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En vos mots 617

KEAY (Claire)

Qu’ont fait comme trouvailles les personnages de l’illustratrice de livres pour enfants Claire Keay? C’est ce que nous saurons dimanche prochain, et pas avant, alors que tous les textes déposés seront validés d’un coup.

Vous avez donc amplement le temps d’écrire un poème ou une courte nouvelle d’ici là, et de lire les trois textes déposés sur la scène livresque de dimanche dernier, et même de les commenter!

Bon mois de février, bonne semaine et bon dimanche à tous!

Les poésies de Georges 3

ROUSSET (Gilles) - 3

J’aimais bien ces dimanches
silencieux pudiques
où toi tu travaillais
Et moi dans l’autre chambre
lentement j’écrivais.

J’aimais bien ces silences
J’aimais bien ne rien dire
Être là simplement
Laisser le temps mûrir
Et l’esprit nous unir

Georges Haldas, Poésies complètes

*choix de la lectrice de Gilles Rousset

Les poésies de Georges 2

KROTOV (Yuri) - 6

Sans feu ni lieu j’arrive
au bout de ce voyage
Ne me demandez rien
Je n’ai pas de bagages…

Georges Haldas, Poésies complètes

*choix de la lectrice de Yuri Krotov

Ce que mots vous inspirent 2406

HAENRAETS (Willem) - 13

Parler, ce n’est pas seulement nommer, rendre compte du réel; c’est aussi, le façonner, l’interpréter et l’inventer. (Nancy Huston)

*toile de Willem Haenraets

Les poésies de Georges 1

UESUGI (Tadahiro) - 7

Il pleut, quand tu es là,
de la plus douce pluie
Sur l’arbre sur la fleur
Il pleut sur ce qui meurt et ne meurt pas II pleut
sur toute absence et même
sur cette plaie légère
qu’on appelle présence
Il pleut sur nos dimanches
Sur les feuillages nus
Il pleut sur ce qui fut
la cendre et le courage
Sur le vin sur l’aurore
sur tout ce qu’on partage
Tu es la douce pluie
Et je suis le rivage

Georges Haldas, Poésies complètes

*choix de la lectrice de Tadahiro Uesugi

Ce que mots vous inspirent 2405

GORDON (Edward B.) - 71

Oui, il y a une fissure dans chaque chose, dans chaque être humain, et c’est par cette faiblesse, par cette plaie vive que la lumière entre. (Stéphanie Pelletier)

*toile d’Edward B. Gordon

Les vers d’Ilia 2

HILL (Janet) - 27

Directions

Je marchais ou je me traînais
par les vertes vallées, par les ciels de plomb,
ou mon cap s’enlisait
par la route, avec des musiques celtes
tandis que les automobiles passaient
écrasant tant et plus
mes jambes fatiguées.
Je me colletais, gris, avec les brumes
quand soudain je trouvai la statue de pierre,
sorcière ou fée gaélique,
et je pensai, regard ami,
répond sphinx gelé; je m’appelle question.
Je regardais seulement, et mes yeux trouvèrent
en nageant son baiser sincère et pétrifié,
mais là gisait son visage tranquille;
j’imaginai le soleil une fois encore,
je me levai et courus plus fort
les chemins infinis
– il pleuvait –,
J’emportai le baiser cousu dans la jointure de mes doigts
et une épée brisée me suivait.

Ilia Galan, Un autre jour se lève

*toile de Janet Hill

Ce que mots vous inspirent 2404

GLATZ (Oszkar) - 13

Trouver un mot est un plaisir tout aussi exquis que celui de reconnaître une odeur. (Annie-Claude Thériault)

*dessin d’Oszkar Glatz

Les vers d’Ilia 1

GRABER (Carrie) - 13

Sombres yeux qui brillent
dans l’aube
occultes.
Grottes de mon âme.

Oiseaux rêvés
qui ne volent pas les nuits
par-dessus les jours
pour se poser sur le soleil.
Plus jamais.

Jours sans lumière,
nuages sans eau
gris
sans le noir de la nuit
sans le blanc de l’éclair.

Et la marche d’une journée
qui s’allonge
sans autre raison que la violence
de chaque existence,
luttant pour lutter,
affirmant sans raison
le pourquoi éternel qui dépasse tous les buts :
Vivre.

Ilia Galan, Un autre jour se lève

*toile de Carrie Graber

Ce que mots vous inspirent 2403

TASLITZKY (Boris) - 6

Dans la vie de tous les poètes, il y a une période pénible, entre chien et loup, où l’homme est pour ainsi dire enceint de son œuvre. Il la porte en lui et ne s’en est pas encore libéré, ne l’a pas accouchée. Alors, son talent n’est que potentialité, fantasme, et le poète se débat dans cette irréalité de sa nature d’artiste; il a l’impression que l’environnement extérieur est la négation permanente de son idéal. (Alexandre Lacroix)

*toile de Boris Taslitzky