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Un dimanche avec Maurice Carême 6

LYUBAROV (Vladimir)

Je ne vois pas pourquoi

Je ne vois pas pourquoi le temps
Ne ralentirait pas un peu,
Et l’espace, par jeu,
N’aurait pas un tapis volant.

L’infini ne me tente guère.
D’ailleurs, je ne le vois jamais.
S’il mourait à la guerre,
Qui de nous s’en apercevrait?

Quant à l’absolu, laissez-le
Sur son trône de poussière
Et de bois vermoulu
Croire qu’il mène l’univers.

Maurice Carême, Être ou ne pas être

*toile de Vladimir Lyubarov

Un dimanche avec Maurice Carême 5

LISMANN (Hermann)

Que voulez-vous?

Par amour, la statue sourit.
Personne ne le remarqua.
Hé! que voulez-vous! C’est la vie,
On est statue ou pas.

Les maisons sont faites de pierres.
Elles tombent malgré cela.
Que voulez-vous! C’est la matière,
On est maison ou pas.

N’empêche que, sur cette pierre
Et sur la statue que voilà,
J’écris avec de la lumière.
Que voulez-vous! C’est ma manière,
On est poète ou pas.

Maurice Carême, Être ou ne pas être

*toile d’Hermann Lismann

En vos mots 562

SILVA (Kessi Jo)

Même si on nous promet des températures clémentes au Québec dans les prochains jours, la lectrice illustrée par Kelsi Jo Silva s’est habillée pour contrer le froid et a fait provision de livres, car elle ne semble pas avoir l’intention de sortir.

Si vous lui teniez compagnie afin de nous parler un peu d’elle en vos mots? Nous nous ferons un plaisir de lire vos poèmes et histoires dimanche prochain au moment de la validation de ceux-ci.

D’ici là, bon dimanche et bonne semaine à tous!

Un dimanche avec Maurice Carême 4

LONG (Edwin)

Qui ne croit pas avoir raison!

On fait, hélas! Ce que l’on peut
Et non, dit-on, ce que l’on veut.

Le plus triste de tout cela,
C’est que j’aurai usé ma vie
À mettre des habits de soie
À de douteuses fantaisies.

Cette folie en vaut une autre
Bien qu’elle n’ait aucun blason.
Au fond, elle vaut bien la vôtre.
Qui ne croit pas avoir raison!

Maurice Carême, Être ou ne pas être

*toile d’Edwin Long

Un dimanche avec Maurice Carême 3

LEIGHTON (Edmund Blair) - 13

La fillette et le poème

« Le poème, qu’est-ce que c’est?
M’a demandé une fillette :
Des pluies lissant leurs longues tresses,
Le ciel frappant à mes volets,
Un pommier tout seul dans un champ
Comme une cage de plein vent,
Le visage triste et lassé
D’une lune blanche et glacée,
Un vol d’oiseaux en liberté,
Une odeur, un cri, une clé? »

Et je ne savais que répondre,
–Jeu de soleil ou ruse d’ombre? –
Comment aurais-je su mieux qu’elle
Si la poésie a des ailes
Ou court à pied les champs du monde?

Maurice Carême, Être ou ne pas être

*toile d’Edmund Blair Leighton

Un dimanche avec Maurice Carême 2

LE CASALE (F.)

Fuyez tous les chemins…

Fuyez tous les chemins,
Le meilleur ne vaut rien.

Écoutez votre cœur,
Il détient le bonheur.

Rester simple surtout
Comme un enfant qui joue

Assis sur une pierre
À l’ombre de sa mère.

Bon! ô certes, vous l’êtes,
Car, sur cette planète

Où le mal est partout,
Comment vivriez-vous?…

Maurice Carême, Être ou ne pas être

*toile de F. Le Casale (dont toute trace a disparu)

Un dimanche avec Maurice Carême 1

LA DELL HAYES (Arlene) - 2

Parce que je conserve un doux souvenir des poèmes de Maurice Carême appris enfant que je déclamais à voix haute, j’ai eu l’idée de relire quelques-uns de ses recueils. C’est ainsi que m’est venue l’idée de vous en offrir quelques-uns, tirés d’Être ou ne pas être, où il est largement question du rapport qu’entretenait le poète belge avec la poésie.

Se succéderont donc à tour de rôle des personnages entourant un lecteur à haute voix, en commençant par ceux peints par Arlene La Dell Hayes qui ont choisi ce poème :

Vous me faites rire

Que vous me faites rire
Avec vos mots abstraits!
Que croyez-vous saisir
D’essentiel dans leurs rets?

La vie aime se mettre
À table avec sa chaise
Et manger sans serviette
Son pain blanc bien à l’aise.

Pourquoi parlerait-elle
D’espace, d’infini?
N’a-t-elle assez de ciel
Pour remplir tous les nids?

Les poèmes d’Aïssa 3

DEY STACEY (Anna Lee)

Le jour et la nuit

Vois-tu, dit le jour, je n’ai rien à cacher
Au grand jour, on dévoile la vérité
On dit, qu’un jour, on se verra
Un jour ou l’autre, qu’on s’en ira

Tout le monde attend que je me lève
À mon arrivée, finissent les mauvais rêves

Aïssa Ouachek, Poèmes

*choix de la lectrice d’Anna Lee Dey Stacey

Les couleurs de Bonaire

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(toile de Kaya Grandi)

Avant de recevoir cette carte postale de la part de Rocky, en vacances dans les Antilles, je n’avais jamais entendu parler de Bonaire. L’île qui fait partie des îles-sous-le-Vent, a pourtant une longue et intéressante histoire depuis sa découverte par Amerigo Vespucci.
Les cartes postales n’en finissent pas de nous en apprendre, je ne le dirai jamais assez.

Les poèmes d’Aïssa 2

BIDDLE (Feng)

La tristesse

Elle est la compagne du chagrin
Elle envahit les cœurs en déclin
Elle empêche l’être d’être serein
Elle fait déborder les cœurs pleins

Elle rend mélancolique, la tristesse
Elle fait pleurer à la moindre caresse

Aïssa Ouachek, Poèmes

*choix de la lectrice de Feng Biddle