Admin:
Archives:
mai 2026
D L M M J V S
 12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
31  
En vos mots 313

La lectrice peinte par Wlodzimierz Kuklinski s’est-elle endormie ou évanouie? Sont-ce les mots qui ont eu cet effet sur elle?

À vous de nous dire, en vos mots, ce qu’évoque cette scène. À vous de vous glisser dans la peau de la lectrice ou de la faire parler. À vous d’inventer ou de plonger dans vos souvenirs.

La toile vous appartient. Pour une semaine. Aucun commentaire ne sera publié avant le prochain accrochage, comme le veut l’habitude.

D’ici là, bonne semaine. Et surtout, n’oubliez pas de lire les textes inspiré par la toile de dimanche dernier. Cela vous donnera peut-être envie de devenir vous aussi un envosmotiste.

3 réponses

  1. LA PLUME D’AIRAIN

    Et puis encore, vous connaissez son histoire, l’histoire du Soleil, ses rayons dardant qui venaient nous réchauffer, tous ces photons d’énergie pure envoyés par les dieux sur nos chemins, et les déesses accrochées à la couronne du cosmos, leurs rejetons brûlants faisant fondre nos cachets de cire, et l’oiseau qui dit : j’ai confiance dans le souffle du vent…

    Ou alors, vous contez les choses naturelles, essentielles : aux newtons, qui en font des tonnes, remplis d’odeurs de pomme et d’ailes prétentieuses, aux tatouages d’ors et d’argents posés en gravité, tombés sous les grandes feuilles palmées, et puis à la foule en transe s’écrasant sous la plume d’airain…

  2. Au début, il n’y avait rien. Enfin, je veux dire qu’au début, je me suis dit qu’il n’y avait rien. Dehors, c’était encore l’hiver. Comme hier. Comme tous ces monotones avant-hier qui se prolongeaient depuis des mois.

    Le ciel était habillé de tonalités de gris. Difformes et anarchiques. Et une pluie fine s’est mise à tomber dans l’indifférence des rues vides.

    J’observais tout cela avec un vide immense. Et je me suis dit, avec exaspération, qu’il n’y avait rien. Vraiment rien de rien.

    À part moi. Et ce sentiment profond d’une solitude immense. Et je me suis dit que la solitude est comme un serpent qui s’enroule à vos pensées et finit par vous étouffer. En silence.

    Heureusement que j’avais un livre à portée des yeux. Je l’ai pris. Dans l’intention de lire quelques passages. Par ci, par là. Pour tuer le serpent avant d’étouffer.

    J’ai croisé d’anciens chevaliers, des forêts magiques aux chutes d’eau cristalline et des fées que je croyais inexistantes. J’ai fait la connaissance de poètes et de malandrins. De jongleurs de fortune et d’oiseaux qui n’avaient pas besoin de savoir qui ils étaient pour s’envoler heureux dans l’infini du ciel. Où il n’y avait rien. Pas un seul nuage. Rien, je vous dis.

    C’est alors que j’ai décidé d’allumer les étoiles. Et de m’endormir. Heureuse.

  3. COLLISION

    Elle a perdu tant de plumes à écrire son premier roman.
    Que de longues heures à se débattre dans les flots agités de ses pensées.

    Le grand jour du lancement arrive enfin mais la critique négative n’en fait qu’une bouchée.
    Elle tente de reprendre le collier mais s’échoue dans les premières pages du second manuscrit.
    Sa longue tignasse noir-corbeau se change en tentacules d’algues vénéneuses.
    Tandis qu’elle en a plein le dos, elle hausse ses épaules qui déploient leurs ailes d’indifférence et lui donnent toute l’élégance voulue pour se relever.

    Puis survolant une mer d’encre, elle plonge encore une fois tête première à l’intérieur d’elle-même.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *