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En vos mots 499

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Comme c’est demain jour d’Halloween, la petite lectrice imaginée par l’illustratrice Anne Cécile Boutard s’est costumée pour l’occasion et a décidé de s’installer au pays de Lali pour la semaine, car elle adore lire vos poèmes et vos histoires. Et cette fois, c’est elle qui en sera l’héroïne, raison de plus pour elle et pour nous de se réjouir.

La suite vous appartient. Que déciderez-vous d’en faire? C’est ce que nous saurons dimanche prochain, lors la validation des textes en bloc. En vos mots vous appartient.

C’est vous qui faites vivre des tableaux, des illustrations et des sculptures livresques semaine après semaine. C’est vous qui illuminez tous les dimanches du pays de Lali.

Puisse cette illustration susciter de nombreux textes.

Vivement dimanche prochain pour la suite!

Un dimanche avec Paul Valéry 4

williams-albert

Féerie

La lune mince verse une lueur sacrée,
Toute une jupe d’un tissu d’argent léger,
Sur les bases de marbre où vient l’Ombre songer
Que suit d’un char de perle une gaze nacrée.

Pour les cygnes soyeux qui frôlent les roseaux
De carènes de plume à demi lumineuse,
Elle effeuille infinie une rose neigeuse
Dont les pétales font des cercles sur les eaux…

Est-ce vivre?… Ô désert de volupté pâmée
Où meurt le battement faible de l’eau lamée,
Usant le seuil secret des échos de cristal…

La chair confuse des molles roses commence
À frémir, si d’un cri le diamant fatal
Fêle d’un fil de jour toute la fable immense.

Paul Valéry, Poésies

*toile d’Albert Williams

Un dimanche avec Paul Valéry 3

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La caresse

Mes mains chaudes, baigne-les
Dans les tiennes… Rien ne calme
Comme d’amour ondulés
Les passages d’une palme.

Tout familiers qu’ils me sont,
Tes anneaux à longues pierres
Se fondent dans le frisson
Qui fait clore les paupières

Et le mal s’étale, tant,
Comme une dalle est polie,
Une caresse l’étend
Jusqu’à la mélancolie.

Paul Valéry, Poésies

*toile de Florent Willems

Un dimanche avec Paul Valéry 2

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Un feu distinct

Un feu distinct m’habite, et je vois froidement
La violente vie illuminée entière…
Je ne puis plus aimer seulement qu’en dormant
Ses actes gracieux mélangés de lumière.

Mes jours viennent la nuit me rendre des regards,
Après le premier temps de sommeil malheureux;
Quand le malheur lui-même est dans le noir épars
Ils reviennent me vivre et me donner des yeux.

Que si leur joie éclate, un écho qui m’éveille
N’a rejeté qu’un mort sur ma rive de chair,
Et mon rire étranger suspend à mon oreille,

Comme à la vide conque un murmure de mer,
Le doute -sur le bord d’une extrême merveille,
Si je suis, si je fus, si je dors ou je veille?

Paul Valéry, Poèmes

*toile de Marie Witte

Un dimanche avec Paul Valéry 1

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Quand elle a réalisé que c’est le 28 octobre 1871 que naissait le poète Paul Valéry, la jeune femme peinte par Harry Wilson Watrous s’est empressée de sortir des rayons son anthologie publiée sous le titre de Poésies. Pour ce dernier dimanche d’octobre, elle allait envoyer un poème de Paul Valéry à quelques-unes de ses correspondantes, en commençant par celui-ci :

Au bois dormant

La princesse, dans un palais de rose pure,
Sous les murmures, sous la mobile ombre dort,
Et de corail ébauche une parole obscure
Quand les oiseaux perdus mordent ses bagues d’or.

Elle n’écoute ni les gouttes, dans leurs chutes,
Tinter d’un siècle vide au lointain le trésor,
Ni, sur la forêt vague, un vent fondu de flûtes
Déchirer la rumeur d’une phrase de cor.

Laisse, longue, l’écho rendormir la diane,
Ô toujours plus égale à la molle liane
Qui se balance et bat tes yeux ensevelis.

Si proche de ta joue et si lente la rose
Ne va pas dissiper ce délice de plis
Secrètement sensible au rayon qui s’y pose.

Poèmes comme ça 3

de-maesschalck-jan-24

Accords

Des pieds nus enchantés
dans les naissantes herbes
graminées du solstice
nivéoles et cardamines.

Et l’on n’entendait pas
le murmure des trains
non plus que la rumeur
des usines et des grenouilles.

Car enfin pour toujours
la valse des pieds nus
avec ses étincelles
jaillies d’un argent pur
enchérissait sur les accords
des premiers trèfles blancs.

André Dhôtel, Poèmes comme ça

*choix de la lectrice de Jan De Maesschalck

Poèmes comme ça 2

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Chant

Le pêcher rose sur la vallée
garde le secret de ma vie.
Dans l’air transparent mon amie
ouvrait les volets du matin
rien que pour voir les fleurs mêlées
à l’aurore sur la vallée.

N’oublions jamais la maison
où pénétra l’amour patient
avec la brise lumineuse
de l’infini et du printemps.

André Dhôtel, Poèmes comme ça

*choix de la lectrice d’Ana de Lima

Ce que mots vous inspirent 1820

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Le rêve, ce n’est que la vie éperdument dilatée. (Jules Renard)

*toile de Philip Alexius de Laszlo

Poèmes comme ça 1

de-arquer-buigas-cayetano-2

Commencement

J’en ai assez d’écrire en prose
c’est vraiment trop déprimant
de rester égal à soi-même
en alignant des mots savants.

Si je commence un poème
je découvre le bonheur vrai
de ne jamais être obligé
de poursuivre la chanson.

Bien au contraire il faut rester
toujours au commencement
la poésie n’étant jamais
que ce qui ne va pas plus loin.

Une histoire bien sûr
mais qui ne se déroule pas
et nous laisse au bord d’un jour
sans savoir ce qui va
peut-être s’éclairer
parce que c’est la naissance
de ce qui ne fut jamais dit
et ne le sera jamais
rien qu’une lueur première
éblouissante et foudroyante.

André Dhôtel, Poèmes comme ça

*choix de la lectrice de Cayetano de Arquer Buigas

Quelle élégance!

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Cette toile signée Émile Vernon qu’a choisie Astrid à mon intention a quelque chose qui me plait décidément beaucoup. Est-ce le chapeau? Le fait qu’elle écrive? La tasse de thé? L’élégance de la dame?