C’est chaque semaine un défi que de trouver une toile qui ne ressemblera à aucune autre, qui se démarquera de celles que vous avez eu l’occasion de raconter en vos mots semaine après semaine, depuis plus d’un an. Défi que j’aime, défi qui m’occupe quelques jours, auquel je ne résiste pas. Défi aussi que le vôtre de voir dans les toiles que je vous offre matière à des histoires chaque fois différentes, troublantes, étonnantes. Comme c’est le cas de celles de dimanche dernier que je vous invite à lire.
Je ne vous remercierai jamais assez de jouer le jeu. De vous prêter à cet exercice de style.
Puisse la lectrice de David Pickett se laisser elle aussi raconter en vos mots. Dès aujourd’hui, ces prochains jours, comme il vous plaira, puisque je ne validerai vos écrits que dimanche prochain, tous ensemble, question de laisser cours à votre imagination sans que vous ne puissiez être distraits par ce que les autres ont pu écrire.
Bon dimanche et bonne semaine à tous!

4 réponses
Sur le sable vide d’une plage
Mon corps nu étendu dans la nuit
Et la lune d’argent à côté de mon visage
Viendra en douceur se coucher aussi
La mer se fera calme et silence
Pour ne pas déranger nos désirs
Et au bout de la nuit je pense
Ma bouche se perdra dans ses soupirs
Et puis le soleil l’appellera de là-haut
À l’heure où le noir de la nuit s’adoucit
Et la lune en pleurs s’en ira de nouveau
Comme un amant qui à regret quitte son lit
Et moi je m’en irai dormir dans le jardin
Comme une gitane libre et sans manières
Je ferai au soleil un signe de la main
En lui demandant de bien vouloir se taire.
SLAM
Coloris agressifs, coups de brosse hystériques,
Recherche d’un filon aux affres chromatiques.
Des touches mordorées s’accrochent au marron,
Au coulis d’aquaplane et au rose bonbon.
Sous la bouche boudeuse, un doigt dubitatif.
Sur la toile saturée, collision de motifs.
Grisé par l’illusion, on recule désarmé
Reluquant les boutures d’un titane frénétique.
Sous la texture brutale d’un espace étouffé
La lectrice apparaît en mirage hypnotique.
Flairjoy
Laurence est belle et jeune. Vive, intelligente. Toujours première de classe.
Lorsqu’elle rentre du lycée, elle retrouve avec une satisfaction non dissimulée ses livres. Les murs de sa chambre en regorgent. C’est bien simple, il n’existe même plus 2cm2 de paroi.
Lorsque Laurence retrouve sa chambre, elle se sent libre, heureuse, elle chante, elle se prend pour un oiseau ou une ballerine. C’est la joie de vivre.
Tout irait si bien avec sa maman si…
Laurence, aussi gentille qu’elle peut l’être, jamais un mot plus haut que l’autre, avait un gros défaut. Enfin, c’est sa maman qui le dit.
Laurence est désordre. Eh oui !
D’un désordre indescriptible… il y a des livres dans son lit, sous son lit, sans la salle de bain. Partout.
-Mais Laurence ! Comment peux-tu vivre dans ce taudis ?
-Maman, ce n’est pas un taudis. Je te rappelle que c’est ma chambre, mon domaine, ma respiration.
-Peut-être ma fille mais explique-moi comment je peux passer l’aspirateur dans ces conditions ?
-Ne le fais pas maman, c’est tout simple. Il y a plus grave que la poussière.
-Evidemment, vu sous cet angle…mais tout de même, je n’aime pas voir cette montagne de livres traîner par terre.
-Maman ! Mes livres ne traînent pas, ils sont juste entreposés.
-Je vois que tu as toujours le dernier mot ma fille. C’est désolant.
Plongée dans son livre, Laurence ne s’est même pas aperçu que sa maman était retournée à la cuisine.
Sur la porte de sa chambre, Laurence avait depuis longtemps épinglé cette citation, de Jean Basile :
« L’avantage du désordre c’est qu’il se transforme en ordre, tôt ou tard ».
Quelle belle palette!
Merci à vous trois pour votre contribution, votre regard, votre amour des mots et du partage.
C’est grâce à vous qu’En vos mots existe!