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Blanchie

Blanchie. La narratrice l’est-elle vraiment alors que nous lisons les dernières lignes de ce récit en vers signé Brigitte Haentjens? L’auteure, connue surtout pour ses mises en scène, malgré son très beau recueil de poèmes D’éclats de peines, publié il y a 20 ans, signe ici un récit où le chagrin est le personne principal. Ou donne-t-il l’impression de l’être puisqu’il sert de moteur au récit lui-même, qui relate l’état de perdition dans lequel se trouve la narratrice, photographe, après la mort accidentelle de son frère. Un frère qui était son double, son tout, son modèle. Elle n’a d’ailleurs jamais photographié personne d’autre que lui.

À l’heure où s’ouvre le livre, elle va d’errance en errance, se cherchant, se perdant, désorientée, incapable de retrouver ses balises, s’abrutissant dans des relations destructrices, abandonnant ce qu’elle est au profit des autres qui l’utilisent. Mais la douleur est si forte que cela lui permet d’oublier. Le manque, la douleur, le désespoir. Plus rien ne sera pareil. Elle est morte aussi, dans sa tête, même si son corps a survécu.

Blanchie. Le sera-t-elle un jour? Peut-on vivre en absence de soi-même?

Voilà un magnifique récit, avec quelque chose de théâtral — le contraire aurait été étonnant — mettant en scène le chagrin, le chagrin plus fort que tout, celui qui déboussole et dont on ne revient pas toujours. Un récit superbement écrit et ponctué par des photos signées Antonio Barsetti.

Une réponse

  1. Je lis cette note juste après avoir préparé mon billet de demain sur un autre roman qui porte sur le même thème ! Aussi je retiens ce titre dont tu dis grand bien.

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