Les « impressions » sont des empreintes du monde, de même que le monde est imprimé de nos perceptions. (Julia Kristeva)
*toile de Pierre-Yves Machenaud
Les « impressions » sont des empreintes du monde, de même que le monde est imprimé de nos perceptions. (Julia Kristeva)
*toile de Pierre-Yves Machenaud
Maintenant que les mots ne viennent plus
que le sable a comblé
la place du marché
que le temple est vide
Tu redeviens l’étranger
par qui l’inquiétude ancienne
psalmodie ses silences
sur nos mémoires effrangées
Vieille idole sacrifiée
tu retournes
dans les limbes sans coup
de feu sans intrigues
Alors parmi les ombres il ne restera
sur la piste muette
au centre du cercle rompu
que la silhouette d’un homme seul
un danseur
virevoltant
sur une valse
à quatre temps
Fulvio Caccia, Lilas
*choix de la lectrice de Laura Lacambra Shubert
Chaque fois que nous enseignons quelque chose à un enfant, nous l’empêchons de le découvrir par lui-même. (Jean Piaget)
*illustration d’Arthur Rackham
Puisqu’il faut être là
sans ambages et tout d’une pièce
devant toi
Ne feins pas l’indifférence
du siècle déclinant
Reste je t’en prie
Je mettrai mes pas dans les tiens
Nous échangerons
nos atomes nos paroles
et le monde recommencera
Peut-être
Fulvio Caccia, Lilas
*choix de la lectrice de Marisa Roesset y Velasco
Fan d’Annie Hall et de Simon & Garfunkel, la dessinatrice Danielle Gundry-Monji, dont voici quelques scènes livresques, habite San Francisco. Elle est aussi connue sous le nom de Bunny Mountain.
La couleur est fixe, le mot a des bornes, la langue musicale est infinie. (Honoré de Balzac)
*toile de William Holman Hunt
absolument nôtre
de nos intimes effervescences
ignorer le remous
cet élément d’absolu ancré en nous
muet comme la eau du tambour
en absence du batteur
temps d’avant-parole
où l’on croit entendre les balbutiements
des premières incantations
pincées de silence et d’éternité
dans la gemme initiale de chaque syllabe
pétille l’incertitude
Maurice Cadet, À voix basse
*choix de la lectrice signée Hermann Heiss
Il y a des choses que je ne comprendrai décidément jamais. Même avec la meilleure volonté du monde et en faisant preuve de toute la compréhension possible. En effet, est-il si compliqué que ça de transcrire des données d’un document à l’autre sans ajouter des S où il n’y en avait pas ou sans transformer les millions en milliards? Est-il impensable d’imaginer que les noms des intervenants cités pourraient un jour être orthographiés correctement?
Je ne parle pas uniquement des erreurs grossières — voire énormes — que je trouve dans les documents que je révise, mais aussi de celles qui font de plus en plus légion dans les articles des journaux et magazines, dans des communiqués destinés au grand public émanant de ministères, et même dans des programmes de spectacle d’orchestres reconnus.
Est-il vraiment insensé de rêver qu’un jour on pourra se fier à ce qu’on lit? J’en doute. Et ce, de plus en plus. Hélas.
*sculpture de Ron Ulicny
Chaque homme sait une quantité prodigieuse de choses qu’il ignore qu’il sait. (Paul Valéry)
*toile d’Alice Neel
samedi matin
ton visage est toujours dans mes yeux
ton corps a déjà disparu
tout le long du parc portuaire
le fleuve soigne sa plissure verdâtre
j’ai le visage fissuré
par le souffle du vent d’automne
au bout de mes doigts
inscrit en chiffres gras
ton numéro de téléphone tourne
sans raison
je l’ai déchiqueté
jetant dans l’eau qui coule
tout plaisir de te revoir
à contre-courant
les liaisons refusées
poignée de confettis
Maurice Cadet, À voix basse
*choix de la lectrice de Joshua Reynolds Gwatkin
© Lali 2025 – Tous droits réservés.
Fait avec amour (❤️) par WHC
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