À qui donc écrit le personnage créé par l’illustrateur italien Mauro Evangelista? Et à qui? À vous de nous révéler ce que cache cette image. En vers ou en prose, mais en vos mots.
Aucun commentaire ne sera validé avant dimanche prochain, ce qui vous laisse amplement le temps d’écrire quelques lignes et même, si le cœur vous en dit, de terminer la lettre que le personnage a commencé à écrire.
Amusez-vous. C’est là le but de cet exercice ludique que je vous offre depuis bientôt huit ans.

4 réponses
Oublier les fleurs en contrejour
À l’heure où l’avenir est inconnu
Et que tous nos rêves d’amour
Tiennent encore debout
Tirer un trait sur ces nuits
Et puis la mort qui nous attend
Effacer le noir de nos vies
Et ne vivre que le présent
Regarder le jour qui se lève
Le soleil qui caresse l’océan
Et les oiseaux fragiles et fiers
Qui dansent au gré du vent
Sourire à l’inconnue qui passe
Éclairer la laideur de nos jours
Et se dire que seul le temps efface
Le souvenir des fleurs en contrejour
Nice, le 10 germinal
Je n’ai pas passé un jour sans t’aimer ; je n’ai pas passé une nuit sans te serrer dans mes bras ; je n’ai pas pris une tasse de thé sans maudire la gloire et l’ambition qui me tiennent éloigné de l’âme de ma vie. Au milieu des affaires, à la tête des troupes, en parcourant les camps, mon adorable Joséphine est seule dans mon coeur, occupe mon esprit, absorbe ma pensée. Si je m’éloigne de toi avec la vitesse du torrent du Rhône, c’est pour te revoir plus vite. Si, au milieu de la nuit, je me lève pour travailler, c’est que cela peut avancer de quelques jours l’arrivée de ma douce amie, et cependant, dans ta lettre du 23 au 26 ventôse, tu me traites de vous.
Vous toi-même ! Ah ! mauvaise, comment as-tu pu écrire cette lettre ! Qu’elle est froide ! Et puis, du 23 au 26, restent quatre jours ; qu’as-tu fait, puisque tu n’as pas écrit à ton mari ?… Ah ! mon amie, ce vous et ces quatre jours me font regretter mon antique indifférence. Malheur à qui en serait la cause ! Puisse-t-il, pour peine et pour supplice, éprouver ce que la conviction et l’évidence (qui servit ton ami) me feraient éprouver ! L’Enfer n’a pas de supplice ! Ni les Furies, de serpents ! Vous ! Vous ! Ah ! que sera-ce dans quinze jours ?…
Mon âme est triste ; mon coeur est esclave, et mon imagination m’effraie… Tu m’aimes moins ; tu seras consolée. Un jour, tu ne m’aimeras plus ; dis-le-moi ; je saurai au moins mériter le malheur… Adieu, femme, tourment, bonheur, espérance et âme de ma vie, que j’aime, que je crains, qui m’inspire des sentiments tendres qui m’appellent à la Nature, et des mouvements impétueux aussi volcaniques que le tonnerre. Je ne te demande ni amour éternel, ni fidélité, mais seulement… vérité, franchise sans bornes. Le jour où tu dirais «je t’aime moins» sera le dernier de ma vie. Si mon coeur était assez vil pour aimer sans retour, je le hacherais avec les dents.
Joséphine, Joséphine ! Souviens-toi de ce que je t’ai dit quelquefois : la Nature m’a fait l’âme forte et décidée. Elle t’a bâtie de dentelle et de gaze. As-tu cessé de m’aimer ? Pardon, âme de ma vie, mon âme est tendue sur de vastes combinaisons. Mon coeur, entièrement occupé par toi, a des craintes qui me rendent malheureux… Je suis ennuyé de ne pas t’appeler par ton nom. J’attends que tu me l’écrives. Adieu ! Ah ! si tu m’aimes moins, tu ne m’auras jamais aimé. Je serais alors bien à plaindre.
(lettre de Napoléon à Joséphine, http://www.bmlisieux.com/curiosa/napoleon.htm)
La belle plume n’ est pas que sur le tableau…
Celle d’ Armando est tellement touchante…J’ aime …
Bravo ..:-)
Merci Mathilde. Touché.