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Un dimanche en lumière 1

BENETOLLO (Silvia) - 2

BENETOLLO (Silvia) - 1

Chaque jour, je vois les jours raccourcir et je ne peux que constater à quel point la lumière me manque. Mais, en m’asseyant à la fenêtre, comme les personnages de l’artiste italienne Silvia Benetolla, tout devient plus clair, ce qui constitue une belle occasion de parler de lumière, au sens propre comme au figuré.

C’est donc ce que nous ferons, en compagnie de lecteurs assis à la fenêtre. Car, comme l’écrivait Henry Miller : « L’homme a ce choix : laisser entrer la lumière ou garder les volets fermés. »

États des lieux 4

KAYSER (Charles Edmond)

Feuilles

Amants qui prennent plaisir
Dans la compagnie des arbres,
Qui vous détende après bien des baisers
Dans les bras l’un de l’autre,
Observez les feuilles.

Leur manière de frémir
Au moindre souffle d’air,
Leur manière de trembler,
De s’agiter presque individuellement; celle-là
Commence à remuer quand les autres
Attendent encore immobiles,
Indénombrables, injustifiables —

Qu’est-ce que je raconte?
Une feuille sur un million plus effarée,
Plus joyeuse,
Que toutes les autres?

Là-haut dans la profondeur
Si nuancée du grand chêne,
Mes paupières cillent de sommeil
Avec elle, une seule feuille troublée
d’ombre, de lumière.

Charles Simic, dans États des lieux : Treize poètes américains contemporains

*choix de la lectrice de Charles Edmond Kayser

Nature morte, façon Martin Sharp

Martin Sharp - Still Life

L’artiste australien Martin Sharp, à qui on doit certaines pochettes de disque remarquables de la grande époque du rock psychédélique, avait passablement d’humour. En effet, il en fallait pour appeler Nature morte une toile où figure une morte (Marilyn Monroe, façon Andy Warhol) jaillissant d’un pot de fleurs (clin d’œil aux Tournesols de Van Gogh).

C’est ce que nous saurons demain

TANGERMANN (Christian)

Serait-ce une partie de son manuscrit qui a pris le large? C’est ce que nous saurons demain à 8 h, heure de Montréal, alors que seront validés tous les commentaires déposés sur la toile de la semaine.

*toile de Christian Tangermann

États des lieux 3

ISMAIL (Namik)

Le retour de la lumière

Même aussi tard, cela arrive :
le retour de l’amour, le retour de la lumière.
À l’éveil les chandelles semblent s’être allumées d’elles-mêmes,
les étoiles s’assemblent, les rêves se fendent aux oreilles,
d’où s’élèvent des bouquets d’air chaud.
Même aussi tard, les os du corps brillent
et la poussière du lendemain reprend son souffle.

Mark Strand, dans États des lieux : Treize poètes américains contemporains

*choix de la lectrice de Namik Ismail

Ce que mots vous inspirent 1320

BUCHHOLZ (Quint) - 12

Au départ, le peintre a une toile. L’écrivain a une feuille de papier. Le musicien, lui, a le silence. (Keith Richards)

*illustration de Quint Buchholz

États des lieux 2

LOY (Rosa) - 1

Mer vineuse

Car il n’y a nulle part
mais un rêve
nulle mer
sinon en l’emmêlement
de nos consciences :
sombre mer vineuse
de l’histoire
où tous nous tournons
tournons, tanguons
et disparaissons.

John Montagne, dans États des lieux : Treize poètes américains contemporains

*choix de la lectrice de Rosa Loy

Ce que mots vous inspirent 1319

DIDIERLAURENT (Véronique) - 28

En suivant le chemin qui s’appelle plus tard, nous arrivons sur la place qui s’appelle jamais. (Sénèque)

*sculpture de Véronique Didierlaurent

États des lieux 1

RENÉ (Jean-Jacques)

Prophétie

À la fin de l’année les étoiles disparaissent
l’air retient son souffle la Sibylle chante
elle chante d’abord l’obscurité qu’elle peu voir
et elle continue de chanter jusqu’à ce temps
qu’elle ne peut voir sans temps ni obscurité

nul n’entend tandis qu’elle chante encore
les jours blancs donnés l’un après
l’autre devenus couleurs autour de nous

avant qu’elle n’ait pu le voir un éclair venu
du plus profond où tout commence

fait s’embraser les mots auxquels nul n’a cru

William S. Merwin, dans États des lieux : Treize poètes américains contemporains

*choix de la lectrice de Jean-Jacques René

Ce que mots vous inspirent 1318

(c) Charlotte and Stephen Halliday; Supplied by The Public Catalogue Foundation

Le bonheur n’est pas dans la recherche de la perfection, mais dans la tolérance de l’imperfection. (Yacine Bellik)

*toile d’Edward Irvine Halliday