Commentaires récents
Admin:
Archives:
juin 2026
D L M M J V S
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
282930  
En vos mots 283

À l’heure de la rentrée littéraire, la lectrice peinte par Ellen Heck s’est-elle laissée tenter par un titre d’un auteur qui publie son premier roman ou a-t-elle franchi le seuil d’une boutique offrant des livres d’occasion?

À vous de nous le dire. En vos mots. Dans une histoire inventée ou en vous glissant dans celle-ci. Les commentaires seront validés dans une semaine exactement.

D’ici là, bonne semaine et surtout, bon dimanche!

5 réponses

  1. A la sortie du métro, elle s’est laissé surprendre.
    Une librairie lui ouvrait ses portes.
    Pour une fois elle avait le temps d’y entrer.
    Plaisir accru par l’imprévu
    Découverte des titres qui s’étalent.
    Sans l’obsession du but à atteindre.
    Elle n’a pas cette fois sur elle la liste des ouvrages qu’elle voudrait lire.
    Elle est libre.
    Libre de grappiller au hasard, sans s’assujettir à une recherche systématique.
    Sans avoir à regarder trop vite l’horloge.
    Ou alors pour le bonheur de voir que les aiguilles ne tournent pas vite par rapport à son horaire.
    Libre du rythme, pourtant charmant, des saisons.
    Dans un présent qui englobe sa vie entière.
    Malgré tant de changements depuis sa prime enfance, il existe toujours des temples du livre.
    Grâce infinie.
    Jouissance de tourner les pages.
    Odeur du papier.
    Encre sous les doigts.
    Et soudain c’est la rencontre.
    Les phrases lui sautent au visage.
    Les mots lui parlent à l’oreille.
    Et elle s’étonne, comme à chaque coup de foudre avec un livre ou un être de chair et de sang.
    Elle s’étonne de la proximité d’âme, comme si elle avait pu écrire elle-même ce qu’elle est en train de lire.
    Au même moment, elle est pourtant devant une merveille qui dépasse de loin son imagination.
    Une écriture, sans prévenir, a frappé son coeur.
    Et ça cogne dedans.

  2. Elle était entrée dans la librairie sans but précis, uniquement pour le plaisir de prendre en mains quelques livres, de les feuilleter, de voir les dernières parutions, de picorer ça et là une petite phrase… quand soudain son regard se posa sur ce nom en grandes lettres vertes: Pierre Rabhi!
    Sur la couverture, il y avait sa photo et c’est avec émotion qu’elle revit le petit homme chez qui ses parents achetaient de merveilleux fromages de chèvre, quand la famille était en vacances là-bas, aux Vans.
    Non, malgré les années écoulées, il n’avait pas changé. Le même regard ouvert et bienveillant, le même vrai sourire sous la moustache devenue un peu plus grise et sans doute aussi la même probité et la même conscience professionnelle.
    Emue! oui, elle était profondément émue, et heureuse de voir le chemin qu’il avait parcouru depuis les années 70…

  3. Il faut que je vous dise qu’elle ne m’avait jamais manqué, jusqu’à ce Lucie me raconte, avec tellement de bonheur, les vacances qu’elle a passées chez sa grand-mère l’été de ses douze ans.
    Ses mots étaient tellement vifs, tellement joyeux et chantants que, cette nuit-là, je n’ai pas réussi à m’endormir.
    On aurait dit que je venais de prendre conscience que moi aussi, comme Lucie et comme la majorité des gens, je devais bien avoir une grand-mère quelque part.
    Or, où était-elle passée?…
    Et cette question obsédante a fini par engendrer, au plus profond de mon être, la certitude d’un manque qui m’a envahie jusqu’à pleurer une absence que je n’arrivais pas à comprendre.

    Pendant des jours, mon cœur a battu plus fort chaque fois que je croisais sur mon chemin un de ces regards tendres et adoucis par le poids des ans.
    Et dans chacun d’eux je me disais qu’il devait y avoir quelque chose de cette grand-mère dont j’avais toujours attendu la tendresse et le sourire, sans jamais m’en rendre compte. Jusqu’à ce que Lucie…
    Faut que je vous avoue que nous ne sommes trouvées.
    Internet n’est pas juste porteur de mauvaises nouvelles.

    Et nous allons nous voir. Bientôt. Très bientôt.

    Et c’est pour cela que m’est venue l’idée d’écrire ce livre. Pour elle. Pour lui raconter qui est sa petite-fille.
    Pour qu’elle sache que je l’ai toujours aimée. Depuis toujours. Même avant Lucie. Même si je ne le savais pas.

    Et puis pour lui dire aussi que toutes les incertitudes du temps qui passe n’ont jamais d’importance pour les gens qui s’aiment. Et que seul compte le temps qu’il nous reste encore à vivre. Et les rires à partager. Et la douce tendresse qu’on dessine à l’encre indélébile de nos complices silences.

  4. Locronan 73

    C’est la couleur de la couverture qui l’attire, ce vert, cette couleur d’eau, cette moire d’écume. Elle le prend en main, le titre lui saute en plein visage : “ Locronan 73”. Elle en reste un instant interloquée. Dans sa poitrine, le cœur bat la chamade. Est-il possible que d‘autres en dehors d’eux seuls aient pu vivre ce qu‘ils ont vécu, comprennent ce que signifie ce mot et ce chiffre ? Déception : en quatrième de couverture, le nom de l’auteur reste un mystère : Jacques Delay.
    – C’est son premier ouvrage, madame, dit la vendeuse. Il vient juste de sortir. C’est très prometteur. On parle déjà de lui pour le … “
    Suit le nom d’un grand prix littéraire mais Justine n’écoute pas.
    Jacques Delay. Il aurait prit un pseudo ? Il se cacherait quelque part, peut-être amnésique ? On a vu cela tant de fois. Mais alors, l’accident, la noyade, la disparition ?
    Elle paie, fébrile, soudain pressée de se retrouver seule, portes closes dans son appartement. Il lui faut d’urgence ouvrir ces pages, se plonger dans les mots, et savoir.
    Savoir si elle l’a oui ou non retrouvé.

  5. Cassye! Je t’ai reconnue! A tes cheveux de boucles brunes, à ton visage allongé, à ton air discret, pensif, méditatif. Mais je ne m’attendais pas à te rencontrer ici. Je vais feuilleter aussi quelques livres, comme toi, des poètes, des études, Marguerite Duras. Qu’importe? Je ne sais pas ce qui t’attire, dans cette librairie. Quel volume tiens-tu, entre tes mains? Un livre d’anatomie? « Sur la route » ? Des journaux? En tout cas, tu aimes lire et j’aime savoir que tu aimes lire. Je pense que nous, nous entendrons bien… Chère Cassye !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *