Comme Halloween est dans quelques jours, j’ai choisi pour souligner cette fête une illustration de John Joseph, qui m’a semblé tout à fait appropriée. À vous maintenant de donner vie à cette sorcière et à son chat en vos mots, comme vous le faites semaine après semaine.
Comme aucun commentaire ne sera validé avant dimanche prochain, vous avez amplement le temps de lire les textes déposés sur la scène livresque de dimanche dernier, de les commenter si vous le souhaitez, et d’écrire quelques lignes. C’est avec plaisir que nous vous lirons.
D’ici là, bon dimanche et bonne semaine à tous les envosmotistes et à celles et ceux qui les lisent.

2 réponses
La petite sorcière dans un entrechat
Vers la bibliothèque se précipita.
Sur ses talons, toujours vif et curieux, le chat.
Parmi les nombreux livres, un seul s’invita :
Un vieil ouvrage sortant de l’anonymat.
Anita d’un pas décidé n’hésita pas,
Et d’une menotte bien ferme l’empoigna.
Nikita, c’est ainsi que s’appelait le chat,
Opina du minois, entérinant le choix.
J’ai huit ans… Huit ans et des poussières. Ce n’est pas un âge, c’est encore l’enfance. Les rêves fantasques sans lendemain. L’insouciance vide des jours.
Un léger vent frais annonce l’arrivée de novembre. Dehors, un drap gris clair, taché de bleu, a couvert le ciel. Une lumière triste traverse les vitraux de la chapelle. Froide et vide.
J’ai huit ans… Je suis sorcier. Envoûteur. Prestidigitateur. Enchanteur. Et tant d’autres choses qu’on peut être quand on a huit ans. Quand on joue seul. Protégé par un Christ muet, en ivoire, accroché à sa croix. Imperturbable.
Sûrement que le livre de sortilèges m’aidera à transformer la laideur du jour en printemps. Fleurs au vent et chants d’oiseaux. Puis, la mer et un grand soleil. J’ai huit ans. Combien faut-il d’Abracadabras bruyants pour briser le maléfice des jours gris? À huit ans, impossible est un mot inconnu.
Une main lourde sur mon épaule d’enfant. La voix est paisible. Paternelle. Presque affectueuse.
Je me réveille. C’est le noir tout autour. Et le silence. Complice.
Je n’ai jamais eu huit ans. Je suis mort quand j’avais huit ans. Depuis il n’y a qu’un cœur qui cogne.