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En vos mots 345

À vous de jouer! À vous d’entrer dans la toile et de nous dire en vos mots ce qui s’y trame. À vous de nous révéler ce qui unit les deux personnages de cette scène livresque imaginée par le peintre John Athur Lomax.

Ce n’est que dimanche prochain que vous pourrez découvrir en bloc les écrits des envosmotistes aguerris ou de passage, car aucun commentaire ne sera validé d’ici là. Ce qui vous donne amplement le temps de vous joindre à eux.

Bon dimanche à vous tous!

6 réponses

  1. ELLE avait pris ce pli dans son âge enfantin
    De venir dans ma chambre un peu chaque matin ;
    Je l’attendais ainsi qu’un rayon qu’on espère ;
    Elle entrait et disait : Bonjour, mon petit père ;
    Prenait ma plume, ouvrait mes livres, s’asseyait
    Sur mon lit, dérangeait mes papiers, et riait,
    Puis soudain s’en allait comme un oiseau qui passe.
    Alors, je reprenais, la tête un peu moins lasse,
    Mon œuvre interrompue, et, tout en écrivant,
    Parmi mes manuscrits je rencontrais souvent
    Quelque arabesque folle et qu’elle avait tracée,
    Et mainte page blanche entre ses mains froissée
    Où, je ne sais comment, venaient mes plus doux vers…

    Mais bon dieu de bon dieu, à l’âge qu’elle a aujourd’hui (et au mien !) elle devrait arrêter ces gamineries !

  2. C’est la prison qui m’a donné le goût de la solitude et du silence.?

    Toutes ces années perdues dans la quasi-obscurité d’une cellule froide, perdue à quelques kilomètres de la côte où se trainent des plages de sable fin et dorée où des gens heureux viennent se prélasser le dimanche. Pour oublier leurs tracas quotidiens.?

    C’était pour eux que je me battais contre cette brute de dictateur, qui les abrutissait dès l’âge scolaire, pour les empêcher de penser à autre chose qu’à la sainteté alors que l’État avait décidé que c’était bon pour eux. ?

    Moi je voulais autre chose. Juste autre chose. Le droit de penser par moi-même.

    Alors, dès ma jeunesse, je leur ai adressé mes mots. D’abord polis et un peu maladroits. Ensuite indignés. Et puis, vers la fin, pleins de haine et de révolte.?

    Un soir de novembre, ils sont venus me chercher, cachés par la nuit. Des voisins curieux, dissimulés derrière les rideaux, m’ont vu partir sans esquisser le semblant d’un seul mot. Certains étaient figés par la peur. ?D’autres pensaient : bien fait pour ma gueule. Je n’avais qu’à me taire.

    Dix ans. La brutalité. La torture. Le manque de sommeil. L’oubli. Le néant.?

    Puis un jour, la révolution. Le soleil aveuglant dans les yeux. La tête qui tourne. La renaissance. Ailleurs. Loin du monde et des hommes. Perdu entre les livres et les bonheurs simples et éphémères d’un monde qui se traine nonchalant au fil des saisons.?

    Pour tout bonheur, Aurélie, ma petite-fille vient de la grande ville me rendre visite, chaque dimanche.

    Depuis son enfance qu’elle s’amuse à venir doucement derrière moi en mettant ses douces mains devant mes yeux 😕 Coucou… Devine qui c’est?…?

    Et moi qui l’ai tant espérée, enivré par le bruissement de ses pas et son parfum, je joue les étonnés 😕 Marta ?… Marie-Ange ?… Christine ?… je ne vois pas… ?

    Et Aurélie qui rigole, à chaque fois, à grandes gorgées de bonheur… et me fait oublier, pour quelques heures, que la prison m’a donné le goût de la solitude et du silence.

  3. Bon,bon j’arrive un peu tard mais j’attendais pour voir 😉

    Mettons que je n’aie pas lu les textes.
    Mettons que les deux auteurs se connaissent.

    Voilà ce que les personnages de l’image se disent:

    Devine qui va t’accompagner dans la catégorie « En vos mots » ce dimanche mon cher Armando! Tu ne seras pas seul comme dimanche passé. Je vais y mettre ma griffe sinon Lali nommera cette catégorie: Les mots d’Armando 🙂

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