Il y a toujours quelque chose de troublant dans l’amour de l’autre qui s’inscrit à l’encre bleue sur une missive. De presque plus émouvant que quand les mêmes mots sont prononcés, même s’ils sont chuchotés à l’oreille. Écrits, ils ne s’envolent plus. Ils peuvent être lus et relus, sur le coup, les prochains jours, des années plus tard. Il est aussi des mots que l’on ne conserve pas, qu’on brûle ou qu’on déchire. J’ai pourtant l’impression que ce ne sera pas de ce billet. Que l’amoureuse peinte par Ernest de Saisset va le conserver longtemps. Mais je n’en sais rien. Le premier regard qu’on pose sur une toile est déjà une interprétation. Qui ramène à soi-même et presque jamais ailleurs.

4 réponses
j’adore ce tableau il est tellement expressif et l’air de la jeune femme..
Je me souviens…Très jeune adolescente (12 ans), j’ai reçu mon premier message d’amour. J’ai décousu et recousu la doublure de mon manteau pour que ma mère, très fouineuse, ne le trouve pas. De temps en temps, je décousais, je lisais le billet, je rêvais. Il m’a suivi ainsi des années…
🙂
Il y a longtemps on m’a écrit un petit billet d’amour. Je l’ai recopié dans mon coeur pour ne pas le perdre. Il est toujours là.
Ces mots-là ne sont jamais terminés, on attend toujours une suite, parfois différente de celle qui a eu lieu, comme s’ils pouvaient encore et touijours prendre un autre sens et encore et toujours changer le cours de nos vies.Et pourtant, ils l’ont changé, au moins une fois, déjà !