Elle qui ne dérange jamais personne, elle qui ne raconte rien d’elle, elle qui ne se livre qu’à peu et du bout des lèvres et qui reste une énigme pour ceux qui la côtoient, comment a-t-elle pu faire en sorte que tour à tour ils viennent s’asseoir là pour lui raconter un voyage, un nouvel amour, une querelle, ou même ce qu’ils ne diraient à personne?
La lectrice de William Chadwick n’a jamais tout à fait compris la chose. Et pourtant, chaque jour, il y a bien quelqu’un qui vient s’asseoir là. Pour qu’elle l’écoute. Parce que celui ou celle qui parle sait que rien ne sortira d’elle. Qu’elle émettra quelques hypothèses, qu’elle ne donnera jamais de conseils, que quelques pistes, parfois, pour que son interlocuteur parte le cœur moins lourd.
Elle qui vit dans le silence, elle qui vit dans les livres, elle qui les écoute et qui parle si peu et le moins possible d’elle, n’a jamais compris comment c’est arrivé. Comment elle a pu toute sa vie être la confidente des uns et des autres. Et je crois qu’elle sourit. Elle ne cherchera pas à comprendre.

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