Lali

21 avril 2016

Ce que mots vous inspirent 1684

Filed under: Ce que mots vous inspirent,Couleurs et textures — Lali @ 8:00

BERN (Fery)

L’historien sait bien que le passé n’est pas seulement ce qui a été, c’est aussi ce que la mémoire en a fait. (Michel Pastoureau)

*toile de Bern Fery

Un commentaire »

  1. Au cercle des Amis Inconnus.

    Amis! Où êtes vous? Où êtes vous?
    Quel Néant vous a dissous?
    Pourtant, j’ai connu des Amis.
    Toi, la Vie, tu me les as pris.

    Seul, là, naufragé de la houle,
    Produit d’une monstrueuse foule.
    Un lieu, où toute amitié sombre.
    Tout ces gens ne sont que de l’ombre.

    Où que l’on aille, aucun Visage
    N’ose donner amitié en Gage.
    La seule relation pour ce Monde,
    N’entend qu’intérêt, chose immonde.

    Ceci, depuis que certains leurres,
    Prétendent, à tous, donner bonheur.
    Quel bonheur? Payable à crédit,
    Par chèques, consommant à pleins ‘’caddies’’.

    Alors, pour que cette Solitude,
    Parmi ce Monde, devienne moins rude,
    Au Cercle des Amis Inconnus,
    Une place, m’a été retenue.

    Amis, tous perdus, oubliés,
    Sortez Sommeil Grand Sablier.
    De vieux Bouquins, en quelques pages,
    Devisons par-dessus les Âges.

    Lui, me parle en toute Amitié.
    Son Savoir je suis l’héritier.
    Parfois, nous sommes en désaccord.
    Nos discutions, sont moments forts.

    Je me souviens d’un vieux Bouquin,
    Ne valant certes pas un ‘’Péquin’’.
    Par générations de souris,
    Autant pages que reliure meurtrie.

    D’un long sommeil s’est éveillé,
    Le long des soirs à la veillée,
    M’a fait connaître un bien grand Homme.
    De nom Théophraste se nomme.

    Après présentations d’usage,
    Sa naissance, sa vie, son grand âge,
    M’a conté ‘’l’homme’’, son caractère.
    De ce goût inné pour la guerre.

    Il m’a conté ses qualités,
    Mais encore plus sa vanité.
    Me promenant en son époque,
    Vieux souvenirs là, il m’évoque.

    Me raconte, au marché un jour,
    Une marchande, coupant son discours,
    L’étonne, riant de son accent,
    Lui demande: « D’où viens tu paysan? »

    Me dit, esclave chacun possède.
    Lui répond, c’est moeurs, je n’accède.
    Lui: Valeur fait d’en prendre soin,
    Qu’adviennent vos ‘’Gens’’ après besoin?

    M’excuse de valoir notre morale.
    A vrais dire, me parait bien pâle.
    Me décrit-il là chaque défaut,
    Que ne vois-je ici que jumeaux.

    Je me promène parmi ces gens.
    Ces histoires ont bien trois mille ans.
    Pas besoin de sortir de chez soi,
    Je voyage, tournant pages d’un doigt.

    Tout ces caractères, là décrits,
    Les retrouvent en tout manuscrits.
    Ce La Bruyère, m’en parle encore.
    Les mêmes, peut-être en autres décors.

    Il faut que j’avoue, par certains soirs,
    Me promenant en drôles d’histoires,
    Rencontre Croquignole, Filochar,
    Ribouldingue et quelques fêtards.

    Sans s’occuper quelque Morale,
    On joue à ‘’fète’’ confessionnal.
    Théophraste continue d’écrire.
    Quand à moi, continue d’en rire.

    Un soir, la lettre d’une personne,
    Par devers les âges, là, m’étonne.
    M’était elle un jour destinée?
    Epicure écrit à Médée.

    Lettre explique: Tout est sensations.
    La non vie en est privation.
    Sot, celui qui craindra la Fin.
    Toute sa vie, souffrira en vain.

    Plaisir! Souverain Bien de l’Homme.
    Toutes les grossières jouissances tu gomme.
    Place bien haut culture de l’esprit.
    Qui a déformé ses écrits?

    J’adore chiner chez brocanteurs.
    Vieux objets ont connus leurs heures.
    Perdu dans l’oublie de ce lieu,
    M’appelle, vieux bouquin tout piteux.

    Sieur Rénard, m’invite à voyage.
    Pour ce, point besoin baguages.
    Tout simplement lisant ses notes,
    En Laponie, traînons nos bottes.

    Trinquons tous, chasseurs ou pêcheurs,
    A belles Laponnettes sans pudeur.
    Qui possèdent renne pour toute fortune.
    Mais toutes riches de six mois de Lune.

    A Stockholm, faisons intermède.
    A la cour de ce Roi de Suède.
    M’entretiens avec belle Reine.
    Parlons du Monde, de toutes ses peines.

    Ne dois-je lui révéler qu’un jour,
    Haute consécration de sa cour,
    Sera berceau d’un Prix Nobel…
    Recevra ‘’Nasreen la rebelle’’.

    Ah! J’ai aussi un grand Ami,
    Que je dois reçevoir ici.
    De son livre, j’ai usé les pages.
    De son Savoir j’ai fais usage.

    Traiter d’Algèbre, Moreux signé.
    Cette Matière, il m’a enseigné.
    J’y ai connu l’X inconnu,
    Caché au fond de sa cornue.

    Bien des soirées, à la chandelle,
    Bataillé l’équation rebelle.
    M’a fait connaître Mystère des Nombres.
    A sa lumière, je sors de l’ombre.

    Parti de là, je me promène
    En littérature d’autres domaines.
    Côtoyant milieux scientifiques.
    Grandes discutions et mêmes critiques.

    Là, je découvre de nouveaux Esprits.
    En ses livres, Monsieur Laborit,
    Comme aussi, Louis Leprince-Ringuet.
    Bonheur du Monde tient aux aguets.

    J’écoute Reeves, l’Astrophysicien.
    De l’Univers il m’entretient.
    Grand-Ailleur, ou Big-Bang m’entraîne,
    Voyageons vers Galaxies lointaines.

    Dur à suivre Theillard de Chardin,
    Point ultime, où mène notre Chemin.
    Extrudons en, Théologie.
    L’Oméga sera mieux régit.

    Grande Amie. Toute ma sympathie.
    Deux mille ans, était si jolie.
    Li Ts’ing-tchao, belle Poétesse.
    Baignée d’Amour, de Gentillesse.

    De son doux parfum imprégné,
    Le soir près de la cheminée,
    Thé partagé, écoute le vent,
    Par ses Poèmes, chante son Printemps.

    Ému, je l’écoute pleuré d’Amour,
    Doux moments, la Vie coupe court.
    Pour toujours coulerons ses Larmes.
    De ses Vers coulent, et Larmes, et Charme.

    A chaque Printemps, je pense à elle.
    Cerisiers en fleurs, toutes belle,
    Toute frêle, se promène son Image.
    Merle, lui chante son plus beau ramage.

    Pincement au coeur, referme ces Pages.
    Mais des Amis, me reste l’Image.
    Vieux Livre, perdu, oublié.
    Tourne, tourne tes Pages, comme Sablier.

    Pierre.

    Comment by 10Douze27 — 21 avril 2016 @ 13:47

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