Il me semble qu’il y a longtemps, bien trop longtemps, qu’En vos mots vous a donné l’occasion de donner la parole à un enfant au moyen d’une histoire inventée de toutes pièces ou partiellement inspirée par vos souvenirs. C’est donc cette occasion qui vous est donnée aujourd’hui grâce à cette toile qui fait très Pâques de l’artiste Manabu Kubota, que je vous invite à découvrir au moyen de cette vidéo.
Puissent les personnages du jour vous faire rêver et vous donner envie d’écrire un conte, une comptine, un poème… Vous avez sept jours devant vous, comme le veut l’habitude, puisque c’est dimanche prochain et pas avant que je validerai tous vous écrits.
D’ici là, de joyeuses Pâques et du chocolat pour tous!

9 réponses
un petit haïku,ça va?
Le dos bien calé
contre mon Jeannot Lapin
lire avec les doigts
MINI FABLE
Un jour un lapin plus gros qu’une fillette se mit à dévorer des livres de jardins.
La fillette, elle, se nourrissait de livres qui racontaient des salades.
Elle aurait tellement aimé trouver un livre qui parlerait de lapins plus gros que les humains.
Elle avait beaucoup lu mais aucun auteur n’avait décrit ce phénomène.
La fillette se sentait si seule avec son lapin géant qui lui jouait dans le dos.
Mais elle espérait que dans un autre livre et puis un autre et puis un autre, elle trouverait enfin son histoire : celle d’une petite fille aux prises avec un lapin plus gros qu’elle et qui dévore tous les bouquins.
La fillette, fatiguée de chercher, décida d’écrire elle-même son histoire.
C’est à ce moment-là que le piège de l’écrivaine s’est refermé sur elle. Elle s’est engouffrée dans une histoire de fillette qui écrit l’histoire d’une fillette aux prises avec un gros lapin blanc.
En fait, c’était l’histoire de l’écrivaine qu’elle écrivait et ce livre n’était pas plus intéressant que les autres, même le gros lapin blanc ne le digéra pas.
Flairjoy
Au temps en emporte…
Au temps qu’il ne fera jamais,
Aux printemps, aux justes à temps, aux contretemps,
Suspendus,
Entendus, aux calices, non bus, à la lie…
Détends tes vêtements,
Au temps d’hier, de nulle part,
Au vent de la malice, sûr et alysse,
Sur les cives factices…
Au temps qui
Coule et s’écoule au fil des blocages,
Sans âge…
Ressors enfin
Ce lapin sans gousset, qui
Bon prince, ne glousse,
Et ne pince-nez
Sous les gousses des branches gourmandes,
Des racines envoûtantes,
Enterrées, atterrées…
Alors, échappe-toi
Sur les troncs droits tordus des feuilles chlorophylle, qui
Dans les herbes pleines d’arômes, belles et bonnes,
Des belladones, se donnent
Encore…
Alors, ma fille,
Donne une seconde au lapin,
Donne une minute au chat,
Mais ne donne ton temps à personne…
Graphène
Un bateau de papier
Sans marin ni destin
Rien que pour s’amuser
Comme on s’amuse d’un rien
Faut dessiner le soleil et la mer
Ne pas oublier la lune aussi
Puis un tout petit bout de terre
Une maison et un vieux papi
Faut dessiner un nez rigolo
Une bouche et de grands yeux
Un arbre et un petit vélo
Sans oublier les oiseaux
Et puis ce serait aussi bien
De dessiner un ciel étoilé
Un chat, une poule, un lapin
Il ne faudra rien oublier
Et puis ton nom en tons d’azur
Bien dessiné au bas de la page
Qu’on va accrocher au mur
Avant de partir en voyage
Haïku – rieux
Le temps du printemps
Dit son livre sans malice
Cadrant aux goussets
Une petite histoire un peu enfantine pour aller avec cette toile onirique…
***
Depuis ses dernières aventures au Pays des Merveilles, Alice n’aimait plus les livres. Elle les adorait. Et elle dévorait des yeux textes et images – ces dernières étaient souvent très belles, rivalisant de couleurs et de détails superbes ou drôles. Elle avait pris l’habitude de s’installer dans un petit coin où elle pouvait lire tranquillement. Elle y posait une pile de livre et les découvrait ou redécouvrait, l’un après l’autre, prenant tout son temps. Et elle les éparpillait autour d’elle au fil de sa lecture, recouvrant le sol de papier et de dessins de rêve, comme un tourbillon enchanteur autour d’elle.
Un jour, alors qu’elle lisait, assise au milieu de son tapis original, elle s’endormit. Elle fut réveillée en sursaut par un petit bruit bizarre qu’elle n’identifia pas tout de suite.
Crr crr crr…
Shm shm shm…
Crr crr crr…
Elle ouvrit les yeux et se retourna. Il y avait là un lapin immense. Avec une tête toute mignonne et des poils qui semblaient tout doux, mais IMMENSE. Et…
Il mangeait ses livres!
Un peu effrayée au début, elle n’osa pas se précipiter sur lui pour lui arracher les pages des dents. Puis elle se souvint qu’après la reine de coeur et le dragon, un lapin géant n’était pas si terrible, et elle se redressa. Puis elle songea qu’il avait l’air vraiment gentil et que ce serait peu aimable de sa part de s’en prendre à ce pauvre petit… à ce pauvre énorme animal. Puis, elle pensa que c’étaient ses livres et que s’il les mangeait, il avalerait en même temps les histoires et dessins qui la faisaient rêver, rire, pleurer et passer tellement de bon temps. En plus, il risquait une indigestion, non? Un lapin pouvait-il engloutir tant d’encre et de papier et en sortir indemne?
Sa décision arrêtée, elle se précipita sur le lapin pour récupérer son bien. La bête effrayée fit un bond de côté et s’enfuit, emportant son trésor. Alice lui courut derrière. Mais que pouvait une petite fille face à la course d’un lapin, plus grand qu’elle qui plus est?
Á bout de souffle, elle s’arrêta. Alors qu’elle essayait de calmer sa respiration, elle revit dans son esprit l’image de ses rencontres extraordinaires. Elle pensa alors que si elle apercevait un animal aussi bizarre, il était tout à fait possible qu’elle en vît d’autres… comme la fois précédente. Alors elle appela : « Est-ce qu’il y a quelqu’un? S’il-vous-plaît, j’aurais besoin d’aide! »
Pas de réponse. Elle réitéra. Une fois. Puis deux, puis trois. Et soudain, une ombre apparut au-dessus d’elle, lui faisant lever la tête. Elle ne vit d’abord qu’une silhouette, et une voix lui demanda ce qu’elle voulait. Devant son air effrayé et son absence de réponse, la « chose » se rapprocha un peu d’elle, et Alice vit ce que c’était : un énorme rossignol. Quelque peu rassurée, elle lui raconta ce qui venait d’arriver. Le rossignol amusé lui proposa de la prendre sur son dos et de retrouver le voleur à vol d’oiseau… Cela irait beaucoup plus vite. Elle accepta avec gratitude, et enfourcha cette monture originale.
Hélas, alors qu’ils survolaient la prairie, un coup de vent la déstabilisa, et elle lâcha les livres qu’elle avait pu récupérer. Ils dégringolèrent du dos de l’oiseau. Alice hurla, tenta d’en rattraper, perdit l’équilibre, tomba…
Et se réveilla en sursaut.
Tout cela n’avait été qu’un rêve.
Elle était entourée de tous ses livres intacts. Elle soupira de soulagement.
Puis, elle se rendit compte qu’elle ne s’était pas éveillée par hasard, car un bruit qu’elle avait entendu en rêve résonnait toujours dans ses oreilles, un peu trop réel pour être un effet de son imagination.
Crr crr crr…
Shm shm shm…
Crr crr crr…
Lorsqu’elle se retourna, elle vit le petit lapin blanc bien connu avec une montre à gousset, qui dévorait son livre préféré.
« Oh, bonjour, Alice. Cela fait longtemps. Voulez-vous une tasse de thé? »
Le Lapin Blanc ne court plus, et là, dans son terrier revenue, Alice feuillette les livres ,devenus ses histoires .
Alice désormais héroïne, grâce à cette histoire merveilleuse, insensée et cruelle, à l’image du monde violent et cupide des adultes .Elle s’était assoupie dans le jardin , et avait raconté son rêve stupéfiant à sa sœur .Elle avait 8 ans, l’âge où l’on pose naïvement tant de questions auxquelles on veut avoir toutes les réponses et qui vont s’inscrire dans cette mémoire si avidement disponible .
Un jour, plus tard, ça y est, c’est de son âge « quand tu seras grande, tu pourras comprendre » .Mais, la candeur et la fraîche curiosité ne sont plus là ; et les réponses sont devenues énigmes , déceptions ou frustrations, mais quelle chance tout de même, d’avoir croisé ces animaux fabuleux qui ont régalé l’imaginaire .
Combien reste-t-il d’Alices dont les songes sont peuplés d’animaux qui parlent, à force de sillonner des territoires désertés par les humains ? Elles entrent alors dans le monde merveilleux des livres, pour supporter grâce au rêve, la réalité, et donner par procuration un mobile à leur existence
« Mon joli lapin gris
Oh! Mon joli lapin gris comme tu es joli!
Avec tes jolis yeux bleus, tu reflètes le mieux!
Oh! Mon lapin gris, tu es si beau que je veux te sortir de ta cage mon gros!
Quand je te vois bondir, ça me donne envie de sourire!
Je te jure que tant que je vivrai, il n’y aura personne qui te fera du mal!
Je te protègerai!
JOYEUSES PÂQUES! »
le site des poésies pour enfants
Maman, maman ! La maîtresse m’a dit qu’il fallait que tu me lises l’histoire de Poucette. Maman, maman dépêche-toi, lis-moi l’histoire de Poucette. Regarde j’ai le livre, maman, ma petite maman….
Je sais ma petite chérie, je sais que d’habitude je te lis une histoire chaque jour. Mais là, maintenant, ce n’est pas possible. J’ai encore la lessive à faire, puis l’étendre. Je dois finir ta petite robe rose à points d’abeilles. Tu sais bien la jolie petite robe que tu mettras pour la fête des écoles. Et pour cette même fête, je dois réaliser le gâteau que j’ai promis. Non, non ma petite chérie, je ne peux pas te raconter une histoire.
Dépêche-toi d’apprendre à lire à l’école et tu pourras ainsi lire tout plein de belles histoires. En attendant, prends ta boîte de crayons de couleur que marraine t’a offert, je te donne du papier, installe-toi là sur cette table et dessine. Dessine le joli petit lapin que tu sais si bien faire. Fais-en un pour papa, et un pour ta petite soeur. Allez, appliques-toi et montres-moi quand tu auras fini. Et peut-être, je dis bien peut-être qu’après je pourrais trouver un peu de temps pour te lire l’histoire de Poucette. Mais si tu es sage, et uniquement si tu ne fais pas de bêtise. D’accord ?
Plus tard, bien plus tard, maman raconta l’histoire de Poucette, qui commence ainsi : « Il y avait une fois, une femme qui aurait bien voulu avoir un tout petit enfant, mais elle ne savait pas du tout comment elle pourrait se le procurer; elle alla donc trouver une vieille sorcière, et lui dit :
– J’aurais grande envie d’avoir un petit enfant, ne veux-tu pas me dire où je pourrais m’en procurer un ? »…
Et c’est pourquoi, grâce à sa maman, Lou apprit à lire, vite, et lu, lu, plein de livres des bibliothèques municipales. Les livres, le dessin ou la peinture, points forts d’une vie…