Je ne sais rien d’elle, sinon que nous avons lu le même livre, son relevé d’abonnée étant resté entre les deux dernières pages du livre. Je ne sais rien d’elle, juste qu’elle s’appelle Betty Siracusa. Et qu’avec un nom pareil on pourrait écrire un roman dont elle serait l’héroïne. Un roman qui se déroulerait au début du siècle. Un roman dont l’action se situerait pour l’essentiel dans un café.
…
Betty serait rousse, elle ne serait pas de son temps, mais en avance sur lui. Les hommes la convoiteraient, d’autres lui feraient la cour et elle rejetterait les uns comme les autres. Les femmes la jalouseraient, elle comme sa liberté.
Seuls les artistes et les écrivains seraient autorisés dans son petit monde. Ceux qui venaient là dans ce café les soirs de pluie ou d’oubli. Ceux avec qui elle refaisait le monde, acceptant de poser pour l’un le temps de quelques dessins tandis qu’un autre lui dédierait quelques vers.
Betty Siracusa serait la reine du café. Tous voudraient s’asseoir à sa table et avoir son avis. Tous. Soir après soir. Nuit après nuit.
Et quand le jour chasserait les ténèbres, elle rentrerait seule, la tête pleine d’images. Un jour, elle écrirait ses mémoires. Ou jamais.
*toile de Ferdinand Gustaaf Willem Oldewelt

2 réponses
Le début d’un grand roman à partir d’un nom sur un relevé de bibliothèque, c’est fabuleux! Quelle bonne idée à poursuivre!
Je trouve l’idée formidable !