Ne cesse pas, voix dansante, parole
De toutes murmurée, âme des mots
Qui et colore et dissipe les choses
Les soirs d’été où il n’est plus de nuit.
Voix qui porte de l’être dans l’apparence
Qui les mêle comme flocons de même neige,
Voix qui presque s’est tue, lorsque le rêve
Demanda trop et crut presque obtenir.
Et qui jouera à clore nos paupières
En se pressant riante contre nous,
Puis nous verrons ces signes sur le sable
Qu’égratigna en dansant son pied nu.
Yves Bonnefoy, Les planches courbes
*choix de la lectrice de Béla Czene

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