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Un dimanche avec Carl Sagan 1

BONNEAUX (R.)

Le 20 décembre 1996 s’éteignait Carl Sagan, astronome et vulgarisateur scientifique dont j’appréciais le scepticisme, ce qui a donné l’idée au personnage peint par R. Bonneaux (dont toute trace a disparu) de lui consacrer ce dimanche. Il a donc envoyé à ses correspondants quelques phrases tirées de ses livres à ses correspondants, notamment celle -ci :
S’il a été remarqué que quelques dauphins pouvaient reconnaitre jusqu’à cinquante mots de notre langue, aucun humain n’a jamais pu comprendre un seul mot de la leur.

Poèmes du Brésil 4

LOOSER (Hans)

Les lettres

C’était un jeune arbre à l’écorce tendre.
J’y gravai ton nom et sans plus attendre
Je m’en suis allé… Passèrent les jours,
Les mois, les années, avant mon retour.

L’arbre dans le ciel s’est tant étendu,
Emportant ton nom si haut dans l’espace
Que de lettres, hélas, je n’en vois plus trace…
Mon rêve d’amour lui-même est perdu.

Nicolau Fagundes Varela
(dans Poèmes du Brésil, choisis traduits et présentés par Bernard Lorraine)

*choix de la lectrice signée Hans Looser

Poèmes du Brésil 3

GUILLAUMIN (Armand) - 16

À Carolina

Ma bien-aimée, au pied du dernier de tes lots
Où, lasse d’une longue vie, tu te reposes,
C’est toujours moi qui viens, pauvre âme. Et j’y dépose
Le cœur du compagnon qui refuse l’oubli.

En dépit d’un labeur immense et journalier,
Ce cœur palpite encor d’un amour véritable
Qui fait de l’existence un trésor désirable
Et de ce coin de sol un univers entier.

Je t’apporte des fleurs, reliques arrachées
À la terre témoin de ma vie attachée
À la tienne, avant que la mort ne t’ait couchée.

Si mes yeux sont battus, grièvement touchés,
C’est que, dans ce passé défunt, j’aime à chercher
Nos souvenirs communs et tout vifs écorchés.

Machado de Assis
(dans Poèmes du Brésil, choisis traduits et présentés par Bernard Lorraine)

*choix de la lectrice d’Armand Guillaumin

Ce que mots vous inspirent 1597

LAMBDIN (James Reid) - 1

N’est-il pas étrange de nous voir défendre plus farouchement nos erreurs que nos valeurs? (Khalil Gibran)

*toile de James Reid Lambdin

Poèmes du Brésil 2

GRECO

Poète, je le fus

Poète, je le fus. Et de l’âpre destin
Je ressentis très tôt la main pesante et dure.
Tristesse fut mon lot, plus qu’heureuse aventure
Et j’ai toujours marché comme erre un pèlerin.

J’ai donc vécu, à la douce folie enclin,
Elle qui trompe tant mais si peu de temps dure.
Je ne fais que pleurer ma destinée obscure,
La rigueur d’un passé, de douleur en chagrin.

Pourtant, comme aujourd’hui je me retrouve exempt
Des songes que je nourrissais en permanence,
Moi qui n’ai plus que des souvenirs pour tourment,

Je comprends mieux le sens de mon unique chance.
Car je n’aurai connu qu’un seul contentement :
Celui d’avoir chanté ce que fut ma souffrance.

José Albano
(dans Poèmes du Brésil, choisis traduits et présentés par Bernard Lorraine)

*choix de la lectrice de Greco

Ce que mots vous inspirent 1596

LAKE (Randall)

La perfection est atteinte, non pas lorsqu’il n’y a plus rien à ajouter, mais lorsqu’il n’y a plus rien à retirer. (Antoine de Saint-Exupéry)

*toile de Randall Lake

Poèmes du Brésil 1

GRANT (Nicolae)

Le colibri

Je m’étais habituée à le voir, chaque fois
Que pointait le matin, voler, d’humeur légère,
Pour poser ses baisers sur les fleurs d’un parterre
Au jardin où coulait une ambroisie de choix.

Et l’oiseau me semblait, je ne sais trop pourquoi,
Le génie de la nuit, sa rêverie dernière…
Il venait d’apporter aux roses la première
Caresse du soleil, dans l’air encor si froid.

Un jour il s’en alla, sans retour. Et moi, quand
Je me surpris à soupirer en contemplant
Avec tristesse mon jardin riant de sève,

Je me dis en songeant, pensive, à l’ancien temps :
« Peut-être, ô lourd d’amertume et de tourment
Ce colibri n’était-il alors que ton rêve? »

Auta de Sousa
(dans Poèmes du Brésil, choisis traduits et présentés par Bernard Lorraine)

*choix de la lectrice de Nicolae Grant

Coin de jardin à Montgeron

Coin-de-jardin-à-Montgeron-toile-de-Claude-Monet

Je ne suis pas une spécialiste de Claude Monet, mais je dois avouer que je connais une bonne partie de ses tableaux. Mais pas celui-ci, peint en 1876-1877, à Montgeron.
Une splendeur, rien de moins.

Ce que mots vous inspirent 1595

ERIKA - 2

Les projets sont les promesses de l’imagination faites au cœur. (Jean-Louis Valdoyer)

*toile d’Erika (dont toute trace a disparu)

Fleurs du midi 7

RAGUZ - 4

Je désire toujours

Avoir toujours gardé la candeur pour symbole,
Croire à tout sentiment noble et pur, et souffrir;
Mendier un espoir comme un pauvre une obole,
Le recevoir parfois, et longtemps s’en nourrir!

Puis, lorsqu’on y croyait, dans ce monde frivole
Ne pas trouver un cœur qui se laisse attendrir!
Sans fixer le bonheur voir le temps qui s’envole;
Voir la vie épuisée, et n’oser pas mourir!

Car mourir sans goûter une joie ineffable,
Sans que la vérité réalise la fable
De mes rêves d’amour, de mes vœux superflus,

Non! je ne le puis pas! non, mon cœur s’y refuse
Pourtant ne croyez pas, hélas ! que je m’abuse :
Je désire toujours… mais je n’espère plus!

Louise Colet, Fleurs du midi

*choix de la lectrice de Raguz