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Marie

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C’est à Denise D.C. que je dois ces heures passées en compagnie de Marie Uguay. Parce qu’un jour de 1979 alors que je lui avais apporté quelques poèmes publiés quand j’avais quinze ans et d’autres plus récents, elle m’avait parlé de celle qui avait aussi été son élève. De celle dont elle conservait un souvenir d’une telle beauté que ses yeux se mouillaient en parlant d’elle. Avec fierté. Parce que je crois qu’elle l’avait un peu encouragée même si elle n’en a rien dit.

C’était l’automne. L’automne de 1979. Marie était toujours vivante. Elle venait de publier et je marchais dans les corridors où elle avait marché. Quelques feuilles volantes dans mes cahiers de chimie et de physique laissaient prévoir que je préfererais la poésie aux formules et aux équations savantes. J’étais séduite par Marie.

Deux ans plus tard, la mort a fauché celle qui m’inspirait, au même titre qu’Anne Hébert. Et une dizaine d’années plus tard, je la faisais découvrir à mes étudiantes dans un atelier d’orthographe.

Et toujours, elle me suivait. J’avais beau découvrir des poètes, je revenais toujours à elle.

Plus tard, j’ai eu sa mère comme cliente à la libraire. On n’a pas les mots de circonstance quand il le faut. Je crois que j’ai quand même été en mesure de lui dire à quel point sa fille avait été et sera toujours importante pour moi. Je crois. Je ne suis pas certaine. Ma vue était brouillée par l’émotion.

Récemment, par hasard, un ami a découvert Marie. Coup de foudre.

Et je me suis replongée dans ses livres. Des livres qui n’existent plus mais qui ont été rassemblés dans ce livre. Un livre que je lui offrirai.

Et si jamais quelqu’un sur le sol européen le cherchait, je sais qu’on peut le trouver .

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