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Anecdotes de libraire 73

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J’ai revu il y a quelques jours le film Funny Face mettant en vedette la délicieuse Audrey Hepburn et le séduisant Fred Astaire. Pas un grand film, je vous le dis tout de suite, mais distrayant à souhait et à certains égards tout à fait surréaliste et dont la majeure se déroule à Paris, notamment cet extrait.

Comme Audrey Hepburn y personnifie une libraire dont la boutique est envahie par une horde de mannequins, un photographe et la rédactrice en chef d’un magazine de mode, c’est cette scène en particulier que je voulais revoir. Celle où la boutique est mise sens dessus dessous pour quelques photos. Cette scène où elle constate les dégâts et où le photographe (Fred Astaire) tente de lui donner un coup de main pour ranger le capharnaüm dans lequel la librairie a été laissée. Une scène que je n’ai trouvé qu’une partie (doublée en italien).

Si jamais j’avais eu à vivre une telle scène, et ça n’a pas été le cas (des tablettes qui s’écroulent et des baignoires au-dessus qui débordent, c’était déjà amplement), j’aurais pleuré toutes les larmes de mon corps et un baiser de Fred Astaire n’aurait sûrement pas suffi à me remonter le moral!

*toile de Joan Griswold

Anecdotes de libraire 72

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Depuis que j’ai adopté une bibliothèque de quartier, une véritable bibliothèque de poche quand on la compare à la Grande Bibliothèque où j’avais pris l’habitude d’aller, j’ai encore plus de plaisir à fréquenter la bibliothèque qu’avant. Il faut dire que celle-ci fait partie d’un réseau, ce qui permet des échanges entre les succursales du réseau à partir d’un catalogue commun accessible en ligne.

Du coup, en ne bougeant que les doigts, je choisis mes futures lectures à distance et je n’ai qu’à consulter mon dossier pour savoir si les livres sont à destination.

Mais ce n’est pas là le seul bonheur de cette bibliothèque. L’autre est un jeune préposé qui a une passion à la fois pour les nouvelles, les romans aux phrases brèves et cinglantes et les livres qui parlent des mots et des métiers du livre. De telle sorte que quand je rapporte des livres il n’est pas rare que je joue à la libraire et que je lui suggère un des titres que je viens de lire. Jusqu’ici, je ne me suis jamais trompée, m’a-t-il dit récemment en me faisant un magnifique cadeau : il a noté sur un bout de papier le nom d’une auteure montréalaise d’origine roumaine que je dois absolument lire.

*toile d’Olga Pryymak

Anecdotes de libraire 71

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Il y avait des clients que je ne voyais qu’une fois par année. En juillet et en août. Jamais le reste du temps. Parce que pour eux, partir en vacances, ça voulait dire s’acheter un livre ou deux. Ils disaient que le reste de l’année ils n’avaient pas le temps de mettre le nez dans le moindre bouquin.

Encore aujourd’hui, quand je pense à eux, ils demeurent des énigmes. Comment faisaient-ils pour vivre les cinquante autres semaines de l’année?

*toile d’Angel Guillermo Valente

Anecdotes de libraire 70

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Il m’arrive de me demander si cette sorte de lecteurs que j’appelais les comparateurs existe encore. Si, si, les comparateurs. Ceux qui lisent seulement les romans qui ont inspiré des films afin de comparer l’original et la version cinématographique afin d’émettre une opinion. Ceux qui sont capables de vous affirmer que Dumas aurait été fier de voir Kiefer Sutherland incarner Athos ou qui vous disent sans broncher qu’heureusement que le réalisateur d’Autant en emporte le vent a pensé à gommer toutes les longueurs du roman de Margaret Mitchell.

*toile de Joan Griswold

Anecdotes de libraire 69

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« Et celui-là, tu l’as lu? »
Il me semble parfois entendre à nouveau une voix d’enfant me posant cette question alors que je déambule dans le rayon jeunesse d’une librairie, les yeux écarquillés devant la profusion, la variété, la qualité de certains albums. Mais voilà plus de quatre ans que je suis dépassée, que je n’arrive plus à suivre par manque de contact quotidien avec ce qui parait. Et pourtant, il fut une époque où je dévorais quantité de livres jeunesse, si bien que ça s’était su. Ce qui faisait ma joie. Car y a-t-il bonheur plus grand pour une libraire que de donner aux adultes de demain le goût de lire qui ne les quittera jamais?

« Tu en aurais pas un aussi bon que celui de l’autre fois? »
Oui, il me semble entendre encore cette voix, venue d’un autre temps. De revoir le visage souriant de celle qui me regarde, convaincue que je ne peux les avoir oubliés, ni elle ni le livre avec lequel elle était repartie ce samedi-là. Elle avait raison. On oublie beaucoup de choses dans la vie mais pas les sourires des jeunes lecteurs.

*toile de Kay Stanford

Anecdotes de libraire 68

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Même si je ne fais pas partie de ces inconditionnels de l’écrivain Michel Tremblay qui attendent chacun de ses livres avec une impatience démesurée dès qu’il est annoncé, il est une phrase de lui fort connue que j’aime bien paraphraser à ma manière et qui dit ceci :Tu peux sortir la fille de l’est mais pas l’est de la fille!

Dans mes mots, cela devient : Tu peux sortir une libraire d’une librairie, mais tu ne peux pas sortir la librairie d’une libraire! Et c’est à cette phrase « arrangée » que je pensais samedi soir dernier après une petite virée à la librairie Henri-Julien, une véritable caverne d’Ali Baba où je me suis sentie comme un poisson dans l’eau, même si je n’y avais pas mis les pieds depuis quelques années.

Michel Lefebvre, qui connait son fonds et qui aime les livres à la folie — prenez le temps de lire cette entrevue avec lui pour vous en convaincre — vous accueille avec gentillesse et ne vous demande pas ce que vous cherchez toutes les cinq minutes. Mais si d’aventure vous avez envie de lui piquer une jasette, surtout que l’endroit se prête à la chose, vous découvrirez un homme érudit et passionné.

Il y a dans cette librairie minuscule des livres jusqu’au plafond, des piles partout, des sections qui débordent. Le lieu est exigu et on ne peut pas tenir à deux dans certains recoins. Mais quel bonheur de constater qu’il y a dans cet antre dédié au livre ancien un véritable respect pour les livres, ce qu’on ne trouve plus dans les librairies de livres neufs qui ne servent que d’étalage entre des allers et retours entre les distributeurs et celles-ci. Ce qui me fait dire que si un jour dans ma vieillesse je redevenais libraire je ne vendrais pas de livres qui viennent de paraître, mais bien des livres qui ont vécu.

Anecdotes de libraire 68

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La libraire que j’ai été pendant un quart de siècle ne pourra jamais s’échapper de moi, fort probablement. Si bien que la lectrice que j’ai toujours été ne peut que trouver du plaisir quand elle ouvre un livre où il est question d’un libraire. Ce n’est pas que je cherche ce genre de lecture à tout prix, mais que quand l’occasion m’est donnée que des titres arrivent jusqu’à moi, je m’empresse de les noter. Et il y a justement un billet sur le sujet chez Antigone. Ma liste ne fait que s’allonger!

*toiles de Noël Hémon

Anecdotes de libraire 67

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Il est rare que j’entre dans un de ces lieux réservés au fastfood de la littérature que sont les librairies faisant partie de chaînes ou les rayons « livres » des grandes surfaces. Vraiment rare. Mais je l’ai fait récemment. Il faut dire que l’endroit vend aussi des disques, des DVD, des cartes de souhaits et des magazines. Autrement dit, ce n’est pas une librairie. Mais bon, j’y suis entrée parce qu’il pleuvait.

Et vous savez ce qu’un préposé à la vente a répondu à une cliente qui lui demandait ce qu’il pensait d’un livre? Je ne suis pas là pour penser madame, et puis de toute manière je ne lis jamais, ça m’endort.

Je n’ai pu me retenir. Sitôt que le non-penseur a été parti, j’ai dit à la dame qu’il y avait à dix minutes de là une vraie librairie avec de vrais libraires. Si, si, je l’ai fait.

*toile de Naftali Rakuzin

Anecdotes de libraire 66

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Les libraires, qu’ils soient toujours actifs ou qu’ils le restent dans l’âme après avoir accroché leurs patins, auront toujours des anecdotes dans leur besace. Donc, évidemment que d’autres me reviendront en tête avec le temps. Mais pour le moment, puis-je vous inviter à lire ce formidable billet qui est on ne peut plus réaliste?

*toile de Ghislaine Gagna

Anecdotes de libraire 65

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Dès le 2 janvier, il fallait s’empresser de vider les vitrines. Pas question de traîner. Une fête n’attend pas l’autre dans le commerce. Curieusement, les incontournables du temps des fêtes ne feraient pas partie des élus de la sélection du 14 février. Je n’ai jamais compris tout à fait pourquoi.

Un livre d’art ne peut-il être offert qu’à Noël?

*toile de Liza Hirst