Coquelicots
Au soleil
écarlate
il exulte
comme le chant
du coq.
Frédéric Jacques Temple, Dans l’erre des vents
*choix de la lectrice d’Emil Pap
Coquelicots
Au soleil
écarlate
il exulte
comme le chant
du coq.
Frédéric Jacques Temple, Dans l’erre des vents
*choix de la lectrice d’Emil Pap
Le changement est une porte qui ne s’ouvre que de l’intérieur. (Tom Peters)
*toile de Samuel van Hoogstraten
Vénus
Claire planète solitaire
lumineuse comme une étoile
elle émerge de la terre
à l’heure où les bergeries
préparent pour la nuitée
les ouailles encore enivrées
des étreintes du soleil.
Frédéric Jacques Temple, Dans l’erre des vents
*choix de la lectrice d’Ion Musceleanu
Tel le vent
Le poème libre en lui-même
tel le vent dans sa royauté
ouvre à loisir sa route
au cœur du monde.
Frédéric Jacques Temple, Dans l’erre des vents
Quand les éclairs transpercent la nuit, c’est que le ciel est en train de rêver… (Michaël Halimi)
*toile de Damian Loeb
L’avenir sans un pli glisse vers le passé
Le jour nous dévisage et le temps, espacé.
La lumière colore avec exactitude
Tout ce qui vit et se reforme en sa multitude.
Où rien, n’apparaissait qu’un peu d’herbe sans nom
Renaissent le cheval, le coq et le lion,
Le poisson redevient marin et l’eau, profonde,
De tous côtés accourt la sagesse du monde.
Chacun reprend sa place et retrouve son cœur,
Pour l’innocent combat pas un seul déserteur!
Sans armes vient de loin une baleine blanche.
Qu’il est loin le harpon qui d’un côté vous penche!
Ô gravité de vivre, impasse qui délivre,
Comme on est plus profond d’avoir touché le fond!
Jules Supervielle, Escalier
*choix de la lectrice d’Emmanuelle Pommier
Parce que je me souviens d’une année où fin février je me préparais à partir pour Paris pour y voir le printemps, j’ai choisi de vous offrir cette toile de Robert Ricart afin que vous nous racontiez en vos mots l’un de vos séjours à Paris, ce que vous y avez lu, quels parcs et musées vous avez visités, dans quelles librairies vous avez fait des trouvailles. Pour le plaisir de vous raconter et de partager.
Et comme le veut l’habitude, aucun commentaire ne sera validé avant sept jours, ce qui vous donne amplement le temps d’écrire quelques lignes et de lire les textes qui ont été déposés sur l’illustration de dimanche dernier, et même de les commenter.
D’ici là, bonne dernière semaine de février à tous!
Shéhérazade parle
Pour que du fond de mon mourir
Je vienne à pas précipités,
Que de portes il faut ouvrir
Et que de rideaux écarter!
Que de silence à remonter
Pour changer mes étoiles noires
En votre vivante clarté,
Pour que du fond de mon espoir
Je vienne à pas de vérité!
Après avoir vécu de contes
Plus véridiques que l’histoire
Que d’une voix qui vous affronte,
Ma mémoire vous donne à boire!
Et ne soyez pas étonnés,
Moi qui étais si éloignée,
Si je suis là de plus en plus,
Si vous croyez ce que j’ai cru.
Veuille m’aider, ô poésie,
À franchir le cercle de vie,
Toi qui rassembles tous les temps
Dans ce qu’ils ont de ressemblant,
Les visages n’ont pas changé
Et nul ne me semble étranger.
Écoutez donc, mes nouveaux frères,
Comment les choses se passèrent,
Comment abordent le présent
Ces contes de la nuit des temps.
Jules Supervielle, Escalier
*choix de la lectrice de Claartje van der Linden
Il est toujours agréable de recevoir une carte postale mettant en vedette un héros de livre pour enfants.
Ici, le petit tigre créé par Janosch.
L’ange des catacombes
Ange bossu des catacombes,
O toi le plus humain de tous,
Toi qui sais vivre dans un trou,
Gloire ni nimbe ne t’incombent.
Tu es un ange dépouillé
Et de boue un peu barbouillé,
Ne te servant pas de tes ailes
Et n’en tirant nulle fierté,
D’autant plus proche qu’empoté
Tu ne lances pas d’étincelles.
Tu es courbé, non accablé,
Sous ton ciel bas et fait de terre.
Ta méditative lumière
T’éclaire jusqu’à t’étoiler,
Ange des tristes circonstances,
Ange de la maigre pitance
Quand l’homme est entouré de murs
Qui l’encerclent, le recommencent,
Toi qui voûté par un ciel dur
Dresses la lance d’un cœur pur.
Ange toujours dans sa rumeur
Comme une source bienfaisante,
Ange poussant comme une plante
Auprès de l’implorant malheur.
Dans un trop-plein de charité
Tu fais face de tous côtés,
Sans avoir à te morceler
Ni t’inquiéter, tous tu nous hantes.
Ton miracle, ô doux entêté,
C’est d’être là quand tu t’absentes.
Jules Supervielle, Escalier
*choix de la lectrice d’Ebba Holm
© Lali 2025 – Tous droits réservés.
Fait avec amour (❤️) par WHC
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