Le sommeil est ce sable
qui te recouvre
et qui te paralyse
avec chaleur, avec douceur.
Et tu sombres
en ton propre corps.
Jacques Izoard, J’apprenais à écrire, à être
*choix de la lectrice de William Winter
Le sommeil est ce sable
qui te recouvre
et qui te paralyse
avec chaleur, avec douceur.
Et tu sombres
en ton propre corps.
Jacques Izoard, J’apprenais à écrire, à être
*choix de la lectrice de William Winter
Mot à mot, le poème
devient mur, brique à brique.
Ainsi s’élève
le mausolée du vent.
Jacques Izoard, J’apprenais à écrire, à être
*choix de la lectrice de Giuseppe Malagodi
Perdre la mémoire, c’est perdre le contact avec le monde. (Julian Gloag)
*toile de Lionel Charles Henley
Nous nous frottions, nous nous aimions.
Nous buvions l’eau ensemble.
Et des torrents nous emportaient.
Nous enfourchions cent voyages.
Nous n’avions pas prévu
les jours qui passent.
Jacques Izoard, J’apprenais à écrire, à être
*choix de la lectrice de Gennady Myznikov
Une lettre
Notre vie est désormais une lettre
porteuse d’un important message
dont l’expéditeur et le destinataire
se sont perdus parmi les vagues de réfugiés.
Pourtant la lettre va et vient
d’un bureau de poste à l’autre
sans que nul ne l’ouvre
sans que nul ne la jette
barrée toujours de la mention « urgent' »
avec les noms pâlis des deux côtés
que les postiers seuls prononcent
comme les savants dans les laboratoires
disent les noms d’espèces disparues.
Titos Patrikios, dans Anthologie de la poésie grecque contemporaine
Dinos Christianopoulos, dans Anthologie de la poésie grecque contemporaine
*choix de la lectrice de Jesus Rodriguez de la Torre
Tout le monde se plaint de sa mémoire, et personne ne se plaint de son jugement. (François de La Rochefoucauld)
*toile de Tibout Regters
Soirée
C’était une belle soirée, nous bavardions sur le trottoir
à n’en plus finir.
Les oiseaux chantaient, les gens passaient, les voitures filaient
A la fenêtre en face la radio jouait des rebetikas,
la fiancée du voisin fredonnait son mal d’amour.
L’acacia perdait ses feuilles, le jasmin embaumait,
Les garçons jouaient à cache-cache près du parc
et les filles sautaient à la corde –
ils jouaient, ne sachant rien de la mort,
ils jouaient , ne sachant rien du remords,
et je les ai soudain aimés, les humains ce soir-là,
beaucoup aimés, je ne sais pourquoi, comme avant
d’aller mourir.
Dinos Christianopoulos, dans Anthologie de la poésie grecque contemporaine
*choix de la lectrice de George Van Hook
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Fait avec amour (❤️) par WHC
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