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Avec Supervielle 2

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La fable du monde de Jules Supervielle, que j’aime tant, attendait la visite de la lectrice peinte par Felicia Marshall, laquelle a été émue en lisant les mots du poète, particulièrement ceux-ci :

Nocturne en plein jour

Quand dorment les soleils sous nos humbles manteaux
Dans l’univers obscur qui forme notre corps,
Les nerfs qui voient en nous ce que nos yeux ignorent
Nous précèdent au fond de notre chair plus lente,
5 Ils peuplent nos lointains de leurs herbes luisantes
Arrachant à la chair de tremblantes aurores.

C’est le monde où l’espace est fait de notre sang.
Des oiseaux teints de rouge et toujours renaissants
Ont du mal à voler près du cœur qui les mène
10 Et ne peuvent s’en éloigner qu’en périssant
Car c’est en nous que sont les plus cruelles plaines
Où l’on périt de soif près de fausses fontaines.

Et nous allons ainsi, parmi les autres hommes,
Les uns parlant parfois à l’oreille des autres.

5 réponses

  1. « …on périt de soif près de fausses fontaines. »

    Serait-ce un résumé du rêve américain?

    Merci Lali de prendre la peine de transcrire tous ces extraits de tes « livres ouverts » et de nous donner le privilège d’y goûter à notre tour!

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