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En vos mots 206

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C’est une lectrice endormie que je vous offre en ce dimanche, une lectrice peinte par l’artiste français Victor Gabriel Gilbert, laquelle n’attend que vos histoires pour se réveiller.

Et comme le veut l’habitude, ce que vous aurez écrit en vos mots au cours de la semaine sera emmagasiné jusqu’à dimanche prochain, moment où tout sera validé en bloc alors que sera accrochée une nouvelle toile.

Puis-je espérer que vous aurez envie de la tirer de son sommeil?

4 réponses

  1. Souvenirs qui tremblent comme une bougie
    Tissés à l’encre rose des jours heureux
    C’était hier quelque part dans un jardin à Paris
    Bruit d’ailes d’un ange caressant ses cheveux

    Il y a eu le feu de ses lèvres sur son corps sage
    Oubliées les nuits d’antan et les prières
    Souvenirs de mains posées sur son corsage
    Tendresses nonchalantes trop éphémères
    Qu’on voudrait emprisonner jusqu’à demain
    Entre ses bras comme un roi épuisé d’amour
    Sa tête heureuse entre le creux de ses seins
    Et se réveiller aux premières lueurs du jour

    Être aimé comme on voudrait s’envoler
    L’oiseau posé sur la plus haute branche
    Offrir ses lèvres à celles d’un long baiser
    Être épuisé et vouloir encore une revanche
    Se dire d’amour qu’on peut toute sa vie
    S’aimer encore comme la première fois
    Se dire d’aimer que tout n’est que rêverie
    On ferme les yeux et puis on y est parfois

    C’était hier le lit sent encore son parfum
    Leurs deux corps n’étaient qu’une folie
    Doux comme un ange, le frisson de sa main
    C’était hier quelque part dans un jardin à Paris

  2. Quand nous sommes amoureux, c’est la couleur de nos rêves qui donne à la réalité sa lumière naturelle.  » de Jacques Salomé

  3. PETIT POÈME HYPNOTIQUE

    Écoutez bien ma voix qui incite à dormir.
    Votre tête s’appuie sur un fond doucereux
    Qui imite un coussin de satinette bleue.
    Lentement vos paupières semblent s’appesantir.

    Votre corps enroulé de chiffons de dentelles
    Se sent las à l’idée d’aller faire la vaisselle.
    Mais au claquement de doigts vous ouvrirez les yeux
    Et serez tout heureuse de nettoyer les lieux.

    Flairjoy

  4. A ma femme endormie

    Tu dors en croyant que mes vers
    Vont encombrer tout l’univers
    De désastres et d’incendies ;
    Elles sont si rares pourtant
    Mes chansons au soleil couchant
    Et mes lointaines mélodies.

    Mais si je dérange parfois
    La sérénité des cieux froids,
    Si des sons d’acier et de cuivre
    Ou d’or, vibrent dans mes chansons,
    Pardonne ces hautes façons,
    C’est que je me hâte de vivre.

    Et puis tu m’aimeras toujours.
    Éternelles sont les amours
    Dont ma mémoire est le repaire
    Nos enfants seront de fiers gars
    Qui répareront les dégâts,
    Que dans ta vie a fait leur père.

    Ils dorment sans rêver à rien,
    Dans le nuage aérien
    Des cheveux sur leurs fines têtes ;
    Et toi, près d’eux, tu dors aussi,
    Ayant oublié le souci
    De tout travail, de toutes dettes.

    Moi je veille et je fais ces vers
    Qui laisseront tout l’univers
    Sans désastre et sans incendie ;
    Et demain, au soleil montant
    Tu souriras en écoutant
    Cette tranquille mélodie.

    Charles Cros

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