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Les mots d’Alain 17

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J’aime les regarder lire soir après soir ces livres que je sors de mes rayons la plupart du temps, même s’il m’arrive de glaner ailleurs. J’aime les regarder s’imprégner des mots qu’elles lisent, comme ça a été le cas pour la lectrice peinte par Margaret Dyer qui s’est arrêtée ici dans sa lecture de Transparole d’Alain St-Yves :

On ne peut oublier on ne peut oublier
On reste désemparé un long moment le cœur hagard
puis on repart avec la tête lourde de pierres tombales
avec des traits tirés fleuves taris plus encore
avec le sourire exactement comme une tristesse… parfois
On reste seul seul pour continuer les labours
dans la mince espérance
seul avec des pas qui s’obstinent à se souvenir
et à nous ramener sur des routes qu’on croyait perdues
seul à souquer l’amour désenvahi
seul avec nos désirs et nos rêves
comme des feuilles brisées par la froidure automnale
On ne peut oublier Nos gestes perdent de leurs feux orgueilleux

Il y a quelqu’un qui marche
Il est le seul passant
Il pleut
La nuit froide se cherche un peu de chaleur

Quelqu’un marche
avec la nuit dans ses poches
Son amour est un caillou
qui roule sous nos pieds

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