avec Meucci.
« J’en étais sûre », m’a t-elle répondu, triomphante.
ALLO… OUI, NE QUITTEZ PAS !
« Allo winer, un peu looser… »
Allo… oui, vous y allez
Alors
J’irai par la porte de la grande ville
De celle qui stimule les monstres
Oui, j’irai…
Je suis au feu de l’étrange
Un ange
En transe
À mon visage
À mes frusques
À ma démarche
Dont l’attitude plaquera d’ors
Tous mes pas
Il me faut un temps d’horreur
De terreur, un temps de foin
Un temps de chien
Lors, le badaud me dévisage
Sage, en bourgeois qui ne bouge
Toi, en bourreau
Noir, épave quasi modo du bouge
En bougre
Moi, en Pierrot jolie, Colombine d’ombre et de paillettes
D’ors et de sang
Liés
Bleutée
Sous les lumières de la ville
On nous dévisage, sage, très sage
Trop sage, encore
Et encore…
Rage !…
Quand au tavernier la question
Où de la cité
Sont donc les déguisements ?
Ha ! Fin octobre, c’était ?
Ha ! Ce sera !
Bon…
En secret il espérait que la conversation dans la cabine se prolonge. Imperméable à l’énervement qu’il sentait naître et croître autour de lui, il savourait ces moments dérobés à ses devoirs, où il pourrait avec un peu de chance terminer sa lecture tout en ayant un bon alibi. De plus, ne faisait-il pas là acte civil, puisque l’un de ses acolytes semblait mine de rien s’intéresser à son livre? Dans ces temps et ces lieux où si peu de gens se passionnaient encore pour la lecture (la bibliothèque municipale s’en plaignait amèrement, de même que le libraire),faire une émule était sans doute un exploit dont il pouvait être fier.