Si vous êtes de ceux et celles qui de lèchent les babines devant n’importe quel étalage de livres, qui fréquentent les brocantes autant que les librairies et les bibliothèques, qui doivent absolument s’arrêter devant la moindre vitrine de livres et qui jettent toujours un œil sur les titres que lisent les gens dans le métro et sur ceux des bibliothèques de leurs amis, vous aurez sûrement une histoire à raconter à propos de la toile de Ciro D’Alessio.
La voici donc à vous pour sept jours. Le temps de la décortiquer à votre aise, de révéler ses secrets ou les vôtres, et de nous livrer le tout en vos mots.
Suite dans sept jours, alors que seront validés vos textes.

3 réponses
Depuis un certain temps que je surveillais du coin de l’œil Monsieur Simon. Pour tout vous dire, tout a commencé un soir, lorsque que je suis allé diner chez des amis, et où j’ai appris que Marc, huit ans, avait reçu en cadeau de Monsieur Simon un vieil exemplaire du Petit prince. Quoi de plus banal pour un instituteur dévoué envers ses élèves. Seulement, lorsque j’ai lu la dédicace qui commençait par : « Je l’ai lu pour la première fois quand j’avais ton âge et ce livre a changé ma vie », je me suis dit que quelque chose ne tournait pas rond.
Arrivé à la maison, je suis aussitôt monté au grenier et, parmi toute une centaine de vieilles choses oubliées j’ai enfin trouvé La case de l’oncle Tom. Je me suis précipité pour lire la dédicace et je me suis trouvé à murmurer dans le silence « Je l’ai lu pour la première fois quand j’avais ton âge et ce livre a changé ma vie »…
Sacré Monsieur Simon. Comme j’avais été insouciant toutes ces années puisque jamais je ne m’étais aperçu que Monsieur Simon était en effet un sacré menteur. J’aurais pourtant dû penser que lorsqu’il avait huit ans il fuyait la guerre avec sa famille et que l’argent n’étant pas suffisant pour manger, personne ne pensait à acheter des livres.
C’est ainsi que j’ai pris l’habitude de le suivre les dimanches de braderie. Je le voyais parcourir les étals et s’arrêter sur les vieux livres destinés aux enfants. Je le voyais les dévorer avec émotion avant de les acheter et, d’une écriture tremblante écrire sa dédicace « Je l’ai lu pour la première fois quand j’avais ton âge et ce livre a changé ma vie », sûrement en pensant déjà au prochain enfant à qui il voudrait donner le goût de lire.
« La tendresse
On peut vivre sans richesse
Presque sans le sou
Des seigneurs et des princesses
Y’en a plus beaucoup
Mais vivre sans tendresse
On ne le pourrait pas
Non, non, non, non
On ne le pourrait pas
On peut vivre sans la gloire
Qui ne prouve rien
Etre inconnu dans l’histoire
Et s’en trouver bien
Mais vivre sans tendresse
Il n’en est pas question
Non, non, non, non
Il n’en est pas question
Quelle douce faiblesse
Quel joli sentiment
Ce besoin de tendresse
Qui nous vient en naissant
Vraiment, vraiment, vraiment
Le travail est nécessaire
Mais s’il faut rester
Des semaines sans rien faire
Eh bien… on s’y fait
Mais vivre sans tendresse
Le temps vous paraît long
Long, long, long, long
Le temps vous parait long
Dans le feu de la jeunesse
Naissent les plaisirs
Et l’amour fait des prouesses
Pour nous éblouir
Oui mais sans la tendresse
L’amour ne serait rien
Non, non, non, non
L’amour ne serait rien
Quand la vie impitoyable
Vous tombe dessus
On n’est plus qu’un pauvre diable
Broyé et déçu
Alors sans la tendresse
D’un cœur qui nous soutient
Non, non, non, non
On n’irait pas plus loin
Un enfant vous embrasse
Parce qu’on le rend heureux
Tous nos chagrins s’effacent
On a les larmes aux yeux
Mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu…
Dans votre immense sagesse
Immense ferveur
Faites donc pleuvoir sans cesse
Au fond de nos cœurs
Des torrents de tendresse
Pour que règne l’amour
Règne l’amour
Jusqu’à la fin des jours »
Chanson interprétée par Bourvil. Paroles de Noël Roux
EN BOUQUINANT
Les livres égalitaires
Contiennent tout pour plaire.
Des larmes, Des pleurs,
De gros malheurs :
Banaux. Extraordinaires.
Les jeunes, les vieux,
Les entre-les-deux,
Tous y trouvent leur joie,
Des faucons guettant la proie.
Aux quais, ils sont heureux.