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En vos mots 453

FIRSZT (Alejandro)

J’aime qu’on me raconte des histoire. Qu’on les invente juste pour moi. C’est probablement la raison pour laquelle la catégorie En vos mots m’est si chère et aussi celle qui me pousse à passee beaucoup de temps dans ma galerie afin de dénicher au milieu des tableaux, des illustrations et des dessins une scène livresque qui vous inspirera.

Sera-ce le cas de celle-ci, imaginée par l’illustrateur argentin Alejandro Firszt? C’est ce que nous découvrirons dans une semaine et pas avant, au moment de la validation des textes reçus à ce moment.

D’ici là, profitez-en pour lire les textes déposés sur l’illustration de dimanche dernier.

Bon dimanche et bonne semaine à tous!

Un dimanche avec Claude Roy 4

ADAM (PW) 6

Lorsqu’on a perdu toutes ses illusions, il reste encore à perdre l’illusion suprême qui est de se croire sans illusions. (Claude Roy)

*toile de Patrick William Adam

Un dimanche avec Claude Roy 3

GRISWOLD (Joan) - 16

Le temps porte conseil : en général celui de ne rien faire. (Joan Griswold)

*toile de Joan Griswold

Un dimanche avec Claude Roy 2

GROENESTYN (Samantha) - 1

Il arrive, à la pointe aiguë d’un beau jour, de se dire qu’il faudra s’en souvenir, s’en imprégner assez fort pour être capable de le ressusciter, quand sera revenue la mauvaise saison. (Claude Roy)

*toile de Samantha Groenestyn

Un dimanche avec Claude Roy 1

GRANT (Josephine) - 41

Le 13 décembre 1997 s’éteignait le poète, journaliste et romancier Claude Roy. Un homme de lettres déjà présent au pays de Lali, et depuis longtemps, et auquel j’ai eu envie de consacrer ce dimanche.

Je vous invite donc à vous installer dans le décor peint par Josephine Grant et dans ceux qui défileront au cours de la journée, question de savourer les réflexions de Claude Roy, en commençant par celle-ci :
Que peut l’homme? Il peut tout, s’il sait qu’il ne peut pas tout.

Fleurs du midi 4

jakopic-1

L’inspiration

Ah! lorsque débordait ainsi la poésie,
Torrent impétueux, brûlante frénésie,
Dans mon âme vibraient d’indicibles accords;
Comme sous l’ouragan bat la vague marine,
Sous la muse mon cœur battait dans ma poitrine,
Mais ma lyre jamais n’égalait mes transports!…
Par l’inspiration je restais oppressée,
Comme la Druidesse au sommet du Dolmen;
J’implorais, pour donner un corps à ma pensée
Ton langage éthéré, musique, écho d’Eden!

Il est des sentiments, mystérieux, intimes.
Qu’aucun mot ne peut rendre, et que toi seule exprimes;
Ces rêves, incompris du monde où nous passons,
Ces extases d’amour, d’un cœur qui vient de naître,
Alors, j’aurais voulu, pour les foire connaître,
Moduler sous mes doigts de séraphiques sons!

J’aurais voulu, penchée à la harpe sonore,
Répandre autour de moi l’âme qui me dévore,
Dans des flots d’harmonie aux anges dérobés!
Oui, j’aurais voulu voir, quand mon âme est émue,
Tous les cœurs palpitants, d’une foule inconnue,
Sous mes accents divins demeurer absorbés!

Vains désirs ! jeune aiglon, on a coupé mes ailes,
On a ravi mon vol aux sphères éternelles,
Pour me faire marcher ici-bas en rampant!
Si la Muse, parfois, vient visiter ma route,
Mon chant meurt sans écho, personne ne l’écoute;
Et l’hymne inachevée en larmes se répand!

Louise Colet, Fleurs du midi

*choix de la lectrice de Rihard Jakopic

No more twists

Beatrix Potter - The Tailor of Gloucester - 1903 - No More Twists

Quelle jolie illustration que celle-ci, me suis-je dit en la trouvant dans ma boîte aux lettres. Je ne savais pas encore qu’il s’agissait d’une image tirée du Tailleur de Gloucester, de Beatrix Potter, une de mes illustratrices préférées. Ce qui la rend encore plus précieuse.

Fleurs du midi 3

ISHCHUK (Sergei) - 2

Ma poésie

Il est dans le Midi des fleurs d’un rose pâle
Dont le soleil d’hiver couronne l’amandier;
On dirait des flocons de neige virginale
Rougis par les rayons d’un soleil printanier.

Mais pour flétrir les fleurs qui forment ce beau voile,
Si la rosée est froide, il suffit d’une nuit;
L’arbre alors de son front voit tomber chaque étoile,
Et quand vient le printemps il n’a pas un seul fruit.

Ainsi mourront les chants qu’abandonne ma lyre
Au monde indifférent qui va les oublier;
Heureuse, si parfois une âme triste aspire
Le parfum passager de ces fleurs d’amandier.

Louise Colet, Fleurs du midi

*choix de la lectrice de Sergei Ishchuk

Ce que mots vous inspirent 1592

MILROY (Lisa)

Ce qui compte dans l’effort, c’est avant tout l’action plutôt que le résultat. (Ludwig van Beethoven)

*toile de Lisa Milroy

Fleurs du midi 2

IMPERATORI (Roberta) - 8

Réponse à un poète

Comme un astre luit sur la terre,
Sans que sa lumière s’altère
Aux feux obscurcis d’ici-bas;
Ou, comme ces vagues lointaines,
Qui, jamais n’ont baigné les plaines
Que l’homme foule sous ses pas :

Heureuse est ton âme, ô poète!
L’univers entier s’y reflète,
Ton regard plane dans les deux,
Et de ces sphères, qu’il explore,
Il n’a pas vu surgir encore
Les rayons d’un jour soucieux.

À ta voix, toujours ingénue,
L’hymne de deuil est inconnue;
Pour toi la vie est dans sa fleur;
Et sur ton front pur et candide,
On ne voit pas encore la ride
Que creuse, en passant, la douleur.

La muse que tu t’es choisie,
Source de toute poésie,
Inspira mes accords naissants;
À ses foyers, où tu t’embrases,
Au sein des plus pures extases,
Ma lyre enflammait ses accents.

J’évoquais, dans leur harmonie,
Dieu, la nature, le génie;
Ces trois déités que tu sers!
Le monde idéal de mes songes,
Était le même où tu te plonges
Pour créer tes chastes concerts.

Là, m’enivrant comme l’abeille,
Qui boit les parfums, puis sommeille
Dans les calices dépouillés;
J’errais de richesse en richesse,
Et par des larmes de tristesse
Mes yeux n’étaient jamais mouillés.

Mais, quittant sa céleste orbite,
Sur ce globe que l’homme habite
Mon étoile sembla pâlir :
Ici, plus d’ineffable joie;
Je n’ai pas trouvé sur ma voie
Une seule fleur à cueillir.

Voilà pourquoi mon âme est triste :
Hélas ! des banquets où j’assiste
Si je savoure la liqueur,
La coupe, où je cherche l’ivresse,
N’offre à ma lèvre qui la presse
Rien de ce qu’a rêvé mon cœur!

Dans ce monde, où j’ai voulu lire,
Ne va pas, enfant de la lyre,
Abattre ton vol radieux :
Ah ! sur cette terre inféconde,
Il n’est point d’écho qui réponde,
À nos accents mélodieux!

Louise Colet, Fleurs du midi

*choix de la lectrice de Roberta Imperatori