Il a suffi d’un seul poème à la lectrice peinte par Dmitry A. Karpukhin pour être séduite par l’écriture d’Antonio Ramos Rosa. Un seul poème tiré du Livre de l’ignorance. Celui-ci :
Nous écrivons et nous ne savons pas si la figure
aux narines irisées peut d’un seul geste
concevoir les vestiges qui la délivrent
de toute autre vérité que le vent
et qui de la salive ourdissent l’éclair
ou le silence des versants obscurs
Sans savoir nous apprenons lentement à connaître
un autre espace au dessin translucide
où s’ébauchent de légers capillaires
dans la vision gracieuse au visage de reine
Écrire serait alors comme si sur la colline
le soleil s’illuminait en ouvrant
des sillons verts dans la maison
où la mer se rend à la paix des fenêtres

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