Né au Brésil qu’il a quitté à 17 ans pour le Portugal, Fernando Girão a roulé sa bosse depuis, accompagnant des grands comme Miles Davis, Herbie Hancock et Chick Corea, de l’Angleterre au Maroc, en passant par la France, l’Angola et les États-Unis. Avec Fado Negro, paru en 2009, il livre un vibrant hommage au fado de ses origines. Entre autres à un guitariste qui a participé au premier album d’Amália Rodrigues, Fernando de Freitas, son père, dans une chanson qui lui est dédiée et qui s’appelle tout simplement Fado Fernando de Freitas.

Une réponse
Je ferme les yeux
Je vois le magnifique ciel bleu en Algarve
je savoure avec émotion, ces doux arpèges de fado, l’âme portugaise
je suis au Portugal…
« A Lisbonne, les nuits de Fado sont un enlacement serré de fados de forme triste et de fados de forme joyeuse, avec, toujours, cette ambivalence, la goutte de joie dans la tristesse, la goutte de tristesse dans la joie, le point de tristesse dans la goutte de joie de la tristesse, le point de joie dans la goutte de tristesse de la joie. La tristesse domine l’apparence. La joie souligne, soutient, travaille la matière de la tristesse, libère enfin. »
« Quand le dernier fado s’est perdu dans le silence, dans l’émotion, dans l’océan de la Saudade, le Fado demeure. Le rituel est clôt, l’oeuvre perdure. Le fadiste, celui qui chante, celui qui joue, celui qui écoute, repart dans la nuit, à la fois identique à lui-même et tout autre, plus que lui-même, plus grand, plus haut, plus vrai, plus libre
Extraits du livre Fado Mystérique de la Saudade de Rémi Boyer