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Parce que

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Pourquoi? est sûrement la question la plus courante des enfants. Celle qui leur vient en tête et en bouche dès qu’ils commencent à parler et qu’ils apprennent l’existence de ce mot utile entre tous. Si bien que nombre de parents vous diront à quel point il est parfois étourdissant et épuisant de répondre à un pourquoi après l’autre.

Mais si, pour une fois, ce n’était pas l’enfant qui alignait les pourquoi, mais les parents. Et si, le temps d’un album, ceux-ci pouvaient bombarder l’enfant de questions au moindre geste qu’il pose, à chaque refus, voire pour rien? C’est ce que font les parents de Nicodème. Mais sans succès. En effet, celui-ci a choisi d’éluder la chose en répondant à chaque pourquoi par un laconique parce que. Comme si parce que expliquait tout.

Mais jusqu’où peut-on aller ainsi? Parce que, que signe Agnès Laroche, vous le dira. Miment de plaisir garanti, d’autant plus que les illustrations de Stéphanie Augusseau, réduites à leur plus simple expression, laissent énormément de place à l’imagination.

Vous ne pourrez qu’aimer cet album. Pourquoi? Parce que. Vous vous en doutiez, n’est-ce pas?

Ce qui arriva à Chloé et Mélina un jeudi après-midi

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Les héroïnes de l’album que signe Martine Latulippe s’appellent Chloé et Mélina, tout comme ses filles, à qui cet album est dédié, et qu’ont illustré Fil et Julie dont on reconnaît tout de suite la signature, à cause des visages, des formes et des couleurs.

Un album pour lequel j’ai eu un véritable coup de foudre, je l’avoue. Peut-être parce que j’ai une petite sœur et que si j’étais rentée de l’école et avais trouvé la maison silencieuse et absente de vie, comme cela arrive aux jeunes héroïnes, aurais-je pris peur moi aussi. Car il y a quelque chose de terriblement anormal dans tout ça, voire même de suspect.

C’est pour cela que Martine Latulippe a bâti son histoire à la manière d’une enquête et en faisant en sorte que Chloé et Mélina ouvrent des portes afin d’en avoir le cœur net. Ce qui nous donne un album efficace tout en demeurant ludique. Et qui a fait sourire la grande sœur que je serai toujours.

Une promesse, c’est une promesse

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Les Qallupilluits sont des êtres imaginaires qui ressemblent à des trolls et qui vivent dans la baie d’Hudson. Une légende inuite laisse entendre qu’ils s’emparent des enfants qui vont pêcher au bord de l’océan sans la présence de leurs parents. C’est ce que nous relate Une promesse, c’est une promesse, un superbe album écrit en tandem par Robert Munsch et Michael Kusugak, et joliment illustré par Vladyana Krykorka.

C’est parce qu’Allashua a choisi de ne pas croire qu’il était vraiment dangereux de s’aventurer dans les crevasses de la glace et parce qu’elle doute de l’existence des Qallupilluits que se produit ce qui devait se produire : elle est capturée par ces êtres maléfiques. Si maléfiques que cela? L’histoire vous le dira.

Mais il n’en reste pas moins que ce cette légende sert à enseigner la prudence aux enfants et qu’elle n’est pas sans rappeler celle du Bonhomme Sept Heures de chez-nous.

Un album attendrissant et tout en sagesse. Un album qui nous donne l’occasion de découvrir un pan de la culture inuite, encore trop peu connue et, de plus, méconnue.

Les deux amoureux

les deux amoureux

Il y a quelque chose de terriblement émouvant dans le roman de Gilles Tibo, lequel s’est inspiré de son premier amour pour écrire Les deux amoureux. De tendre, aussi. Et de magique. Mais comment pourrait-il en être autrement quand on relate un coup de foudre? Et quand les héros sont des enfants?

Or, un tel amour n’est pas sans inquiéter les membres de l’entourage des deux jeunes, lesquels auront maille à partir avec leurs parents, leur professeur, le directeur de l’école et même l’orthopédagogue. Ce qui donnera lieu à des situations cocasses qui plairont aux lecteurs de huit ans et plus, et même des adultes qui n’ont rien oublié de leur enfance et de ses émois.

Les deux inséparables, qui se tiennent par la main même pour manger, sont irrésistibles. Adorables. Mignons comme tout.

Dommage que l’auteur nous laisse sur une fin moins explosive que le roman ne l’est. Mais ce n’est pas si grave. Le roman tiendra en haleine quiconque y plongera et vous donnera un sourire grand comme ça!

Catherine Certitude

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C’est avec beaucoup de bonheur que j’ai constaté que l’album Catherine Certitude avait été réimprimé. Comme quoi un prestigieux prix littéraire peut donner un nouveau souffle à des livres qui datent et nous prouver que, dans certains cas, ils n’ont pas vieilli.

C’est le cas de celui-ci publié en 1988, que j’avais lu au moment de sa parution. Un texte de Modiano et des illustrations de Sempé, c’était presque toucher aux nuages du paradis. Ça l’est encore. Catherine Certitude n’a pas pris une ride.

L’univers dans lequel nous plonge Modiano est celui auquel il nous a habitués. Albert Certitude est un doux magouilleur, dans un Paris d’après-guerre. Sa femme, une danseuse née aux États-Unis est rentrée chez elle avec la promesse qu’il la rejoindra quand il aura réglé « ses affaires ». Catherine est donc restée à Paris auprès de son rêveur de père qui l’emmène au restaurant et à son cours de danse tout en traficotant avec des gens de son espèce, pas bien méchants, mais pas des plus honnêtes. On n’achète pas des sièges d’avion pour les revendre à qui n’a pas d’avion, en général. Mais Albert, si.

Peu importe à Catherine ce qu’Albert fait vraiment s’il est là et s’il prend soin d’elle. Ils n’ont qu’à retirer leurs lunettes pour que la laideur du monde devienne floue.

J’avais eu un coup de cœur en 1988. Je viens d’en avoir un autre. Modiano et Sempé ont uni leurs rêves le temps d’un sublimissime album.

La guerre des suces

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Je ne suis pas fan des albums où les personnages sont des animaux. Je me suis pourtant laissée séduire par l’album illustré par Caroline Hamel malgré ma réticence initiale. Probablement parce que les illustrations sont ludiques et efficaces, et qu’elles accompagnent à merveille le texte signé Lou Beauchesne, lequel nous relate avec beaucoup d’imagination ce qui se passe quand un roi en a assez de voir sa princesse de fille se promener avec une suce à la bouche.

Humour, exagération et bon sens se trouvent réunis dans La guerre des suces, où on ne rit pas avec les règlements. C’est ainsi que l’interdiction du « port de la suce » aura des conséquences énormes sur la tranquillité et le bien-être de tout le royaume.

Or, comment calmer les enfants et faire en sorte qu’ils dorment sans suces puisqu’elles ont été confisquées et entreposées, donc inaccessibles? Et surtout, comment rendre au roi sa jugeote? C’est ce à quoi cet album cocasse et intelligent s’applique au fil des pages avec succès.

Un album qui nous rappelle à quel point le mot suce a un sens bien clair en anglais; suce se traduit par pacifier.

Un jour avec la tour Eiffel

un jour avec

J’ai de tout temps été fascinée par la tour Eiffel. C’est donc avec beaucoup de plaisir que j’ai parcouru le superbe album de Victor Simiane, illustré par Boiry, intitulé Un jour avec la tour Eiffel.

Et quelle journée, car la tour Eiffel a décidé de prendre le large! Pas pour toujours, juste le temps de faire le tour de Paris afin d’aider un enfant perdu à retrouver ses parents. Pour se faire plus petite tout en conservant la même forme, elle endosse son costume de girafe et part faire à la découverte des monuments et lieux importants de Paris. Les parents de son nouvel ami se trouvent sûrement quelque part!

À Montmartre? Aux Tuileries? Au Louvre? Mais où se cachent-ils donc? C’est ce que nous raconte cet album qui traite autant de Paris que d’amitié avec finesse et tendresse et grâce à des illustrations qu’on aurait envie d’encadrer tant elles sont belles.

Un superbe album qui m’a rappelé le début d’un poème de Maurice Carême :
Mais oui, je suis une girafe,
M’a raconté la tour Eiffel,
Et si ma tête est dans le ciel,
C’est pour mieux brouter les nuages,
Car ils me rendent éternelle.

Un album pour lequel j’ai eu un véritable coup de foudre.

À cause d’une carte postale

Lupinchen - illustration de Binette Schroeder

Et tout a commencé par une carte postale. Une carte postale tirée d’un album jeunesse intitulé en allemand Lupinchen, écrit et illustré par Binette Schroeder. Une illustration si belle, si pleine d’imagination qu’il a fallu que je parte à la recherche de Lupinchen.

Il n’a pas été facile de mettre la main sur cet album dont le titre français est Fleur-de-Lupin. Et pour cause : l’album a été édité en 1970 et n’a pas été réimprimé depuis de nombreuses années, alors qu’il est un classique de la littérature jeunesse en Allemagne. Il n’y a qu’un exemplaire dans le réseau des bibliothèques de Montréal.

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C’est donc avec beaucoup de délicatesse que j’ai d’abord feuilleté l’album. Pour le plaisir des images. Pour m’imprégner des couleurs. Pour entrer tout doucement dans l’histoire. Une histoire toute simple qui parle de l’amitié entre Fleur-de-Lupin et ses amis, lesquels s’entraideront les uns les autres au cours de cette journée qui nous est racontée, au cours de laquelle un pique-nique improvisé risque de mal tourner à cause de la pluie.

Je suis encore sous le charme.

Et tout ça à cause d’une carte postale.

Les écharpes de Mamie Berthe

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Dès que vous ferez connaissance avec Mamie Berthe, vous aurez envie de la serrer contre vous. Si, si, c’est comme ça. Parce que Mamie Berthe est douce et aimante. Parce qu’elle aime faire le bonheur autour d’elle en réchauffant autant les corps que les cœurs au moyen des écharpes qu’elle tricote toute la journée et qu’elle offre à tous ceux qui en ont besoin dans son voisinage, d’une maman complètement dépassée par les événements en passant par un musicien triste.

Ingrid Chabbert, une fois de plus, a réussi son pari de nous attendrir et de nous faire réfléchir à la fois. Cette fois en traitant de la solitude et en proposant une façon toute simple, non pas d’en venir à bout, ce serait trop simple, mais d’en sortir petit à petit.

Il suffisait d’un geste. Il suffisait d’une écharpe. Pour toucher chacun des personnages de cet album magnifiquement illustré par Leïla Brient. Et tous les lecteurs, grands et petits.

Un livre à offrir et à s’offrir.

Le petit livre des souvenirs

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Les fêtes de fin d’année approchent à grands pas. Il est plus donc que temps que je vous fasse part de mes nombreux coups de cœur des dernières semaines en matière de littérature jeunesse. En effet, il n’est pas de plus beau cadeau pour les enfants qu’un livre!

J’ai pu le remarquer le week-end dernier à l’occasion du Salon du livre de Montréal au détour d’allées où les petites mains se tendaient vers les albums aux couleurs attrayantes ou dont la couverture semblait attirer l’attention des parents, voire les captiver.

J’ai d’ailleurs ajouté à ma liste déjà très longue d’albums à lire une trentaine d’autres croisés lors de mon parcours. Dont Le petit livre des souvenirs, un album de toute beauté par sa simplicité, la tendresse qui se dégage de chacune des illustrations de Renata Liwska et le texte minimaliste, mais d’une grande efficacité, de Nina Laden. Un album qui pose une question à laquelle l’enfant peut réfléchir et y répondre ou pas.

Oui, une question. Enfin, pas tout à fait. Quelques questions, mais toutes sur le thème de la mémoire. Un livre se souvient-il d’avoir été un mot? Un jardin se souvient-il d’avoir été une graine germée? Et vous, de quoi vous souvenez-vous?

Le petit livre des souvenirs devrait faire partie de la liste de Noël de toutes les grands-mères lectrices du pays de Lali, car il constituera le prétexte parfait — s’il en faut un — aux aînées pour se raconter au fil des questions. Ce qui devrait donner lieu à de doux et remarquables moments de partage… aussi beaux que certains livres.