Wishing Will Make It So
*pour les personnages de Giovanni Boldini
C’est le 16 décembre 1944 que disparaissait le tromboniste et chef d’orchestre Glenn MIller, ce qui a donné l’idée aux personnages de Willem Haenraets de réunir quelques musiciens (avec partition, bien entendu, pour que la lecture, le thème de prédilection du pays de Lali, soit présente) afin de nous faire entendre quelques-uns des titres de ce musicien qui était et demeure une inspiration.
Et pour bien commencer cette journée, l’incontournable Chattanooga Choo Choo.
ce n’est ni le jour ni la nuit
quand la lumière de midi fabrique des ombres
que l’heure de rentrer n’étire pas
quand le désir s’accommode de remises
à plus tard
quand le sommeil n’endort que le regret
de ne pas faire autrement
ce n’est que la cadence de l’ennui
la revanche qui prend le temps d’après
sur le temps d’aimer
Luc LaRochelle, Ni le jour ni la nuit
*choix de la lectrice de Christoffel Bisschop
Voyelle
nom composé
de deux syllabes accoudées à ta nuit
Consonne
adjectif qualificatif
du printemps
en marge de tes mains
Voyelle
verbe sensitif s’entrelaçant
dans les onomatopées de ton cou
Consonne
mot mis en apposition sur mon être
exposé à la brûlure de tes lèvres
Symphonies
le blues de tes yeux fredonne
la seule ballade
adossée au temps
que tant est ta musique
Que de délices ont poussé
au jardin de l’enfant
à l’aurore d’un baiser
Franz Benjamin, Dits d’errance
*choix de la lectrice de John Singer Sargent
La capacité à accepter la réalité distingue ceux que l’adversité renforce de ceux que l’adversité brise. (Bill Bonanno)
*illustration de Jean-Pierre Gibrat
Que vaut un soupir
quand l’existence
en cavalcade
n’a plus ton odeur
Que vaut une prière
si mes genoux abattus
ont oublié l chemin
menant à tes pieds
Que vaut une larme
quand elle n’est pas versée
au creux de tes bras
Que vaut un cri
s’il n’est pas lacéré
à ton corps
en bataille
Que vaut un sourire
quand ton visage-péristyle
de toutes les tendresses
n’en porte pas le reflet
Que vaut une caresse
si elle n’est pas livrée
à ton cœur
dans toute sa splendeur
Que vaut la nuit
quand elle n’est pas embrasée
par tes doigts feux doux
Que vaut mon amour
s’il n’a pas ton regard pour miroir
Dis
Que vaut tout ça mon amour
Franz Benjamin, Dits d’errance
*choix de la lectrice de Charles Chaplin
Plus que quelques heures. Trois, environ.
Et sonnera l’heure des vacances.
L’heure des livres.
L’heure des blogues amis.
L’heure de quelques promenades.
Plus que trois heures et je serai en vacances jusqu’au 2 janvier.
Puissent-elles passer vite. Très vite.
(Les heures, pas les vacances.)
*toile de Bertrand Daulé
En raisonnant à la vitesse de la lumière, nos enfants gagnent une souplesse d’esprit remarquable. Mais ils perdent en même temps le sens de l’épaisseur des choses. (Hélie de Saint Marc)
illustration de Komako Sakaï
Notre chemin
est une allée de verres
construite au milieu du vent
Au midi des romances
j’ai offert
mes cactus
à la pluie
à l’espérance
qui m’a conduit à toi
Notre chemin
étroite étreinte
immobile dortoir
du temps félin
De brasier en brousse
j’ai tracé
dans le bleu de tes mains
une écharpe d’eau douce
Pages et roses
semés au hasard du voyage
nos pas brûlés voguent
vers le sentier du silence
Frêle comme l’amour
notre chemin s’épuise
jusqu’à l’oubli
Franz Benjamin, Dits d’errance
*choix de la lectrice de Pierre-Auguste Renoir
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Fait avec amour (❤️) par WHC
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