Ô toi dont le visage a essuyé le vent d’Hiver,
Dont l’œil a vu les nuages de neige flotter dans les brouillards
Et les cimes noires de l’orme, parmi les étoiles glacées,
À toi le printemps sera époque de moisson.
Ô toi dont le seul livre a été la lumière
Des ténèbres suprêmes dont tu te sustentais
Nuit après nuit quand Phébus était loin,
À toi le Printemps sera triple matin.
Ô que la soif du savoir ne te brûle — je n’en possède aucun,
Et cependant mon chant de lui-même naît avec la chaleur,
Ô que la soif du savoir ne te brûle — je n’en possède aucun,
Et pourtant le soir écoute. Qui s’afflige
À la pensée de l’oisiveté ne saurait être oisif
Et il est en éveil celui qui se croit endormi.
John Keats, Seul dans la splendeur
*choix de la lectrice de Nicolas Alexandrovitch Tharkoff

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