À qui écrit ainsi la lectrice peinte par Pierre Bonnard? À vous de nous le raconter en vos mots, comme certains d’entre vous le font tous les dimanches ou occasionnellement. À moins que vous ne préfériez imaginer la lettre qu’elle est en train d’écrire et nous la proposer?
Tout est permis au pays de Lali. Tout comme déposer une citation ou les paroles d’une chanson si c’est ce que la toile vous raconte. Il n’y a de règles que celle de se laisser porter par la toile. Sur-le-champ ou sans se presser, puisque les commentaires seront emmagasinés pendant une semaine pour n’être validés que dans sept jours au moment où une autre toile s’offrira à votre imagination.
Bon dimanche et bonne semaine à tous!

3 réponses
En vos mots 111… on dirait à l’armée!… tous en rang.
Je te désire des jours heureux
Disait-elle dans sa lettre
On était si bien nous deux
Et on le sera encore peut-être
Dans le coffret des souvenirs
Nos baisers et nos tendresses
Et puis quelques fous rires
Et des lendemains sans promesses
Comme une fleur rare et fragile
Nous nous sommes aimés pour toujours
Une lumière dans le noir de la ville
Une bougie éclairée par l’amour
Rien ne sert de te retenir
Je t’aime trop et je fais le vœu
Que quelque part dans l’avenir
On se rendra encore heureux
C’est une journée de mois de mai magnifique, l’air y est doux, les fleurs se pavanent au soleil et embaument la maison. Dans la cuisine, une délicieuse odeur de gâteau parfume le salon. Mais toute cette ambiance chaleureuse autour de Laurence ne lui rend pas son sourire.
Ses proches la voyaient toujours avec son beau sourire, son entrain communicatif. Tout cela n’existe plus depuis quelque temps.
Elle si gaie d’habitude, elle qui chantait tous les jours dans sa belle maison, elle qui allait admirer et s’occuper de ses fleurs, elle qui remontait le moral de sa meilleure amie, tout cela n’existe plus. Son cœur est rempli de nostalgie et ses yeux sont bien trop souvent humides et tristes. Plus personne ne la reconnaît et tout son entourage se posent mille questions.
Sa meilleure amie a tenté de lui parler mais elle s’est trouvée face à un mur. Laurence ne voulait rien raconter. En tout cas pas pour le moment.
Son seul souhait était de rester seule chez elle et laisser pleurer son cœur. Laurence aussi se posait beaucoup de questions concernant Philippe. Pourquoi du jour au lendemain n’a-t-il plus donné de nouvelles, plus signe de vie, plus trace de lui ? C’est le vide, le néant.
Elle lui a déjà écrit une lettre mais pas de réponse.
Aujourd’hui, elle s’apprête à lui écrire une deuxième lettre mais ce sera la dernière. S’il ne me répond pas, je sais que j’aurais perdu l’amour de ma vie et dans mon cœur, il y aura toujours un énorme point d’interrogation. Pourquoi ! Pourquoi ! Si seulement je savais pourquoi !
Laurence est fatiguée, tellement fatiguée qu’elle n’arrive même plus à penser.
Par ce beau jour de mai, Laurence ne sort pas. Ses fleurs favorites attendront. Elle s’installe devant son écritoire et n’ayant plus les idées très claires et lui ayant presque tout dit dans sa première lettre, Laurence écrit simplement les paroles d’une chanson de Lara Fabian « La lettre »
Ecris-moi une lettre de rupture
En m’expliquant toutes les raisons
Qui t’ont fait t’évanouir dans la nature
Qui m’font mélanger toutes les saisons
Choisis bien tes mots, choisis les justes
Comme un artisan prend
Son temps quand il ajuste
Ecris-moi une lettre de rupture
Envois-moi seulement le brouillon
Promis j’vais rien chercher dans tes ratures
Ecris-moi une lettre au crayon
Ecris-moi comme on écrit la musique
Sacrifies-moi aux dieux
Des amours amnésiques
Même si partir quand l’autre reste
Ca fait du mal aux sentiments
Ca peut quand même faire un beau geste
Sauf si bien sûr l’un des deux ment
Ecris-moi une lettre de rupture
Comme on s’laissait des mots à la maison
Je noterai pas les fautes d’écriture
J’verrai pas les fautes de liaison
Et j’irai bien la chercher moi-même
Si j’n’étais pas si sûre
Pas si sûre que je t’aime
Même si partir quand l’autre reste
Ca fait du mal aux sentiments
Ca peut quand même faire un beau geste
Sauf si bien sûr l’un des deux ment
Pour nous toujours, pour nous peut-être
Comme laisser mes illusions
Quand tu me l’écrieras cette lettre
Ne signes pas ou d’un faux nom
Même si partir quand l’autre reste
Ça fait du mal aux sentiments
Ça peut quand même faire un beau geste
Sauf si bien sûr l’un des deux ment
Ecris-moi une lettre de rupture
En m’expliquant toutes les raisons
Qui t’ont fait t’évanouir
Laurence ferme l’enveloppe tout en laissant couler ses larmes.
Je posterai la lettre demain mais maintenant j’ai besoin de repos se dit-elle. En voulant se lever pour aller se reposer au salon, et ne plus penser à rien, Laurence croit voir une silhouette à contre-jour sur la porte-fenêtre donnant sur le jardin. Ce sont mes yeux rougis qui me donnent ces illusions, non, ce n’est pas possible, je rêve !
Laurence sursauta et son cœur battait la chamade au son de cette voix tant aimée.
Ma chérie, c’est bien moi, je suis là.
Encore toute ébranlée, Laurence reste figée, ne trouve plus ses mots et ne sais pas comment elle se retrouve dans les bras de son amour.
Viens ma chérie, j’ai tant à te raconter…