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Un dimanche avec Glenn Miller 3


Wishing Will Make It So

*pour les personnages de Giovanni Boldini

Un dimanche avec Glenn Miller 2


Blueberry Hill

*pour la pianiste de Daniel Plante

Un dimanche avec Glenn Miller 1

C’est le 16 décembre 1944 que disparaissait le tromboniste et chef d’orchestre Glenn MIller, ce qui a donné l’idée aux personnages de Willem Haenraets de réunir quelques musiciens (avec partition, bien entendu, pour que la lecture, le thème de prédilection du pays de Lali, soit présente) afin de nous faire entendre quelques-uns des titres de ce musicien qui était et demeure une inspiration.

Et pour bien commencer cette journée, l’incontournable Chattanooga Choo Choo.

Ni le jour ni la nuit 1

ce n’est ni le jour ni la nuit
quand la lumière de midi fabrique des ombres
que l’heure de rentrer n’étire pas
quand le désir s’accommode de remises
à plus tard
quand le sommeil n’endort que le regret
de ne pas faire autrement

ce n’est que la cadence de l’ennui
la revanche qui prend le temps d’après
sur le temps d’aimer

Luc LaRochelle, Ni le jour ni la nuit

*choix de la lectrice de Christoffel Bisschop

Les vers de Franz 3

Voyelle
nom composé
de deux syllabes accoudées à ta nuit

Consonne
adjectif qualificatif
du printemps
en marge de tes mains

Voyelle
verbe sensitif s’entrelaçant
dans les onomatopées de ton cou

Consonne
mot mis en apposition sur mon être
exposé à la brûlure de tes lèvres

Symphonies
le blues de tes yeux fredonne
la seule ballade
adossée au temps
que tant est ta musique

Que de délices ont poussé
au jardin de l’enfant
à l’aurore d’un baiser

Franz Benjamin, Dits d’errance

*choix de la lectrice de John Singer Sargent

Ce que mots vous inspirent 819

La capacité à accepter la réalité distingue ceux que l’adversité renforce de ceux que l’adversité brise. (Bill Bonanno)

*illustration de Jean-Pierre Gibrat

Les vers de Franz 2

Que vaut un soupir
quand l’existence
en cavalcade
n’a plus ton odeur

Que vaut une prière
si mes genoux abattus
ont oublié l chemin
menant à tes pieds

Que vaut une larme
quand elle n’est pas versée
au creux de tes bras

Que vaut un cri
s’il n’est pas lacéré
à ton corps
en bataille

Que vaut un sourire
quand ton visage-péristyle
de toutes les tendresses
n’en porte pas le reflet

Que vaut une caresse
si elle n’est pas livrée
à ton cœur
dans toute sa splendeur

Que vaut la nuit
quand elle n’est pas embrasée
par tes doigts feux doux

Que vaut mon amour
s’il n’a pas ton regard pour miroir

Dis
Que vaut tout ça mon amour

Franz Benjamin, Dits d’errance

*choix de la lectrice de Charles Chaplin

Puissent-elles passer vite

Plus que quelques heures. Trois, environ.
Et sonnera l’heure des vacances.
L’heure des livres.
L’heure des blogues amis.
L’heure de quelques promenades.

Plus que trois heures et je serai en vacances jusqu’au 2 janvier.
Puissent-elles passer vite. Très vite.
(Les heures, pas les vacances.)

*toile de Bertrand Daulé

Ce que mots vous inspirent 818

En raisonnant à la vitesse de la lumière, nos enfants gagnent une souplesse d’esprit remarquable. Mais ils perdent en même temps le sens de l’épaisseur des choses. (Hélie de Saint Marc)

illustration de Komako Sakaï

Les vers de Franz 1

Notre chemin
est une allée de verres
construite au milieu du vent

Au midi des romances
j’ai offert
mes cactus
à la pluie
à l’espérance
qui m’a conduit à toi

Notre chemin
étroite étreinte
immobile dortoir
du temps félin

De brasier en brousse
j’ai tracé
dans le bleu de tes mains
une écharpe d’eau douce

Pages et roses
semés au hasard du voyage
nos pas brûlés voguent
vers le sentier du silence

Frêle comme l’amour
notre chemin s’épuise
jusqu’à l’oubli

Franz Benjamin, Dits d’errance

*choix de la lectrice de Pierre-Auguste Renoir