Ne pas forcer
À ne pas forcer la caresse du matin
qui sait si la peur ne finirait pas
par se casse toute seule
comme un soleil doux
Claire Genoux, Faire feu
*choix de la lectrice de William Merritt Chase
Ne pas forcer
À ne pas forcer la caresse du matin
qui sait si la peur ne finirait pas
par se casse toute seule
comme un soleil doux
Claire Genoux, Faire feu
*choix de la lectrice de William Merritt Chase
Quelle histoire inventera-t-il? C’est ce que nous saurons demain à la même heure lorsque je validerai les textes déposés sur la toile de dimanche dernier. Le vôtre sera-t-il parmi eux?
*toile d’Inaki Martinez Coco
Échos d’échos des longues plaines
Et les chansons des émigrants!
Où sont les refrains d’autres temps
Que l’on a chanté tant et tant?
Où sont les filles aux belles dents
Qui l’amour par les chants retiennent?
Et mes chansons? qu’il m’en souvienne!
Max Jacob, Le laboratoire central
*choix de la lectrice d’Aurelio Craffonara
Il y a des poissons, mais ce n’est pas un poisson d’avril. Plutôt une bien jolie scène signée Galla Yagorenka, envoyée de Russie par Elena, qui me donne envie de m’envoler!
L’art est la forme la plus élevée sous laquelle la vérité affirme son existence. (Georg Wilhelm Friedrich Hegel)
*toile d’Eastman Johnson
J’ai retrouvé Quimper où sont nés mes quinze premiers ans
Et je n’ai pas retrouvé mes larmes.
Jadis quand j’approchais les faubourgs blancs
Je pleurais jusqu’à me voiler les arbres.
Cette fois tout est laid, l’arbre est maigre et nain vert
Je viens en étranger parmi des pierres
Mes amis de Paris que j’aime, à qui je dois
D’avoir su faire des livres gâtent les bois
En entraînant ailleurs loin des pins maigres ma pensée
Heureuse et triste aussi d’être entraînée
Plutôt je suis de marbre et rien ne rentre. C’est l’amour
De l’art qui m’a fait moi-même si lourd
Que je ne pleure plus quand je traverse mon pays
Je suis un inconnu, j’ai peur d’être haï
Ces gens nouveaux qui m’ignorent, je crois qu’ils me haïssent
Et je n’ai plus d’amour pour eux, c’est un supplice.
Max Jacob, Le laboratoire central
*choix de la lectrice de Connie Chadwell
Au fond, on ne sait que lorsqu’on sait peu; avec le savoir croît le doute. (Johann Wolfgang von Goethe)
*toile de William Jennys
La nuit quand je pense à la poésie
Je ne peux pas, je ne peux pas dormir
Eau d’aurore
Les mots, ne les dissipez pas encore
— Tu les trouveras dans la rue
En allant revoir tes amis :
Entre le grand ciel triste et tout ce qui, gonflé,
Soupire, le miracle naîtra de la terre arrosée.
Max Jacob, Le laboratoire central
*choix de la lectrice de P.Carter
Mais lors en son temps
Brise qui se lève,
Dès le matin blanc
Dans le ciel monté,
Puis dans l’air qui bouge
Sa voix qui s’élève
Quand vient le soir rouge
Où le jour se tait,
Ici sur les toits
C’est le vent qui règne,
Comme sang qui baigne
Cœur où la vie bat.
Mais lors au clocher
Où temps ne fait grève,
Heures sonnant brèves
Ainsi qu’envolées,
Instant du départ
De nuit advenu
Et vin sur le tard
Alors qu’on a bu,
C’est marins, allés,
Un peu qui chavirent,
Là-bas sur les quais
Chercher leurs navires,
Et dans le silence
Rue alors entrée,
Et pour leur partance
Toute pavoisée.
Max Elskamp, La chanson de la rue Saint-Paul
*choix de la lectrice de Jose Luis Lazaro Ferre
© Lali 2025 – Tous droits réservés.
Fait avec amour (❤️) par WHC
Commentaires récents