Des livres à profusion. Des pièces remplies de livres. Des livres qui ouvrent sur le monde. Voilà ce que propose l’illustrateur italien Andrea Musso. Pour mon plus grand plaisir. Et peut-être le vôtre.
Des livres à profusion. Des pièces remplies de livres. Des livres qui ouvrent sur le monde. Voilà ce que propose l’illustrateur italien Andrea Musso. Pour mon plus grand plaisir. Et peut-être le vôtre.
Mais qui donc a déposé ces mots? À qui sont-ils destinés? Serait-ce à la toile de la semaine?
*toile de Gürbüz Do?an Ek?io?lu
La chanson
(extrait)
Dans un monde étrange voici qu’elle s’éveille
De son tendre rêve d’enfant.
D’une ancienne chanson son cœur chante et s’enchante,
Chanson de son foyer d’antan.
Par la rumeur des rues dans cette métropole,
Gouffre d’inquiétude et d’effroi
Elle s’en va portant son chant, le flux des foules
Souffle sur elle un vent de froid.
Elle porte son chant par les rumeurs d’usine,
Ennui, contrainte, accablement
Qui défont peu à peu toute fête en son âme
Sous un jour trop lourd et trop lent.
Anxieuse elle va portant son chant de fête
Dans la bousculade du train,
Le cœur plein d’un chant pur elle s’accroche aux narres
Salies par tant et tant de mains.
Elle retrouve au soir ses murs vides, sa chambre
Aussi étroite qu’un tombeau,
Pleure en elle son chant des larmes de silence,
Solitaire et secret sanglot.
Étrangers à ses yeux ses pleurs de lassitude,
Ses pleurs en son lit s’épanchant,
Son cœur fond de souffrance et de mélancolie,
Et meurt en son âme le chant.
Avrom Liessin (1872-1938)
(Anthologie de la poésie yiddish)
*choix de la lectrice de Robin d’Arcy Shillcock
Il m’arrive, et cela de plus en plus souvent, de perdre pied devant la façon de réagir de certaines personnes. De me demander où sont passés le dévouement, l’empathie et la compassion qui n’étaient pas des valeurs rares il y a si peu de temps. De choisir de me taire plutôt que de relever certaines affirmations. Pour éviter le débat. Parce que je n’ai plus la force de me battre comme les inepties, la méchanceté des gens, l’hypocrisie humaine. Elles sont si présentes. Certains jours, envahissantes.
Il m’arrive d’ouvrir un livre pour oublier. Pour trouver dans les personnages des livres un peu de cette humanité qui semble avoir disparu du cœur de tellement de gens. Et de ne pas avoir envie de le fermer. Parce que la réalité des livres est plus douce que ce qui se déroule hors d’eux.
*toile de Nell Blaine
Le parcours de l’existence est un toboggan lancé à toute allure qui parfois ralentit on ignore pourquoi. (Dominique Rolin)
*toile d’Anastassia Elias
Le monde des choses a rétréci
non pas nos sentiments
Au lieu de nos rencontres
une lumière verticale
nous étreint
jusqu’à la transparence
Isabelle Courteau, Mouvances
*choix de la lectrice de Marie Bashkirtseff
Certains des lecteurs sont extraits de la littérature, vous les reconnaîtrez sûrement. D’autres sont nés de l’imagination de l’artiste polonaise Joanna Pasek. N’hésitez pas à faire le tour de sa galerie.
Finalement, les moments exceptionnels sont rares; ce sont les détails qui font le bonheur au quotidien. (Annabel Buffet)
*illustration de Deirdre Gill
Au juste-été
sentiments trop vifs
aveugles
me font aimer haïr
et Je
est arrachement
puis retournement
Il appelle
le ciel du ciel
le soleil du soleil
l’arbre de l’arbre
au creux de l’écho
telle une blessure qui se mouille
eau de la plus douce eau
Isabelle Courteau, Mouvances
*choix de la lectrice de Carl Theodor Von Blaas
Dans le milieu littéraire, on l’appelle le Galligrasseuil. Pour le commun des mortels, c’est le prix Goncourt. Le plus connu de tous les prix littéraires du monde francophone et le plus payant pour son éditeur, et quelquefois son auteur.
Or, des prix littéraires, il y en a des milliers. La moindre région, voire la plus petite municipalité, en a un. Les salons du livre aussi. Les revues littéraires, les journaux, les chaînes de radio, les librairies. Tout le monde décerne des prix. Mais à quel prix?
En effet, toute la question est là. Ces nombreux prix qu’on donne à la pelle pour donner de l’importance non à l’auteur mais à celui ou ceux qui le décernent qui voient là une façon d’ajouter de la visibilité à leur région, leur salon de livre, leur école ou même leur club de lecture, sont-ils remis au meilleur texte (publié ou non, selon le prix) ou au moins mauvais?
Il me semble avoir vu des titres couronnés qui ne méritaient aucunement de l’être. Étaient-ils les moins mauvais de ceux soumis aux différents jurys plutôt que les meilleurs?
C’est à se le demander. Sérieusement. Même si personne ne veut l’admettre. Je lève donc mon chapeau à tout jury qui préfère ne pas remettre de prix une année parce qu’aucun texte ne répond aux critères de qualité requis plutôt que de l’attribuer au moins mauvais. Il y a de fortes chances pour que le prochain lauréat d’un tel prix le mérite. Lui.
*toile de Leticia Zamora Méndez
© Lali 2025 – Tous droits réservés.
Fait avec amour (❤️) par WHC
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