Il y a sur mes rayons quelques numéros de revues littéraires – certaines consacrées uniquement à la poésie, alors que d’autres le sont partiellement – suffisamment nombreux pour que je puisse en laisser quelques-unes sur la table, afin que les lectrices du soir puissent faire quelques découvertes qu’elles pourront par la suite nous offrir.
C’est ainsi que la lectrice peinte par Corinne Dubreuil a ouvert le numéro 7 de la revue Urgences, laquelle a été fondée en 1981 à Rimouski et a changé son nom en 1992 pour Tangence, nom qu’elle porte toujours, et qu’elle a choisi ce texte pour vous :
te voilà enfin
évadé provisoire
d’un automne si prompt
que ma vigilance contournée
a perdu ses assises
mais oui je résiste
témoin assidue
du convoi exubérant
où je n’ai nulle part
comment le retenir
je perds pied dans ces ténèbres
où tu me presses
il doit être possible
de régénérer l’ultime présence
de ton sommeil étrange
j’écarte toute rupture
et la peur abhorrée
dors
les mots et les gestes assouplis
font déchanter les visiteurs importuns
qui balisent ton repos
(Nicole Desrosiers)

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