Vivre est une prière que seul l’amour peut exaucer. (Romain Gary)
Quelqu’un a, semble-t-il, glissé cette citation de Romain Gary entre les pages de son missel. Une citation qui la laisse songeuse autant par son contenu que par le mystère entourant celui ou celle qui a pris la peine de glisser ce mot.
Avez-vous une réponse à donner à la lectrice peinte par Marianne Stokes? La citation, tout comme la toile, sont là pour ce que mots vous inspirent, comme tous les mercredis. Et tous vos écrits, peu importe la forme, ne seront validés que dans une semaine, comme c’est aussi l’habitude.
Au plaisir de vous lire dans sept jours!

2 réponses
Dimanche après dimanche, Georgette va à la messe sans oublier son missel. Elle avait pris l’habitude de s’asseoir toujours à la même place.
Parfois, il n’y avait personne à côté d’elle, d’autre fois, une ou deux personnes de son village.
Chaque dimanche, Georgette, revêt une jolie robe et un foulard assorti. Une robe typique à sa vallée. Elle aime bien changer.
Mais ce dimanche là, un mystère règne. Où est passé son missel ? Elle cherche partout, dans son armoire, ses tiroirs et surtout dans un tiroir où elle a l’habitude de le placer. Rien !
Pour ne pas arriver en retard à la messe, elle coure dans la chambre de sa grand-mère et « emprunte » son missel sans rien lui dire ! Ouf ! Il est temps. Je dois courir maintenant.
Georgette traverse le village en trombe, son foulard glisse sur ses épaules et tous les trois mètres, elle essaye de le remettre en place car il n’est pas question de rentrer à l’église sans le foulard. Respect oblige…
Lorsqu’elle arrive à l’église encore toute essoufflée, elle s’aperçoit qu’elle est bien en avance.
Elle entre tout doucement, presque sur la pointe des pieds et prend sa place habituelle.
Elle sort le missel de sa poche. Elle l’ouvre et commence à lire. N’entendant toujours personne, elle se retourne discrètement et voit seulement trois fidèles assis sur les derniers bancs.
Monsieur le Curé, n’étant toujours pas là, elle continue à tourner les pages de son missel et là, à la page 43, elle découvre un petit billet plié en quatre où il est écrit :
« Vivre est une prière que seul l’amour peut exaucer ». C’était une citation de Romain Gary.
Comment cela ce fait-il, pense t-elle ? Qui a bien pu le placer dans le missel de ma grand-mère ?
Ma grand-mère est très pieuse, je la connais bien. Elle n’aurait jamais écrit ceci en le cachant entre ces feuilles…Peut-être l’a-t-elle reçu de quelqu’un de très cher ?
C’est impossible ! Depuis que je suis toute petite, j’ai toujours connu ma grand-mère vivant seule avec pour toute famille, ma mère, mon frère et moi. Notre père étant décédé.
De temps à autres, ses amies du village venaient lui rendre visite et je me rappelle, lorsque j’étais petite, les entendre rire autour d’un gâteau et d’une tasse de thé. Cela m’amusait beaucoup. J’étais avec toutes ces dames dans la grande cuisine et je jouais à la poupée.
Mon frère et moi adorons notre grand-mère, elle est tellement chaleureuse et tant d’amour à donner. Nous la respectons infiniment.
Mais ce petit papier m’intrigue !
Perdue dans ses pensées, Georgette ne s’est pas rendu compte que les fidèles étaient à peu près présents sauf sa grand-mère. Ses jambes ne lui permettaient plus de marcher longtemps.
Georgette pense toujours à la citation. Elle la trouve belle.
Elle regarde la date inscrite sur la première page du missel sur laquelle le père d’Henriette (la grand-mère) avait écrit un très joli texte.
Donc ma grand-mère était déjà en possession du missel bien avant ma naissance, au moins une vingtaine d’années avant.
Pour en avoir le cœur net, Georgette décide d’aller dans le courant de l’après-midi discuter en toute amitié vers sa grand-mère qui se tenait toujours dans un joli coin de la cuisine près du feu. Il y a toujours eu beaucoup de complicité entre elles. Cela faisait plaisir à voir.
Avec toutes ces pensées, Georgette n’a pas vu que l’office religieux est terminé. Elle revient à la réalité, sort de l’église et rentre à la maison.
Après le repas, Georgette attend que sa mère et son frère sortent faire une promenade et en profite pour s’asseoir près de sa grand-mère.
– Quelque chose ne va pas, ma petite ?
– Si, si, grand-mère, tout va bien. Seulement, voilà, j’ai une petite question à te poser !
– Je t’écoute, ma chérie, parle !
– Et bien voilà. Ce matin, j’étais en avance à l’église et en parcourant ton missel – oui, j’avais pris le tien puisque je ne trouvais plus le mien – j’ai découvert ce petit billet avec une très belle citation. Peux-tu m’en dire plus ?
Ah ! Je vois. Tu l’as enfin trouvée !
Je vais donc t’expliquer. Lorsque j’étais jeune, j’ai connu un jeune homme. André ! Il avait toutes les qualités, gentil, galant, plein d’humour et comme il me faisait rire. Il était aux petits soins pour moi et me gâtait énormément. Et le principal, nous nous aimions. Mes parents l’aimaient aussi beaucoup. Nous avions fixé la date de notre mariage car tous les deux désirions avoir des enfants.
Lors de nos fiançailles, mon père m’offrit ce missel. Le missel que tu as pris ce matin. Je t’ai vu venir le prendre mais je n’ai rien dit.
Plus tard, le mariage eu lieu dans le village, un beau mariage.
Un beau jour, j’ai annoncé à André qu’il serait père. Si tu avais vu sa joie, il m’a prise dans ses bras, nous avons dansé, on s’est embrassé. Nous étions fous de bonheur et comme il était beau !
Neuf mois plus tard, ta maman est née mais elle n’a jamais connu son père car André est décédé d’un accident à cheval deux ans après sa naissance.
J’ai pleuré toutes les larmes de mon cœur. J’ai bien cru ne plus retrouver la joie de vivre. Si tu savais ma chérie comme j’étais triste…
Les années passent avec un grand vide dans le cœur. Puis toi et ton frère êtes venus au monde. J’adorais m’occupe de vous. Votre maman, non plus, n’a pas eu de chance en perdant votre père encore jeune.
– Mais vois-tu, ma chérie, nous sommes toujours là et bienheureuses.
Quant à ce petit billet, et bien, c’est André qui me l’avait glissé un jour dans mon missel. Lorsque je me suis retrouvée seule, je le lisais tous les jours et il est toujours resté à la même page. Je les laissé pour toi. Je me suis dit que tu es tellement désordre qu’un jour, tu viendras bien emprunter mon missel et que tu verrais cette citation. Ce qui est arrivé aujourd’hui.
– Prends le billet, petite. Maintenant, il t’appartient et un jour tu trouveras aussi l’amour !
Tous à genoux pour faire neuvaines et dizaines de chapelets (je laisse les s partout ! )litanies, vêpres, matines, laudes et autres cantiques et béatitudes.. on ne sait jamais si l’amour passait par là, chacun pourrait vivre ! Le Paradis sur terre !!