Que lisent-ils ainsi serrés l’un contre l’autre? Quelque chose qu’il a écrit? À moins que ce ne soit elle qui l’ait fait? Ou bien est-ce un livre qu’ils ont acheté ensemble au hasard de leurs promenades quotidiennes?
Les lecteurs de Robert Andes vous livreront-ils leur secret? Aurez-vous envie de le partager avec nous en vos mots? C’est que je vous propose, une fois de plus en ce dimanche, avant-veille de l’anniversaire de cette catégorie qui est la vôtre.
La toile est vôtre jusqu’à dimanche prochain. À vous de la faire vivre.

4 réponses
L’AUTRE
J’ai voulu qu’il soit moi, le miroir de moi-même,
Mon seul alter ego, ma sonate à quatre mains.
Je l’ai rêvé complice des lectures que j’aime.
Mais l’autre, comme il est autre, a quitté mon jardin.
C’était un paradis plein de café au lait,
De gâteaux et de thé, de chocolat bien chaud,
De romans, de poèmes, de lettres et de sonnets,
De musiques langoureuses et de tendres fados.
Je m’en vais, écrit-il, de ce nid si douillet.
Je pars à l’aventure pour trouver qui je suis.
Ne m’en veuille pas trop, ne pleure pas s’il-te-plaît,
Je penserai à toi la femme de ma vie.
Et je relis sans cesse cette lettre d’adieu
Cherchant le petit mot, promesse de retour.
Quand je dresse la table c’est toujours pour nous deux.
Quand je défais mes draps je le sens tout autour.
Flairjoy
Quelques mots un peu épars
Parfumés de souvenirs doux
Comme les larmes d’une guitare
Dans un silence rouge et ému
L’amour s’habille d’éphémère
Dans des promesses d’éternité
Remplies de rêves et de mystère
Et des souvenirs d’un long baiser
Même les nuits sont infidèles
À la mer qui les courtise
Aux fins de jour en arc-en-ciel
Des ombres perdues dans Venise
Le souvenir de ses doigts
Et puis l’envie de dire encore
Quelques baisers et puis voilà
Qu’un frisson parcoure son corps
Et si l’amour est à ce prix
Le cœur tremble, rien ne bouge
Dans ces quelques mots qu’elle lit
Parfumés d’un silence en tons de rouge
Je suis en train de lire une grande lettre où il m’annonce sa décision. J’ai entendu Lali murmurer en même temps qu’elle tapait sur son clavier :
« Que lisent-ils ainsi serrés l’un contre l’autre ? Quelque chose qu’il a écrit ? »
Mais nous ne sommes pas « serrés l’un contre l’autre », il n’est pas là ! Puisque c’est lui qui m’écrit pour m’annoncer…
« À moins que ce ne soit elle qui l’ait fait ? »
Mais qu’est-ce qu’elle invente ?
« Ou bien est-ce un livre qu’ils ont acheté ensemble au hasard de leurs promenades quotidiennes ? »
Mais non ! J’ai l’enveloppe dans la main droite ! D’ailleurs, de quoi te mêles-tu ? En plus, tu le racontes à toute la planète, et chacun y va de son commentaire ! Est-ce que je m’occupe de vos histoires, moi ? Tu vois bien que celle qui est assise en bas à gauche, dont on ne voit que la tête et le chignon (tu aimes les chignons ?) n’est pas celui que j’aime (qui a le crâne plutôt rasé !) mais ma logeuse chez qui j’habite depuis peu. Alors s’il te plaît sois discrète, sinon elle risque de me congédier : « Ah ! Les jeunes maintenant etc.. » tu connais la chanson, qui n’est pas celle de Resnais, crois-moi !
Et puis quoi encore ! Je n’ai pas du tout envie de vous livrer mon secret, même s’il me remplit de joie. Vous n’avez pas remarqué que je vous tournais le dos ? De quel anniversaire parlez-vous ? Justement, c’est le mien après-demain, c’est pour cela qu’il vient de me faire part de… Ah, non ! Mais que dit-elle ?
« La toile est vôtre jusqu’à dimanche prochain. »
La toile ! Peut-être ! Mais pas moi ! Curieux que vous êtes !
Quelle journée merveilleuse Janet a passé. Elle a flâné en ville, visité un musée ensuite se fut le tour de la bibliothèque et pour couronner le tout, elle s’est offert un succulent chocolat chaud dans le meilleur tea-room de la ville.
Elle avaient besoin d’une pose.
Ensuite, elle a fait du lèche-vitrine car Janet est coquette et elle a repéré une jolie robe en vitrine. Elle hésite mais elle se dit que la semaine prochaine, elle consacrera son samedi pour le rayon mode.
A son retour à la maison, une très belle surprise l’attendait dans la boîte à lettres où elle reconnaît l’écriture.
Elle monte les quatre étages quatre à quatre, ouvre sa porte dont la serrure coince et ouf, elle se dirige vers le guéridon pour ouvrir l’enveloppe et dans l’enveloppe, une autre enveloppe emballée dans un papier cadeau. Son cœur bat la chamade.
C’est bien lui, sa moitié. Il lui écrit des mots d’amour, des poèmes et lui promet d’être auprès d’elle la semaine prochaine pour fêter leur deux ans de connaissance.
La lettre accompagnait un cadeau. Une magnifique surprise. C’est la lithographie dont elle a eu le coup de cœur lorsque tous les deux regardaient une vitrine. Il n’avait pas oublié. Son cœur battait très fort et ses yeux humides regardaient cette splendeur.
Par hasard, elle retourna la lithographie et il avait écrit en bas à droite « avec tout mon amour ».
Un peu remise de ses émotions, elle regarde le meilleur endroit pour la suspendre.
Demain, elle ira chez le meilleur encadreur de la ville pour choisir les baguettes du cadre qui mettront en valeur sa lithographie et lui demandera de faire une petite encoche au dos afin de pouvoir lire son mot d’amour. Il lui faut ce qu’il y a de plus beau.
Elle attend avec impatience son retour pour lui dire…mon chéri, ne remarques-tu rien dans la pièce ?