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En vos mots 321

En ce premier dimanche de juin, j’ai eu envie de vous offrir un peu de fantaisie. C’est ainsi que j’ai choisi cette scène en partie livresque du peintre polonais Wiktor Najbor, laquelle met en évidence quelques personnes qui s’impatientent et une qui semble avoir tout son temps, étant donné qu’elle a de quoi lire.

Comme d’habitude, vous avez une semaine devant vous pour déposer ici vos mots inspirés par la toile. Vous avez donc amplement le temps. Profitez-en pour lire les cinq textes suscités par celle de la semaine dernière.

Bonne semaine à tous les envosmotistes et à ceux qui les lisent.

3 réponses

  1. Marta n’avait connu dans son existence que le téléphone portable et son iPad 4G, qu’elle traitait avec le soin d’une maitresse jalouse.

    Ceci explique sans doute son rire moqueur et hystérique lorsqu’elle est tombée sur le tableau de Wiktor Najbor qu’elle a jugé, du haut de sa somptueuse ignorance, comme une folie d’une imagination fertile et futuriste.

    Faut dire que le nom d’Antonio Meucci était absent de l’univers de Marta, à un point tel qu’elle hésitait à se décider entre un chanteur d’opéra ou un rappeur italien.

    Moi, je savais qu’il n’était ni l’un ni l’autre, mais, pour une fois, j’étais heureux de lui répondre, dans l’air du temps, qu’il me semblait que chanteur d’opéra allait super bien avec Meucci.

    « J’en étais sûre », m’a t-elle répondu, triomphante.

  2. ALLO… OUI, NE QUITTEZ PAS !

    « Allo winer, un peu looser… »

    Allo… oui, vous y allez
    Alors
    J’irai par la porte de la grande ville
    De celle qui stimule les monstres

    Oui, j’irai…

    Je suis au feu de l’étrange
    Un ange
    En transe
    À mon visage
    À mes frusques
    À ma démarche
    Dont l’attitude plaquera d’ors
    Tous mes pas

    Il me faut un temps d’horreur
    De terreur, un temps de foin
    Un temps de chien

    Lors, le badaud me dévisage
    Sage, en bourgeois qui ne bouge

    Toi, en bourreau
    Noir, épave quasi modo du bouge
    En bougre

    Moi, en Pierrot jolie, Colombine d’ombre et de paillettes
    D’ors et de sang
    Liés
    Bleutée

    Sous les lumières de la ville
    On nous dévisage, sage, très sage
    Trop sage, encore
    Et encore…

    Rage !…

    Quand au tavernier la question
    Où de la cité
    Sont donc les déguisements ?

    Ha ! Fin octobre, c’était ?
    Ha ! Ce sera !

    Bon…

  3. En secret il espérait que la conversation dans la cabine se prolonge. Imperméable à l’énervement qu’il sentait naître et croître autour de lui, il savourait ces moments dérobés à ses devoirs, où il pourrait avec un peu de chance terminer sa lecture tout en ayant un bon alibi. De plus, ne faisait-il pas là acte civil, puisque l’un de ses acolytes semblait mine de rien s’intéresser à son livre? Dans ces temps et ces lieux où si peu de gens se passionnaient encore pour la lecture (la bibliothèque municipale s’en plaignait amèrement, de même que le libraire),faire une émule était sans doute un exploit dont il pouvait être fier.

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