Parfois
le vide
son amplitude
dépasse
jusqu’à la réalité
de ton existence
Ariane Bessette, Avant l’oubli
*choix de la lectrice d’Assunta Genovesio
Parfois
le vide
son amplitude
dépasse
jusqu’à la réalité
de ton existence
Ariane Bessette, Avant l’oubli
*choix de la lectrice d’Assunta Genovesio
Entrouvrir la fenêtre
alentour un vaste abandon
nos rêves y dorment
entre deux paumes rassemblées
de l’horizon
s’exulte l’espoir
Ariane Bessette, Avant l’oubli
*choix de la lectrice de Valerie Ganz
La clarté s’enfuit par de minces fissures
de cette contemplation
nous gardons les premiers mots
les imprudences amoureuses
Ariane Bessette, Avant l’oubli
*choix de la lectrice de Giola Gandini
L’absence trace de minces lignes
il n’y a plus la douceur
du souvenir
Ariane Bessette, Avant l’oubli
*choix de la lectrice de Sharon Furner
Sentir qu’il n’y a eu entre nous
qu’une longue conversation
toujours la même :
en retrouver la source
Ariane Bessette, Avant l’oubli
*choix de la lectrice de Gillian Furlong
Ce qui nous entraîne nous pèse
comme une lenteur
greffée à la peau
je dirai l’acuité
la résonance sans doute
quelque portrait impossible
Ariane Bessette, Avant l’oubli
*choix de la lectrice de Jacklyn Friedman
Au carrefour
Au carrefour
Où s’est posé le lointain,
Je croise le printemps avec une gaieté triste.
La première petite herbe a percé
La terre rude encore.
Et, parmi les dentelles du bouleau,
Au loin, dans les profondeurs,
Violette, la pente des ravins.
Elle a commencé à faire des signes,
Cette terre déserte!
Au couchant rouge de froid,
C’est le soleil, comme le casque de cuivré
Du guerrier dont le triste visage est tourné
Vers d’autres horizons,
Vers d’autres temps..
Et le heaume absorbe avec ses plumes blanches
Les nuées d’or,
Au-dessus de la splendeur insolente
De mes guenilles vespérales.
Et mes ailes navrées
Ailes d’épouvantail à corbeaux
Flamboient comme un casque solaire
Dans les reflets du soir
Et dans ceux du bonheur..
Les croix, les fenêtres lointaines,
Les cimes de la forêt crénelée,
Tout respire la mesure,
Paresseuse et blanche,
Du printemps.
Alexandre Blok, La vie terrible
*choix de la lectrice de Ferdinand Andri
Je te rêvai en fleurs, sur la scène bruyante,
Folle comme passion, calme comme sommeil,
Tandis que moi, vaincu, je ployais les genoux,
Songeant: «Le bonheur est là, je suis reconquis!»
Cependant, Ophélie, tu regardais Hamlet
Sans amour et sans joie, déesse de beauté,
Et les roses pleuvaient sur le pauvre poète,
Et ses rêves pleuvaient, pleuvaient comme les roses..
Et lorsque tu mourus, toute nimbée de rose,
Des fleurs sur ta poitrine, des fleurs dans tes cheveux,
Je restai là, debout, baigné de ton parfum,
Des fleurs sur ma poitrine, dans mes cheveux, mes mains…
Alexandre Blok, La vie terrible
*choix de la lectrice de Lauri Blank
Que tout soit parfum
Que tout soit grain de sable
Que tout soit
Micheline Dandurand et Louise Lafrenière, Tant l’avenir est tant et tant
*choix de la lectrice d’Alexandra Quinn (dont toute trace a disparu)
Être autre
Autrement
Faire autre chose
Autrement
Micheline Dandurand et Louise Lafrenière, Tant l’avenir est tant et tant
*choix de la lectrice de Wyn Palmer
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