Elle les a entraînées à l’écart du petit bois où elles vont en promenade. C’est la quatrième journée qu’elle fait cela. Le premier jour, elles étaient un peu hésitante, l’une d’elles affirmant que là-bas elles allaient salir leurs jolies chaussures, une autre qu’elles allaient se perdre. Mais sitôt que la lectrice de Wilhem Amberg leur a fait découvrir ce petit salon au cœur de la forêt, aménagé par la nature elle-même, elles l’ont toute adopté d’emblée. Sans savoir ce que leur guide avait en tête.
Celle-ci a tiré de sa poche un livre. Objet joli, mais qui n’a rien de spectaculaire. Pas de quoi faire tout ce chemin, ont-elles pensé sans rien dire. Puis la lecture a commencé. Une lecture faite avec passion, avec un amour évident pour les mots, avec un sens inné du drame et des virgules. Une lecture à laquelle elles s’accrochent aujourd’hui, une lecture qui fait pleurer l’une d’elles et qui conserve les autres attentives, concentrées, comme si le sort du monde en dépendait.
Tant que la lectrice tournera les pages, les fera entrer dans l’histoire, les journées dans le salon littéraire improvisé goûteront le bonheur des mots et de l’amitié qui partage.
3 réponses
haha;, superbe histoire !
puis elles ont tellement aimé les mots, qu’elles ont lu beaucoup de livres et avec tous les livres qu’elles avaient dans la tête, elles en ont fait un livre.
clémentine
J’aime bien le petit salon au coeur de la forêt… cela m’a fait penser aux quatre filles du Dr March, aux quatre soeurs… même si elles sont cinq.