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Au pays de la poésie yiddish 4

Vie

Vie —
Étrave d’un oiseau qui fend la mer,
La mort roule en tes profondeurs
Et s’évanouit.
Un clin d’œil :
Elle fut — elle a disparu.
C’est à peine si sa surface
Se courbe et se ride,
Creuse une vague sous le vent,
Un peu d’écume se disperse et meurt,
Puis de nouveau tes milliers de flux
Se gonflent,
Et de nouveau tes vagues font rumeur
De pleurs et de rires.

Vie —
La mort n’est donc que ce clin d’œil,
Un songe orageux :
Elle fut — elle a disparu.
Toi seule, toi seule
Tu es partout, toi l’éternelle,
Herbe et arbre, terre et ciel.
C’est toi l’oiseau, qui fend l’espace.
Tu es l’homme, chair et sang,
Qui combat pour le bonheur.
Tu es l’espoir qui connaît et qui croit,
Qui referme toutes les plaies,
Qui réconforte et qui promet,
Et aussi le clin d’œil
de ce qui fut et de ce qui n’est plus
C’est toi!

Louis Miller (1889-1968)
(Anthologie de la poésie yiddish)

*choix de la lectrice de Diren He

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