Elle est de dos et il la regarde lire avec avidité. Il contemple la lectrice de Carl Pontes et il voudrait qu’elle pose son livre pour lui dire à haute voix les vers d’Eugénio de Andrade qui lui brûlent les lèvres :
J’inventerai le jour où avec toi
Et à l’automne j’irai courir par les rues.
La lumière que nous foulons est si parfaite
Qu’elle ne peut mourir, comme ne meurt
L’éclat du regard qui t’a vu te dévêtir.

2 réponses
Merci pour Eugénio de Andrade, un poète que j’admire beacoup, parmi tant d’autres d’ailleurs, parce que la poésie portugaise est immensément riche et demande à être connue.
Les texte publié m’a rappelé un autre (livre : Le poids de l’ombre), que je permets de déposer délicatement ici :
C’était septembre
ou bien tout autre mois
propice à de petites cruautés :
Que veux-tu encore ?
Le souffle des dunes sur la bouche ?
La lumière presque nue ?
Faire du corps entier
un lieu en marge de l’hiver ?
Elle semble bercer son livre comme on berce un enfant. Elle ne le lit pas, elle veille sur lui et le contemple.Ce tableau pourrait s’intituler « Maternité » ou « Naissance d’une oeuvre ».