je suis redevable au réel
de me permettre la poésie
ça se dit comme ça
la poésie doit rendre des comptes au réel
ça se dit comme ça
voilà :
c’est fait
Normand de Bellefeuille, Mon visage
*choix de la lectrice de Robert Lewis Reid
je suis redevable au réel
de me permettre la poésie
ça se dit comme ça
la poésie doit rendre des comptes au réel
ça se dit comme ça
voilà :
c’est fait
Normand de Bellefeuille, Mon visage
*choix de la lectrice de Robert Lewis Reid
le visage authentique de l’amour
n’exige aucun renoncement
car s’il n’est peut-être pas vraiment possible
il n’en demeure pas moins permis
Normand de Bellefeuille, Mon visage
*choix de la lectrice d’Anita Rée
il arrive pourtant que ton visage
me donne une idée de mon être
et de ce que tu fus en moi
de tous les moments de ta beauté
que j’ai connue dans l’immortalité
il arrive en effet que ce visage
soit le symptôme final
de la supercherie du paradis perdu
Normand de Bellefeuille, Mon visage
*choix de la lectrice de Fedor Reshetnikov
Talisman
La houle des heures
Au frontispice du feu.
Échos des étincelles
Vers le miroir du temps.
Les grelots les hochets les toisons
Sonnent la halte le chant du messager.
Magloire-Sainte-Aude, Anthologie secrète
*choix de la lectrice de Katarzyna Oronska
Dernier lied
Pâles amours solennelles…
Derniers feux.
Derniers jeux.
Pour mon Guignol
À mon trépas écarquillé
Sur les quais du silence.
Magloire-Sainte-Aude, Anthologie secrète
*choix de la lectrice d’Alexander Osmerkin
Il existe une joie, mais elle est bénie,
une consolation jusque dans ce malheur.
C’est que la fin nous délivre de tout ce fatras
de journées insipides et triviales.
Un poète a dit : « La musique la plus douce
est celle qu’on ne peut pas entendre ».
Et moi, je crois que la vie la meilleure
est celle qu’on ne peut pas vivre.
Constantin Cavafis, Poèmes
*choix de la lectrice de Jean-Yves Fremaux
Tels de beaux corps de morts qui n’ont pas vieilli
et que l’on a déposés, avec des pleurs, dans un splendide mausolée,
avec au front des roses et des jasmins aux pieds –
tels semblent les désirs qui ont fui
sans s’accomplir, sans qu’aucun d’eux n’atteigne
une nuit de volupté, un de ses lumineux matins.
Constantin Cavafis, Poèmes
*choix de la lectrice d’Arthur Evoy
Corps, souviens-toi, non seulement de combien tu fus aimé,
non pas seulement des lits où tu t’étendis,
mais aussi de ces désirs qui pour toi
brillaient dans les yeux visiblement,
et tremblaient dans la voix ? et que quelque
obstacle fortuit rendit vains.
Maintenant que tout cela plonge dans le passé,
il semble presque qu’à ces désirs
tu te sois donné. Comme ils brillaient
souviens-toi, dans les yeux qui te regardaient,
comme ils tremblaient dans la voix, pour toi; souviens-toi, corps.
Constantin Cavafis, Poèmes
*choix de la lectrice de Kim English
Délice
De traverser la rivière d’été
sandales en main
Buson
(dans Haïkus : Anthologie de Roger Munier)
*choix de la lectrice de Pierre Bonnard
Comme écartant du pied ce qui fut
sans un regard en arrière
l’année s’en va
Senkaku
(dans Haïkus : Anthologie de Roger Munier)
*choix de la lectrice de Bryce Brown
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Fait avec amour (❤️) par WHC
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