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En vos mots 1011

Déjà septembre! Mais l’été n’est pas terminé. Nous devrions être en mesure de lire à l’extéreur quelques semaines encore, à l’instar de la lectrice peintre par l’arriste danois Valdemar Irminger, que je vous invite à faire vivre en vos mots, comme vous le faites si bien semaine après semaine.

Aucun commentaire ne sera validé avant dimanche prochain. Vous avez donc plus que le temps d’écrire quelques lignes, de lire les textes déposés sur la scène livresque de dimanche dernier et même de les commenter, si vous le souhaitez. Nous vous lirons avec grand plaisir.

D’ici là, bon dimanche et bonne semaine à tous les envosmotistes et à celles et ceux qui les lisent.

2 réponses

  1. Emma vient de relire les dernières pages de son journal. Celles qui retracent au quotidien les mois d’été si impitoyablement secs et lourds, d’une chaleur insoutenable, sans relâche. Les incendies. Le sentiment d’impuissance. L’empathie pour les innombrables victimes de ces cataclysmes. L’eau amenée par les agriculteurs pour éteindre ces feux. L’eau apportée pour abreuver les animaux rescapés. La résilience de certains jardins. De certains lieux protégés, parce que plantés serrés et organisés pour survivre en temps de stress hydrique.
    Peu à peu les températures sont revenues à plus de normalité, même s’il fait encore chaud certains jours. Emma apprécie la douceur des soirées de cette clémente arrière-saison où l’on respire enfin plus à l’aise. C’est le temps des récoltes de poires, de pommes, de prunes, de noisettes, de noix.
    L’avenir au jardin s’annonce encore plein de belles promesses. Pour une fin d’été radieuse et réparatrice.

  2. Je m’appelle Claire.
    Comme le roman de Jacques Chardonne. Mais c’est tout ce qui me lie à cette histoire d’amour intense et fragile. Je n’ai jamais été à Bornéo. Même si j’ai remonté le fleuve Mahakam le temps de quelques pages de Jean-Marc Troubet. Le paradis… en quelque sorte.

    Je m’appelle Claire.
    Et la plupart de mes voisins sont persuadés que ma vie n’est que de me prélasser dans mon jardin, entouré de livres. Il y a de ça. Je suis lectrice professionnelle indépendante. Il m’est arrivé de lire des prix littéraires alors qu’ils n’étaient que des brouillons où j’ai noté quelques observations que certains auteurs ont ignorées, et que d’autres, plus ouverts, ont pris en considération. Quelques-uns ont pris la peine de m’appeler. D’autres m’ont invitée à dîner. Avec une insistance de prince charmant d’autrefois. Écrivains et poètes. Je les connais trop bien. Et leurs brouillons éphémères des passions amoureuses d’une seule nuit. Des hâbleurs fiévreux. J’ai toujours su éviter le piège de leurs promesses.

    Je m’appelle Claire.
    J’aime les saisons. Les parfums du printemps et les couleurs qui habillent l’automne avant qu’il s’abandonne aux bras de l’hiver. J’aime la lecture. Et ma solitude heureuse.

    De temps à autre, je reçois la visite de Milky. Je ne connais pas son vrai nom. Mais pour moi il est Milky et je l’appelle ainsi. Et cela n’a pas l’air de lui déplaire puisqu’il ronronne en levant sa queue en signe de plaisir. Avant de s’en aller, pour ne revenir que lorsque l’envie le pousse à me rendre une nouvelle visite.

    Milky, comme ma peluche trouvée un matin, rue Prince-Arthur. Milky, parce que je me dis que dans une de ses neuf vies, il a sûrement été un doux chien. À ce qu’on m’a dit.

    Mais ça, c’est toute une autre histoire.

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