Souffle le vent d’automne
La vieille valise prend le chemin de l’étagère
Et avec elle les souvenirs
Sôseki, Haïkus
*choix de la lectrice signée Heinrich Reifferscheid
Souffle le vent d’automne
La vieille valise prend le chemin de l’étagère
Et avec elle les souvenirs
Sôseki, Haïkus
*choix de la lectrice signée Heinrich Reifferscheid
Quelle jolie sirène que celle-ci, née de l’imagination de l’artiste Henry Clive que m’a envoyée Astrid. Ce sont sûrement de telles images qui ont fait que certaines personnes croient en l’existence des sirènes!
Vivre prudemment, sans prendre de risques, c’est risquer de ne pas vivre. (Wladimir Wolf Gozin)
*toile de Jan Worst
Nostalgie m’enveloppe
Pour le temps poétique
Robe de papier
Sôseki, Haïkus
*choix de la lectrice de Tibout Regters
Il ne faut pas de tout pour faire un monde. Il faut du bonheur et rien d’autre. (Paul Éluard)
*toile de Jacob van Rossum
Lune solitaire
Abandonnée à la nuit
Qui donc vous regarde
Sôseki, Haïkus
*choix de la lectrice de Tom Reed
Brise marine
L’hiver a défleuri la lande et le courtil.
Tout est mort. Sur la roche uniformément grise
Où la lame sans fin de l’Atlantique brise,
Le pétale fané pend au dernier pistil.
Et pourtant je ne sais quel arôme subtil
Exhalé de la mer jusqu’à moi par la brise,
D’un effluve si tiède emplit mon cœur qu’il grise;
Ce souffle étrangement parfumé, d’où vient-il?
Ah! Je le reconnais. C’est de trois mille lieues
Qu’il vient, de l’Ouest, là-bas où les Antilles bleues
Se pâment sous l’ardeur de l’astre occidental;
Et j’ai, de ce récif battu du flot kymrique,
Respiré dans le vent qu’embauma l’air natal
La fleur jadis éclose au jardin d’Amérique.
José-Maria de Heredia, Les trophées
*toile d’Otto Van Rees
Le récif de corail
Le soleil sous la mer, mystérieuse aurore,
Éclaire la forêt des coraux abyssins
Qui mêle, aux profondeurs de ses tièdes bassins,
La bête épanouie et la vivante flore.
Et tout ce que le sel ou l’iode colore,
Mousse, algue chevelue, anémones, oursins,
Couvre de pourpre sombre, en somptueux dessins,
Le fond vermiculé du pâle madrépore.
De sa splendide écaille éteignant les émaux,
Un grand poisson navigue à travers les rameaux;
Dans l’ombre transparente indolemment il rôde;
Et, brusquement, d’un coup de sa nageoire en feu
Il fait, par le cristal morne, immobile et bleu,
Courir un frisson d’or, de nacre et d’émeraude.
José-Maria de Heredia, Les trophées
*toile d’Esther Vienna
Fleur séculaire
Sur le roc calciné de la dernière rampe
Où le flux volcanique autrefois s’est tari,
La graine que le vent au haut Gualatieri
Sema, germe, s’accroche et, frêle plante, rampe.
Elle grandit. En l’ombre où sa racine trempe,
Son tronc, buvant la flamme obscure, s’est nourri;
Et les soleils d’un siècle ont longuement mûri
Le bouton colossal qui fait ployer sa hampe.
Enfin, dans l’air brillant et qu’il embrase encor,
Sous le pistil géant qui s’érige, il éclate,
Et l’étamine lance au loin le pollen d’or;
Et le grand aloès à la fleur écarlate,
Pour l’hymen ignoré qu’a rêvé son amour,
Ayant vécu cent ans, n’a fleuri qu’un seul jour.
José-Maria de Heredia, Les trophées
*toile de Franz von Defregger
Bretagne
Pour que le sang joyeux dompte l’esprit morose,
Il faut, tout parfumé du sel des goëmons,
Que le souffle atlantique emplisse tes poumons;
Arvor t’offre ses caps que la mer blanche arrose.
L’ajonc fleurit et la bruyère est déjà rose.
La terre des vieux clans, des nains et des démons,
Ami, te garde encor, sur le granit des monts,
L’homme immobile auprès de l’immuable chose.
Viens. Partout tu verras, par les landes d’Arèz,
Monter vers le ciel morne, infrangible cyprès,
Le menhir sous lequel gît la cendre du Brave;
Et l’Océan, qui roule en un lit d’algues d’or
Is la voluptueuse et la grande Occismor,
Bercera ton cour triste à son murmure grave.
José-Maria de Heredia, Les trophées
*toile de Linda Carter Holman
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Fait avec amour (❤️) par WHC
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