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La fête de Chapultepec

chapultepec

La fête de Chapultepec, un bel album pour enfants imaginé par Marie Barguirdjian à partir d’une toile de René Derouin, est un livre de toute beauté. Rien de moins. Et quiconque l’ouvrira sera séduit, qu’il soit petit ou grand.

L’histoire qui nous est racontée ici est celle de Pedro et des siens, un jour de fête à Chapultepec, au Mexique. Un jour pas ordinaire puisque Pedro y fait une rencontre peu banale alors qu’il courait après un cerf-volant avec ses frères et sœurs. En effet, la dame au visage maquillé de bleu a bien vu que Pedro, dans sa course, a perdu de vue Diego, Federico, Angela et Carmela, et même, qu’il est perdu tout court.

Le voyage qu’elle lui impose pour qu’il comprenne ce qui l’effraie est troublant. Des poissons jaillissent de nulle part, de même que des loups, des chiens, des masques effrayants. Puis des créatures squelettiques surgissent à leur tour alors qu’il survole les lieux sans pouvoir mettre un terme à cette course affolante. Mais la Grande Prêtresse de Chapultepec veille sur Pedro et il finira par retrouver sa famille, après avoir eu bien peur.

Même si l’histoire finit bien, même si la toile qui a servi à la raconter est finement découpée pour en révéler tous les détails, et même si j’ai été éblouie par ce travail, car j’aime que les tableaux inspirent les écrivains, je me demande à quel point cet album est destiné aux enfants tant il peut faire peur. Mais il est si beau… C’est pourquoi je conseille qu’il soit lu à haute voix par un adulte plutôt que par l’enfant lui-même, dans le but de lui éviter des cauchemars et pour qu’il profite vraiment de la richesse de cet album qui se démarque.

L’aube est un visage 4

CZENE (Béla) - 22

Écrire prend les mots en bouche
les affectionne, les vocalise
et d’un murmure les fait caresses
à ton oreille qui les mange
moi je les embrasse
d’un français qui coule
savoureux sur ta gorge et sur ma langue
l.Écluse où je me penche
écoute dire ma pensée
le cours des rives où je m’assieds
te parle de l’instant passé déjà

Chantal Fortier, L’aube est un visage

*choix de la lectrice de Béla Czene

Mémoire en fugue

memoire

Avec Mémoire en fugue, Laïla Héloua, auteure de la jolie série Mandarine et Kiwi, signe son premier roman pour les adolescents. Titre bien trouvé pour raconter l’histoire de William, amnésique à la suite d’un accident.

Dès les premières lignes, le lecteur sera emporté par le rythme assez rapide de cette intrigue qui dépasse le fait de sortir du coma et d’être amnésique, car les images qui surgissent, sortes d’instantanés, sont loin d’être claires pour William. Déjà qu’il a à tout retrouver de ce qui s’est perdu lorsqu’il a été frappé par une voiture, de son prénom aux liens qu’il entretient avec les siens, en passant par tout ce qui était sa vie avant.

Non, William n’est pas un grand joueur de hockey malgré le sentiment de joie provoqué par la simple idée de ce sport. Non, il n’a jamais vécu ailleurs que là où il vit, aux dires de ses parents. Non, il ne sait pas ce que faisait là son frère le soir de l’accident, ce dernier ayant tout vu et subi un tel choc qu’il ne semble pas être en mesure de redevenir celui qu’il était avant ce soir d’Halloween, jour fatidique entre tous où tout a basculé.

Mais ce dont il est certain, alors que la mémoire semble sortir de l’ombre, c’est qu’on lui ment, qu’on ne lui fournit pas tous les détails, qu’on élude certaines questions. Mais pour quelles raisons? Et quel est ce type avec un chapeau qui suivait William depuis des jours et qu’il a voulu confronter le 31 octobre?

Les choses ne traînent pas en longueur ici, le lecteur est vite fixé sur le rôle de chacun. Et le dénouement ne tardera pas.

On aurait peut-être aimé un peu plus de détails, davantage d’explications sur la protection des témoins à qui l’on donne une nouvelle identité, mais il n’en reste pas moins que Mémoire en fugue demeure un bon thriller pour les jeunes de 11 à 13 ans, et qu’il leur donnera envie de faire des recherches pour aller au-delà de ce qui leur est proposé dans ce roman d’une centaine de pages.

L’aube est un visage 3

FURCHGOTT (Terry) - 5

La musique ton odeur
ton velours une douceur

tu me vois qui te vois parmi des cils
je t’appartiens quand tu souris

mes lèvres cherchent ton cœur
entre peaux d’Indiens

nos aines un refuge
laine de nos hivers

baisers pluriels
entre paroles et silences

d’un je solitaire jusqu’à nous
le temps courbe

Chantal Fortier, L’aube est un visage

*choix de la lectrice de Terry Furchgott

L’aube est un visage 2

TRÜBNER (Wilhelm) - 2

L’amour
lieu orphelin
pour se rejoindre
un trouble désordre
un poème dont on naît

L’œil noir de l’eau
au-dessous de nos étreintes
souvenirs étales
l’un et l’autre
retenus

Chantal Fortier, L’aube est un visage

*choix de la lectrice de Wilhelm Trübner

Un grand-père pas comme les autres

transformable

Un grand-père qui peut se transformer au gré de ses désirs, ça peut être formidable. Il ne suffit que de dire tout haut ce qu’on souhaite tout bas pour que le moindre caprice, la moindre lubie, la plus petite idée devienne réalité.
Devenir dinosaure, dauphin, voiture de sport, tarte aux pommes pendant un moment n’est nullement impossible au grand-père transformidable du jeune héros, qui ne quitte jamais son chapeau. Au grand plaisir de son petit-fils et de ses amis.

Un grand-père comme cela, c’est tellement extraordinaire. Tellement formidable. Si, si. Enfin, jusqu’au moment où, devenu un robot de l’espace prêt à affronter tous les monstres intergalactiques, celui-ci se trouve dans l’impossibilité de retrouver son corps et sa vie de grand-père. Malgré les efforts de tous, la consternation des autres, et les bisous qui savent d’habitude remettre les choses en place.

Mais rassurez-vous, tout rentrera dans l’ordre grâce à Lola. Je ne vous dirais pas de quelle façon.
Je vous dirai simplement que cette (més)aventure permet au jeune avant d’apprécier son grand-père à sa juste valeur et non pas parce qu’il se transforme quand son petit-fils en a envie, et que c’est là un très beau message.
Un grand-père qui nous aime est précieux, juste parce que c’est un grand-père qui nous aime. Point.
Un bel album signé Alain Serres et illustré sobrement par Hervé Blondon, auquel je n’ai trouvé qu’un seul bémol : Lola n’y est pas remerciée alors que c’est grâce à elle que tout rentre dans l’ordre.

L’aube est un visage 1

THOMESEN WERENSKIOLD (Sofie)

Sur ton épaule le matin
La note d’eau coule
Un allegro de blé

L’apaisement

Et la mer ira comme elle veut
Soulever terres et millénaires
Terrer sa violence blanche

L’aube est un visage
Tes sourires
Ton ambre regard
Tes refuges
Mes espérances

Chantal Fortier, L’aube est un visage

*choix de la lectrice de Sophie Thomesen Werenskiold

Parlez-vous québécois 70

DOVER (Annie) - 15

Sparage : simagrée
(dans Parlez-vous québécois? de Claire Armange)

*toile d’Annie Dover

Parlez-vous québécois 69

CROSBY (Donna)

Retontir : revenir de manière inopinée
(dans Parlez-vous québécois? de Claire Armange)

*toile de Donna Crosby

Parlez-vous québécois 68

COWAN (Ben) - 8

Ratoureux : rusé, espiègle, joueur de tours
(dans Parlez-vous québécois? de Claire Armange)

*toile de Ben Cowan