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En vos mots 204

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Paul Burns, illustrateur américain, avait le sens de l’humour, comme le prouvent ces scènes que je vous offre en ce dimanche. La lessive est faite, les enfants ont des livres, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes pour l’écrivaine du jour que je vous invite à nous raconter en vos mots. Comme vous le faites dimanche après dimanche depuis bientôt quatre ans. Avec humour, avec sagesse, avec ces regards qui n’appartiennent qu’à vous et qui nous donnent à examiner des toiles avec vos yeux.

Puisses ces scènes amusantes vous inspirer quelques lignes… Suite dans sept jours alors que seront validés tous les commentaires. D’ici là, bon dimanche et bonne semaine à tous.

10 réponses

  1. Les claviers ont changé ! J’aime beaucoup ces illustrations, merci, Lali, pour cette gaieté.

  2. Un des moments que j’affectionnais dans mon enfance c’était ceux que je passais, à la fin du jour, au fond du jardin à écouter ma grand-mère me raconter ses souvenirs. Aujourd’hui quand j’y pense je crois qu’elle enjolivait souvent ses histoires et je suis persuadé qu’elle changeait souvent la fin. Puisque même les plus tristes finissaient toujours d’une manière heureuse.

    Un jour elle m’a raconté que l’entreprise de mon grand-père vivait dans une période difficile. Peu de commandes. Les banques ne prêtaient pas d’argent.

    Ma grand-mère me disait qu’elle se souviendrait de ce noël où grand-père était si triste et si désœuvré qu’il s’était endormi d’épuisement bien avant minuit.

    Il fallut demander à tous les employés des sacrifices en leur expliquant qu’il n’y avait aucune autre solution pour garder leur emploi. Et, connaissant l’honnêteté de mon grand père, ils acceptèrent de faire des sacrifices et de travailler parfois plus que leurs heures. Ils se privaient ainsi de leur famille et de leurs enfants, et mon grand-père ne rentrait que très tard et toujours très soucieux. Grand-mère prétendait même que certains soirs elle l’avait entendu pleurer.

    Mon grand-père aimait tous les employés comme s’ils étaient des membres proches de sa famille et il ne manquait pas un anniversaire, une fête, une occasion, pour manifester son affection. Mais, maintenant, avec la crise financière que le monde subissait, à l’approche de la journée de la femme, mon grand-père se sentait désœuvré. Il aurait bien aimé offrir des fleurs, comme il le faisait chaque année, mais il lui était impossible de faire cette dépense à un moment où l’argent faisait tellement défaut.

    Grand-mère raconte que le jour de la journée de la femme il lui a dit qu’il avait cueilli pour elle le plus beau baiser qu’il a trouvé dans le jardin de son cœur. Puis, quand elle lui a demandé ce qu’il allait offrir aux gens qui depuis des mois faisaient tant de sacrifices, grand-père a souri en disant qu’il avait sa « petite idée ».

    Et, ce jour-là, grand-père a convaincu la maîtresse de l’école de laisser les enfants venir passer la journée avec leurs mères….

    Et les enfants jouaient, ils dessinaient, ils sautillaient et ont entendait des rires… Ils étaient heureux de passer leur journée au bureau en compagnie de leur maman, Tout le monde était si heureux… C’est ainsi que ce jour-là, sans rien, il a offert à tous un des plus beaux jours de travail de leur vie.

    Et j’entends encore le sourire nostalgique de ma grand-mère me disant : Ah, ton grand père!… c’était quelque chose!…

  3. Je vais laisser faire Hugo. Car je ne pense qu’à ce magnifique poème en voyant ces illustrations.

    « Elle avait pris ce pli dans son âge enfantin
    De venir dans ma chambre un peu chaque matin;
    Je l’attendais ainsi qu’un rayon qu’on espère;
    Elle entrait, et disait: Bonjour, mon petit père ;
    Prenait ma plume, ouvrait mes livres, s’asseyait
    Sur mon lit, dérangeait mes papiers, et riait,
    Puis soudain s’en allait comme un oiseau qui passe.
    Alors, je reprenais, la tête un peu moins lasse,
    Mon oeuvre interrompue, et, tout en écrivant,
    Parmi mes manuscrits je rencontrais souvent
    Quelque arabesque folle et qu’elle avait tracée,
    Et mainte page blanche entre ses mains froissée
    Où, je ne sais comment, venaient mes plus doux vers. »(…)

  4. Ça travaille à temps plein, ça dort un oeil ouvert
    C’est d’garde comme un chien
    Ça court au moindre petit bruit, ça s’lève au petit jour
    Ça fait des petites nuits.
    C’est vrai, ça crève de fatigue
    Ça danse à tout jamais une éternelle gigue
    Ça reste auprès de sa couvée
    Au prix de sa jeunesse, au prix de sa beauté.

    Une mère,
    Ça fait ce que ça peut, ça ne peut pas tout faire,
    Mais ça fait de son mieux.
    Une mère,
    Ça calme les chamailles
    Ça peigne d’autres cheveux que sa propre broussaille

    Une mère,
    C’est là qu’ça nous protège
    Avec les yeux pleins d’eau, les cheveux pleins de neige
    Une mère,
    A un moment, ça s’courbe, ça grince quand ça s’penche
    Ça n’en peut plus d’être lourde
    Ça tombe, ça se brise une hanche
    Puis rapidement, ça sombre

    C’est son dernier dimanche
    Ça pleure et ça fond à vue
    Ça sent la NEVA ( ? pas sûr) des plus petits cercueils
    O bien sûr, ça veut revoir ensemble toute sa progéniture entassée dans sa chambre
    Et ça fait semblant d’être encore forte
    Jusqu’à c’que son cadet ait bien fermé la porte

    Et lorsque, tout’ seule ça se retrouve
    Ça attend dignement qu’le firmament s’entr’ouvre
    Et puis là, ça se donne le droit

    De fermer pour la première fois les deux yeux à la fois?.

    Chanson de Linda Lemay

  5. J’ai reçu ce matin, au courrier, le manuscrit des poèmes de Monsieur Bernard HENRY dit Henry CLAIRVAUX. Mon dieu, mon dieu, comment vais-je m’en sortir ? Et il faut absolument que je lui envoie les textes pour correction dès ce mercredi.
    – Paul, Paul, rends-moi services, s’il te plaît. Il faut que tu partes faire les courses. Je devais y aller, mais impossible, le travail m’attends. Je t’en prie s’il te plaît. Prends la liste qui est sur le frigo. Les enfants vont rester ici pendant ce temps.
    – Les enfants, les enfants, arrêtez. Mais ils vont me rendre folle. Silence, silence !
    – Virginie, laisse ton frère tranquille, va chercher ton doudou. Mais enfin, il est là, sous le coussin jaune.
    – Christian,donne-moi, mais donne-moi ce lance pierre, si jamais je t’attrape, tes oreilles vont chauffer…
    Heureusement que ma petite Claire est, comme d’habitude, calme, et s’amuse d’un rien. Pascal ne quitte plus le livre emprunté à la bibliothèque.

    -Paul, Paul est-ce toi ? Tout c’est bien passé ? Alors, je t’en prie, il faut que tu t’occupes des enfants aujourd’hui. Tu pourrais les conduire au Parc si le temps le permet ou bien si vous alliez au ciné voir “Arriety et le petit monde des chapardeurs”. La séance est à trois heures. Puis un chocolat à la cafétéria leur fera plaisir. Tu sais les enfants sont en vacances ! On peut faire une exception !
    -N’oublie pas de prendre le porte-monnaie, j’ai mis suffisamment d’argent.

    Paul ouvre la porte et mes petites puces sont encore plus excitées de passer leur après-midi avec leur papa.
    La porte se referme, j’entends encore les commentaires de Claire dans les escaliers.

    Enfin le silence. Je vais pouvoir saisir le texte de mon écrivain… Je dois d’abord lire l’ensemble et déchiffrer sa micro écriture. Mais comme à son habitude, Monsieur Henry m’a transmis des agrandissements A3.
    Allez ma fille installe-toi. Rapproche le fauteuil. Vérifie les repose-poignets de ton clavier,. Ajuste la lumière. Pince la feuille à ton chevalet de table. Et c’est partie pour de la frappe au kilomètre. Maintenant reprends la mise en page en observant les consignes de Monsieur Henry et les règles de typo. Passer le correcteur d’orthographe du logiciel pour revoir les fautes oubliées. Relire encore une fois. Suffisamment de feuilles dans le réceptacle de l’imprimante et zou : IMPRIMER.
    Où ai-je mis les enveloppes A3 ? C’est bon j’en ai une. Je glisse l’ensemble des feuilles, l’adresse, le manteau, mon sac et hop à La Poste, juste avant le retour de mes petits diables et de Paul.
    Ouf, et quand je pense que certains rêvent de travailler à la maison !

  6. Moi je n’ai pas de préférence mais je ne peux pas dire quelle histoire je préfère. On ne sait jamais si le jaloux guette dans le bois…

    Aux filles et rien qu’aux filles un bisou d’encouragement. Trois pour Lou. Parce que je sais que c’est une fille qui a besoin qu’on l’encourage beaucoup.

  7. C’est si mauvais Pépé, que vous pensiez que j’ai besoin d’encouragements ?

  8. Comme chaque dimanche, je viens lire vos mots qui me font chaud au coeur d’après les deux toiles que Lali a déposé 🙂 Des toiles où l’on trouve un mari un peu désorienté…
    Merci pour ce beau moment 😉
    Mes bises et bonne semaine à vous tous!

  9. Mais non Lou. Bien au contraire. C’était juste une ruse pour filer mes bisous. Bon, d’accord. Je les garde.

  10. Bon c’est bien Pépé vous me rassurez ! Mais donnez c’est donné, et reprendre c’est volé. .. Au voleur, au voleur ! Rendez-moi ce que vous m’aviez donné, je les veux les trois bisous…
    J’ai oublié de dire merci à Paul pour avoir soulagé des taches d’une maman débordée et bien vaillante comme le rappelle Denise par le texte de Linda Lemay. Quelle chance, Armando, d’avoir eu un grand père si délicat et des bisous d’une grand mère ! Et les vers de Victor Hugo sont si doux à relire Les Héphémères.

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