La lecture commence les yeux fermés. (Yvon Rivard)
*toile d’Ulrich Bittman
À ce toi en moi
Qui es-tu qui en moi es ce toi qui est moi?
Qui en toi est un peu de ce moi qui te voit?
Qui vois-tu en ce toi qui est moi bien plus que toi
Que ce moi qui en moi se voit
Comme un toi vivant de ce moi qui est nous?
Qui sommes-nous
Quand nos moi se regardent comme deux toi
À saveur d’un moi?
Suis-je un moi plus moi sans le toi qui est toi?
Pierre Morency, Amouraska
*choix de la lectrice de Daryl Zang
Pour endurer l’horrible poids
Qui menace chacun de nos pas
Sur ce domaine où es chances prolifèrent,
Il suffit parfois de boire un peu de poésie
Et de plonger ses yeux dans l’épaisseur du matin.
Pas nécessaire de saisir la clé des champs
Ni de s’amincir en de vertes espérances.
La mer qui nous convie est une mer de feu.
Pierre Morency, Amouraska
*choix de la lectrice signée Heidi Berger
Seul le fantastique a des chances d’être vrai. ((Pierre Teilhard de Chardin)
*illustration de Jérémie Fleury
Le plus dur de ce monde est dans l’être
Exilé d’un rêve de clarté.
L’amour est sans demeure à qui
N’a pas inventé sa voix et sa mesure.
Pierre Morency, Amouraska
*choix de la lectrice de Connie Chadwell
Votre mesure dans le temps est cet amour
Où l’un avec l’autre vous êtes sur terre
Pour accomplir un ouvrage au goût humain
Et puis partir en saluant ce qui s’en va et ce qui vient.
Pierre Morency, Amouraska
*choix de la lectrice de Dan Beck
Aimer la littérature, c’est refuser que la beauté soit mise entre parenthèses. (Claude Roy)
*toile de Pierre Boncompain
Diamant du cœur
Tout amoureux, de sa maîtresse,
Sur son cœur ou dans son tiroir,
Possède un gage qu’il caresse
Aux jours de regret ou d’espoir.
L’un d’une chevelure noire,
Par un sourire encouragé,
A pris une boucle que moire
Un reflet bleu d’aile de geai.
L’autre a, sur un cou blanc qui ploie,
Coupé par derrière un flocon
Retors et fin comme la soie
Que l’on dévide du cocon.
Un troisième, au fond d’une boîte,
Reliquaire du souvenir,
Cache un gant blanc, de forme étroite,
Où nulle main ne peut tenir.
Cet autre, pour s’en faire un charme,
Dans un sachet, d’un chiffre orné,
Coud des violettes de Parme,
Frais cadeau qu’on reprend fané.
Celui-ci baise la pantoufle
Que Cendrillon perdit un soir;
Et celui-ci conserve un souffle
Dans la barbe d’un masque noir.
Moi, je n’ai ni boucle lustrée,
Ni gant, ni bouquet, ni soulier,
Mais je garde, empreinte adorée
Une larme sur un papier :
Pure rosée, unique goutte,
D’un ciel d’azur tombée un jour,
Joyau sans prix, perle dissoute
Dans la coupe de mon amour!
Et, pour moi, cette obscure tache
Reluit comme un écrin d’Ophyr,
Et du vélin bleu se détache,
Diamant éclos d’un saphir.
Cette larme, qui fait ma joie,
Roula, trésor inespéré,
Sur un de mes vers qu’elle noie,
D’un œil qui n’a jamais pleuré !
Thophile Gautier, Diamants et camées
*choix de la lectrice signée Hilary Miller
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Fait avec amour (❤️) par WHC
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